Le ménage, c’est comme le reste : il prend toute la place qu’on lui donne. Si tu as 20 minutes pour nettoyer ta maison, cela prendra 20 minutes. Si tu as 3 heures devant toi, cela prendra 3 heures.
Bien sûr, en 20 minutes, le ménage ne sera pas fait de manière aussi approfondie. Mais se lancer dans une tâche sans se fixer une limite de temps, c’est s’exposer à y passer des heures… au risque de ne pas avoir terminé quand le soleil sera couché.
Nos tâches fonctionnent comme un gaz : elles occupent tout l’espace qu’on leur accorde. D’après la loi de Parkinson, « le travail se développe de manière à remplir le temps disponible pour sa réalisation. » (C.N. Parkinson, 1955).
C’est particulièrement vrai pour les tâches liées aux enfants et au foyer. Souvent peu satisfaisantes et peu valorisées, elles sont surtout sans fin.
On hésite alors entre deux extrêmes :
ne jamais s’y mettre (au risque d’avoir un chez-soi structurellement en bazar), ou alors s’y perdre complètement (au risque de passer sa vie à chasser la poussière).
Pour ne pas se perdre dans les tâches domestiques, je me suis aperçue qu’on peut tout à fait appliquer les principes de la priorisation au travail.
Car oui, s’occuper de son foyer est un travail !
Invisibilisé, non rémunéré, mais un travail quand même. Selon les chiffres de l’INSEE (2010), les mères y consacrent entre 28 et 41 heures par semaine.
Alors, comment ne plus se perdre dans le rangement, la lessive, le ménage… sans non plus laisser tomber ces tâches ? En exclusivité, voici, adaptée à la vie du foyer, la méthode Travailler moins, vivre mieux !
L’idée essentielle de ce livre, que j’ai coécrit avec mon frère, c’est qu’il faut commencer par mesurer et limiter son temps de travail, et ensuite seulement progresser en efficacité – sans quoi on ne travaille jamais moins, mais toujours plus.
1. Mesurer son temps consacré au foyer
Une machine lancée, des courses, un rendez-vous chez le médecin : tout compte. Mesurer est le premier pas du changement : il permet de prendre conscience du temps que nous consacrons aux choses, et de valoriser ces tâches.
(N.B : les heures nocturnes comptent double 😉)
Pendant deux semaines, note ce temps passé. Concrètement, prends un chronomètre et lance-le chaque fois que tu entames une action. Tu seras surprise du résultat ! Et tu ne diras plus que tu n’as rien fait.
2. Limiter son temps consacré au foyer
La deuxième clé, c’est de limiter le temps consacré à ces tâches. Cette limite est personnelle : elle dépend de tes exigences, des besoins de ta famille, et de tes envies de loisirs.
Pour rappel, le travail prend toute la place qu’on lui accorde : si tu ne poses pas de cadre temporel, il pourra s’étirer indéfiniment.
L’idée n’est donc pas de ne rien faire, mais de reprendre le contrôle en passant sur ces tâches seulement le temps qu’on a décidé d’y passer.
Pour ma part, mon temps de ménage est limité à 20 minutes par jour. C’est peu, mais réaliste. Et cela me permet d’être hyper productive pendant ce laps de temps !
3. Prioriser
En matière de priorisation, la matrice d’Eisenhower est un outil très pratique, dont voici les bases.
a. Commencer par ce qui est important ET urgent.
C’est fameux « gros morceau » : la tâche que l’on a le moins envie de faire, mais dont on sait qu’une fois qu’on en sera débarrassé, tout paraîtra plus léger.
Comme disait le moraliste Nicolas de Chamfort : « Avalez un crapaud le matin, et vous ne rencontrerez rien de plus dégoûtant le reste de la journée » (Maximes et pensées, 1795).
b. Faire avancer chaque semaine des tâches importantes et non urgentes.
Celles qui comptent pour moi, mais que je repousse à quand j’aurai le temps… c’est-à-dire jamais. Renouveler l’inscription à l’école, descendre les affaires d’hiver à la cave, refaire mon CV, me remettre enfin au sport, écrire mon livre…
c. Supprimer les tâches ni importantes ni urgentes.
(Sauf bien sûr si elles nous font du bien.) Fini pour moi le repassage !
4. Communiquer
Mesurer son temps de travail pour le foyer, c’est aussi se donner la possibilité d’en parler avec ceux qui partagent notre toit.
Au début de notre vie de couple, j’assumais la plupart des tâches domestiques. Lorsque j’ai pris conscience du temps que j’y consacrais, j’en ai parlé à mon conjoint, chiffres à l’appui. Résultat ? C’est lui qui s’occupe désormais du linge. Tout le linge !
Parfois, un simple rééquilibrage peut changer le quotidien.
Voilà un défi à relever dès cette semaine : une fois que tu auras mesuré ton temps de travail pour le foyer, montre ces chiffres à ton conjoint ou à tes enfants, s’ils sont grands. Pas sur un ton accusateur, simplement pour constater et ouvrir une discussion constructive.
5. Retrouver du temps libre
Cela implique de réapprendre à développer de véritables loisirs ressourçants. Si je n’ai que scroll sur Instagram et séries Netflix… autant éplucher des carottes !
Lecture, cuisine, musique, écriture, sport, moments entre amis… À toi de concocter ta « toute douce liste », comme dit Fleur-Lise, qui te permet de te reconnecter à toi-même et aux autres.
Chère Fabuleuse, si tu avais du temps, que ferais-tu ?
Choisis une chose. Une seule. Et commence dès cette semaine !





