Il a vraiment un problème, cet enfant - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Il a vraiment un problème, cet enfant

Une Fabuleuse Maman 6 novembre 2026
Partager
l'article sur


Vendredi, 18h. Le petit dernier me colle partout, je ne peux même pas m’autoriser à aller aux toilettes. L’aîné hurle parce que son petit frère respire le même air que lui. Le petit frère en question se roule en boule dans le hall d’entrée, s’estimant lésé dans une sombre affaire de fausses cartes Plokemlon.

Quand papa rentre, il découvre un ou plusieurs de ses enfants en crise. Il conclut, inquiet et en colère :

« Ça ne peut plus durer, cet enfant a vraiment un problème. »

Aïe, chez une maman poule et psychologue de formation, c’est comme dire à un plombier : « Comment ça, vos WC sont bouchés ? ».

Eh oui, si vous laissez entendre à une maman psy que son enfant aurait un « petit souci », c’est la double faute. Premièrement, elle ne l’a pas vu : mère indigne, psychologue d’opérette. Deuxièmement (et ça vaut pour toutes les mamans) : elle ne va plus pouvoir regarder son enfant grandir sans arrière-pensée. Elle va finir par analyser la moindre phrase, le moindre silence, le moindre comportement, la moindre absence de comportement. Et bien évidemment, tout sera de sa propre faute – merci Freud. 

À quel moment une crise d’un enfant/adolescent est-elle réellement « problématique » ?

Sans vouloir me substituer à un bilan pédopsychiatrique en profondeur (parfois nécessaire), je propose ici deux métaphores qui pourraient nous faire changer de regard.

D’abord, l’image de la partie immergée de l’iceberg. 

On l’oublie bien souvent : une (explosion d’) émotion, bien visible parfois, n’est là que pour attirer notre attention sur un besoin qui a été rencontré, dans le cas d’une émotion agréable, ou négligé, dans le cas d’une émotion désagréable.

« Quel besoin a-t-il été mis de côté pour que ce signal apparaisse ? »

Le trio de base à vérifier : 

  • Est-ce que mon enfant a faim/soif ? 
  • Besoin de sommeil ? 
  • Besoin d’un câlin ? 

Ensuite, l’image de la fièvre.

Bien sûr, la fièvre est problématique si elle est trop élevée, dure trop longtemps ou ne diminue pas malgré les médicaments. Mais tout bon médecin de famille rappellera qu’elle ne doit pas être combattue à tout prix. Elle est même « bon signe » dans la plupart des cas : elle montre que le corps se bat.

De la même façon, les crises ponctuelles de nos enfants peuvent refléter la confiance qu’ils ont en nous et en notre amour inconditionnel pour lâcher la pression. 

Que dire d’une journée complète à l’école à respecter les règles de la classe, se frayer une place dans le groupe, soutenir son attention malgré le bruit et les stimulations en tout genre ? Pour l’enfant, retrouver son parent, c’est retrouver « sa maison », en tout cas dans la configuration où l’attachement à la figure parentale représente une certaine sécurité pour lui. 

Si les crises prennent des proportions démesurées,

persistent, entravent le bon fonctionnement de l’enfant et de la famille voire se propagent à d’autres environnements, il y a probablement lieu de s’interroger et de demander conseil à des professionnels de l’enfance et de la santé. 

Bref, ne pas rester seule ! 

Et c’est bien l’un des éléments de base de l’autocompassion : notre humanité commune. « Je ne suis pas la seule maman à vivre une difficulté avec mon enfant, et je n’ai pas à rester seule ».

Quand nous étions enfant, au lit avec de la fièvre, cela faisait parfois toute une différence d’avoir un parent ou proche qui restait à notre chevet… Alors pourquoi ne pas s’autoriser à demander de l’aide, nous aussi, dans notre rôle de parents ?

Ce texte nous a été proposé par Marie Tempels, fabuleuse maman & psychologue, passionnée par les émotions, la santé mentale et la pleine conscience. Tu peux la retrouver sur Facebook et Instagram.



Partager
l'article sur


Cet article a été écrit par :
Une Fabuleuse Maman

Nos lectrices nous envoient parfois des textes formidables que nous avons plaisir à publier ici.

> Plus d'articles du même auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les articles
similaires
5 fake news de la parentalité
Chère Fabuleuse,  Tu le sais : il semble que quand on devient maman, le bébé débarque à la maternité avec[...]
Contrôler ou capituler ? Le périlleux équilibre éducatif
Entre l’envie d’élever des enfants autonomes et d’avoir une maison tirée à quatre épingles, Sandrine se retrouvait chaque soir, excédée,[...]
hypocrisie éducative
En finir avec l’hypocrisie éducative
Chère Fabuleuse,  Je vais donner un gros gros coup de pied dans la fourmilière et sans doute ne pas me[...]
Conception et réalisation : Progressif Media