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Séverine, maman de jumeaux , perfectionniste repentie

Après la naissance de ses jumeaux il y a trois ans, Séverine est tombée dans le piège du perfectionnisme. A 33 ans, cette Suissesse qui vit au bord du lac Léman nous raconte comment elle en est sortie.

Comment es-tu tombée dans le piège du perfectionnisme ?

Nés prématurément, mes enfants sont restés un mois à l’hôpital. Un mois pendant lequel je ne pouvais pas être autonome avec eux – je devais les quitter chaque soir –, un mois pendant lequel il m’a été difficile de trouver ma place de parent.

En rentrant à la maison, j’ai eu envie de tout gérer et de tout faire à MA façon, pour compenser ce manque du premier mois. C’est vrai qu’en plus je suis perfectionniste de nature. Au bout de quelques mois, j’étais éreintée. J’ai contacté un centre périnatal – une sage-femme puis une psychothérapeute m’ont reçue – pour avoir une aide. Là, elles m’ont beaucoup aidée : je me suis rendu compte que de ne pas pouvoir tout gérer n’était pas un échec et que déléguer pouvait être salvateur.

Qu’est-ce qui t’a aidé à t’en sortir ?

Il y a deux choses qui m’ont vraiment aidée. D’abord le fait d’oser échanger avec d’autres mamans d’une façon authentique. Souvent, on répond “oui ça va !”, alors que l’on n’ose pas dire que c’est difficile. Dans cette démarche, les fabuleuses m’ont aidée. Ça m’a libérée, car les articles du site sont déculpabilisants : j’ai pu en parler avec d’autres mères. En faisant le premier pas, je recevais aussi l’authenticité des autres. C’est un partage – j’avais presque l’impression de casser un tabou.

Et puis, un des trucs qui m’a le plus aidée, c’est de comprendre et d’accepter que j’ai besoin de temps pour moi, pour pouvoir ensuite donner et être dans l’écoute et dans le dialogue.

Comment as-tu découvert les fabuleuses ?

En janvier 2017, je suis tombée par hasard sur une émission TV « Mille et une vie » où Hélène Bonhomme racontait son burn-out maternel. Ce récit m’a beaucoup touchée, et le soir même, j’allais découvrir le site des fabuleuses au foyer.

Cette découverte, qu’a-t-elle changé dans ta vie ?

J’accepte plus facilement l’aide de mon mari et de ma maman. Quand mes jumeaux ont eu 1 an, je me suis mise à accepter qu’ils aillent dormir ailleurs, notamment chez leurs grand-parents. La première fois ça a été difficile et puis je me suis rendue compte que ça se passait très bien pour eux comme pour moi. Dimanche dernier, je suis allé faire une matinée de yoga. Avant, j’aurais culpabilisé de les laisser, et maintenant je vois bien qu’ils sont aussi heureux de faire quelque chose seulement avec leur papa, et moi je suis détendue en rentrant.

Dès qu’il y a des périodes plus difficiles, je suis plus attentive à cette nécessité de temps pour moi. Je pense tout de suite : « Ai-je pris assez de temps pour moi ? ». C’est souvent ça qui pêche. J’essaie de garder la (bonne) habitude d’aller manger régulièrement avec des copines. Le yoga me fait beaucoup de bien : si je peux aller à un cours j’y vais – sinon je vais lire un livre ou aller marcher un moment toute seule. J’ai besoin de calme et de solitude aussi.

À quoi ressemble ta vie aujourd’hui ?

Je travaille à 60% du temps dans une agence de voyage – et deux jours par semaine je suis « en congé » avec les enfants. Je dis « congé » parce que pendant ces deux jours j’essaie de faire une activité avec les enfants, une sortie même si en fait c’est aussi sur ces deux jours que je réalise les corvées (lessives, ménage, etc..). Je souhaite que ces jours soient au maximum des moments de qualité partagés avec mes enfants.

Au début de ma vie de mère, quand je n’avais plus ma vie professionnelle, je manquais beaucoup de reconnaissance. Du coup, j’ai eu envie de continuer à travailler, car c’est mon travail qui m’en apporte le plus. Cependant, je reconnais que le temps partiel peut être un piège aussi, celui de tout faire des deux côtés : un temps plein à la maison et un temps plein au boulot, le tout en quelques heures. J’ai appris à déléguer pas mal de choses, et surtout j’ai lâché prise, notamment sur le rangement.

Comment y es-tu parvenue ?

Voir qu’à la fin de la journée j’ai passé un bon moment avec les enfants atténue la frustration que me procure une maison pas rangée. Ce n’est pas réussi tous les jours, mais ça m’aide à remettre les choses dans leur véritable priorité. Les moments de qualité, c’est ma priorité.

Ce que j’aime le plus, c’est lire des histoires ensemble : nous allons souvent à la bibliothèque. Aller au marché et faire la cuisine ensemble (à condition de fermer les yeux sur l’état de la cuisine). Assister à un spectacle. Ce sont des moments où on se sent bien tous les trois. Ils aiment aussi l’eau et on va régulièrement à la piscine. Ce sont ce que j’appelle des temps de qualité avec eux.

Inversement, il y a des choses pour lesquelles je ne suis pas faite. La peinture, les collages et bricolages en tous genres. Jusqu’à récemment je voulais en faire car je me disais : « Une maman doit bricoler avec ses enfants ». Mais j’ai compris que je n’avais aucun plaisir à le faire, que ça me stressait…et que, du coup, eux n’avaient pas le même plaisir non plus. Je me suis rendue compte que ce n’était pas pour moi, alors j’ai laissé tomber. Depuis que je ne me force plus, c’est un soulagement. Des activités créatives, mes jumeaux en font à la crèche.

Qu’est-ce qui a le plus changé pour toi depuis la naissance de tes enfants ?

L’appréhension du temps. On se demande souvent avec mon mari ce qu’on faisait avant ! On réussissait à se sentir débordés alors qu’on n’avait pas d’enfants. Mon rapport au temps a changé, ma façon de l’occuper aussi.

La maternité est arrivée comme une vague de doutes et de remises en questions. J’ai trouvé ça très difficile au début. Finalement, aujourd’hui, le fait d’être devenue mère m’apporte une force et une envie de m’affirmer et d’oser être moi-même dans ma vie de femme.

Quelle est ton astuce de fabuleuse ?

J’essaie de me détacher du regard des autres. Avant, j’étais très sensible au regard des autres et assez dure avec moi-même. Voilà mon message pour les fabuleuses : Faites-vous confiance, détachez-vous de ce regard, et soyez douce avec le vôtre !


Toi aussi, tu veux adoucir ton regard sur toi ?

Toi aussi, tu veux retrouver la force d’être toi-même en t’accordant un peu d’attention ?

Toi aussi, tu veux progresser vers un quotidien plus apaisé ?

Comme Séverine, rejoins le Village : une année pour révéler la fabuleuse qui est en toi !

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valerie

Valérie de Minvielle est psychologue clinicienne. Après 20 ans d’expérience en psychologie clinique et art-thérapie, elle a fondé en 2015 « ma juste place », une méthode d’accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent trouver leur équilibre et se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Valérie anime également des formations à la connaissance de soi dans plusieurs instituts de formation et établissements scolaires, en France et en Belgique. La joindre sur http://www.majusteplace.com/ et sur https://www.facebook.com/valeriemajusteplace/

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