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Vie pro et vie familiale : comment les concilier ?

Valérie de Minvielle 8 février 2022
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Qu’elles soient salariées dans une entreprise ou entrepreneures, beaucoup d’entre vous se sentent coincées avec l’impression de devoir choisir l’une au détriment de l’autre : « Soit je donne beaucoup à ma famille et mon boulot en pâtit, soit c’est l’inverse. Dans les deux cas, je culpabilise et m’énerve : comment faire ? » 

La question de la conciliation vie professionnelle-vie personnelle n’a pas de réponse toute faite.

Pour certaines, devenir “mompreneure” est une réponse à ce dilemme, car il leur permet de travailler tout en étant dans leur foyer. D’autres préféreront la délégation des tâches domestiques et de garde des enfants pour pouvoir travailler, d’autres encore feront le choix d’alterner les périodes “mère au foyer” et des périodes d’engagement professionnel.

Cette question a pris une ampleur nouvelle avec la pandémie.

Le télétravail, souvent imposé pour réduire les risques d’expansion du virus, est autant apprécié pour la simplification logistique qu’il peut apporter, que craint par celles qui ont besoin de liens avec leur équipe par exemple. Mais pour la majorité des femmes que j’accompagne, c’est une donnée qui rime avec confusion des espaces, où elles doivent vivre et travailler avec enfants et parfois conjoint dans la même pièce, et collusion des temps : se lever à 6h pour travailler avant de faire l’école aux enfants à 9h, retourner à son ordinateur dès qu’on a une minute, travailler le soir et se priver de moments à deux transforme trop de vies en tourbillons confus et stressants. 

Pour ces femmes, l’impression, criante depuis deux ans, de perdre la main sur leur emploi du temps constitue une source de stress qu’il me semble important de ne pas laisser s’installer. 

Je propose trois grandes pistes pour répondre à vos questions concernant la conciliation de vos vies professionnelles et familiales. 

  • Considérer que c’est une question à ajuster en permanence. Elle vit avec vous, et bouge en fonction d’une nouvelle naissance dans la famille, d’un déménagement, d’un changement de travail ou de nounou, d’une période de confinement.

Pourquoi pas repenser entièrement l’organisation qui vous permet de concilier toutes les facettes de votre vie chaque année ? 

  • Considérer que l’une est entremêlée avec l’autre et que vos vies professionnelles et familiales s’enrichissent l’une de l’autre : des compétences acquises en élevant une famille peuvent s’avérer précieuses dans une vie professionnelle. Inversement, il est possible de trouver dans une formation en management d’équipe des outils utilisables par le parent que vous êtes. Ce que vous vivez au travail vous apporte-t-il un certain recul sur ce qui se passe à la maison ? Inversement, ce que vous découvrez de la vie de famille vous donne-t-il une nouvelle vision de votre travail, de votre vie à plus grande échelle ? 

Que serait votre semaine si travail et famille faisaient moins obstacle l’un à l’autre, autrement dit si vous regardiez l’une comme nourrissant l’autre ? 

  • Considérer que vous avez en main le pouvoir de vous réapproprier vos choix. Je vous entends me dire : « Le problème, c’est que ce n’est pas moi qui décide des horaires de l’école, ni de mon boulot ». En effet. Ce que je vous propose, c’est de redécouvrir tous les moments où vous avez le choix. 

Qui décide de l’usage que vous faites de votre temps ?

Dans quelle mesure pouvez-vous reprendre la main sur l’agenda de la semaine ? Qu’est-ce qui vous semble important à caser dans votre agenda là maintenant ?

En se posant ces questions, Marine a réalisé que ce qu’elle souhaitait le plus, c’était de passer du temps seule avec son conjoint, cadeau qu’ils ne s’étaient pas offerts depuis 3 ans, engloutis dans un rythme trépidant entre boulots et enfants en bas âge. La relation de couple s’en ressent, et Marine me dit que leur couple souffre. Pourquoi ce week-end, souhaité par eux deux, n’a jamais été mis en place ? Elle me répond que le planning de boulot est très chargé et que partir une semaine est inenvisageable. En parlant avec moi, elle réalise qu’elle pourrait réduire ses ambitions et prendre deux jours qui, collés à un week-end, en feraient quatre. Les grand-parents ont offert de s’occuper de leurs enfants. Je demande à Marine ce qui manque pour avancer sur ce projet.

Elle me répond : « La date ! ». Je l’encourage à choisir trois dates à proposer à son mari et aux grand-parents. Elle se désole de ne pas pouvoir trouver ces dates dans un avenir proche. Mais, loin de prendre ce motif comme raison d’abandonner, je la pousse à décider : décider de trois dates au choix, même dans trois mois, puis envoyer un e-mail aux concernés pour valider une date, et prendre un billet de train pour une destination choisie avec son mari. Oui, cela demande à certaines des femmes que j’accompagne de la volonté, parfois aussi une certaine discipline, de décider de l’usage qu’elles font de leur temps. Et pourtant c’est ce qui leur permet de vivre ce qui compte vraiment à leurs yeux.

Le fil rouge qui traverse ces considérations me semble en effet être la question du « Pour quoi ».

Pour quoi je fais ce que je fais ?

Pour quel objectif ? Pour quel résultat ? Vers quoi je tends ? Qu’est-ce que je veux vivre et faire vivre aux autres ? C’est la question du sens.

Chercher à concilier votre vie familiale et votre vie professionnelle nécessite de remettre du sens dans une vie qui vous semble en manquer. L’épidémie de covid fait émerger une exigence de sens accrue, devenant une question aigüe, urgente pour beaucoup des femmes qui viennent à mon cabinet de psychologue.

La question du sens va vous emmener à la rencontre de vos valeurs profondes, de vos besoins fondamentaux, de vos talents. 

C’est en me posant ces questions que j’ai pû bâtir un mercredi profitable pour tous il y a quelques années. J’avais en effet décidé de garder le mercredi libre de travail, pour être avec mes enfants. Mais assez vite, j’ai réalisé que je passais ce jour-là à jongler entre conduite au sport de l’un, surveillance de l’autre, courses vites faites, lessives et compagnie. Puis je me suis demandé « Pour quoi je prends ce jour, qu’ai-je envie de vivre le mercredi » et la réponse a fusé : « J’ai envie de repos, et de voir mes enfants, de préférence un par un ». Ce qui me pesait le plus ? devoir m’occuper de plusieurs enfants en même temps, préparer le repas alors que j’avais envie de leur lire une histoire, me priver de sieste. 

J’ai donc pris la décision de limiter les activités extra-scolaires à un sport par enfant, dans le quartier de préférence pour que nous puissions y aller à pied, et pas aux mêmes horaires bien sûr. Oui, cela réduit le choix des activités.

C’est un choix que je nous ai imposé.

Puis j’ai remplacé la baby-sitter qui venait deux soirs par semaine par une cuisinière qui venait tous les mercredis, à la fois pour garder un œil sur les enfants restés à la maison, à la fois pour cuisiner plusieurs repas : celui du mercredi, et deux dîners d’avance. J’ai choisi de me passer de baby-sitter le soir pour embaucher cette cuisinière après avoir cherché ce qui m’apportait le plus de joie (parler avec mes enfants) et ce qui m’en procurait le moins (cuisiner).

À partir de ce jour, j’ai pu passer un grand moment avec chacun de mes enfants le mercredi en accompagnant chacun à son sport, me mettre les pieds sous la table pour le déjeuner, leur lire des histoires, et faire même un brin de sieste après. Cette organisation a duré quelques années dont je garde un excellent souvenir.

Aujourd’hui je n’ai plus d’aide le mercredi, mais je m’attache à revoir chaque année ma façon de bâtir cette journée, en me posant ces mêmes questions de fond. 

Ce que cette pandémie nous force à regarder de près, et c’est peut-être le cadeau derrière le fardeau, c’est ce dont chacune a besoin pour préserver sa santé mentale et vivre le cœur en avant. Nourrir vos besoins fondamentaux, vivre plus près de vos valeurs, vous octroyer de la ressource deviennent des préoccupations incontournables. De cette réflexion émergeront des solutions concrètes comme peut-être changer de job, devenir entrepreneur, réorganiser votre cadre de vie, revoir vos horaires, chercher un autre type d’aide. 

Chère Fabuleuse, qu’as-tu envie de vivre ?

Quel usage as-tu envie de faire de ton temps ?



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CHÈRE FABULEUSE
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Cet article a été écrit par :
Valérie de Minvielle

Psychologue clinicienne, Valérie de Minvielle fonde après 20 ans d'expérience professionnelle "Ma Juste Place", une méthode d’accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Elle est également l'auteur de "Trouver ma juste place - dans le quotidien de 7 femmes inspirantes" paru en janvier 2020.

https://www.majusteplace.com/

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