Expat : à toi qui prépares ton départ  - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Expat : à toi qui prépares ton départ 

maman qui prépare une valise avec son enfant
Une Fabuleuse Maman 14 mai 2023
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Partir un jour sans retour

Effacer notre amour […]

Partir un jour sans bagages

Oublier ton image

Sans se retourner

Ne pas regretter

Penser à demain, recommencer

Partir un jour…

Aux antipodes du départ léger et définitif des clips de boys bands des années 90, l’expatriation familiale, c’est un départ lourdement chargé en bagages et en émotions, avec billet retour inclus (en tout cas, c’est ce à quoi l’on se raccroche avant le grand départ !).

Et pourtant… On n’est pas si loin des histoires d’amour, quand on y pense ! Alors qu’autour de nous, tout le monde ne nous parle que du D-Day, ô qu’elle est pleine de paradoxes, de suspens, de rebondissements et d’émotions,

cette période préparatoire digne d’un marathon :

  • Organiser son départ et la continuité professionnelle dans la perspective espérée d’un rééquilibrage vie pro/vie perso… et secrètement redouter le déséquilibre inverse : que la working mum soit éclipsée par la « soccer Mum » voire la « desperate housewife », avec l’angoisse de la dépendance financière. D’ailleurs c’est avec un petit pincement au cœur que l’on voit les collaborateurs et successeurs gérer avec brio le flambeau que nous leur avons transmis. Personne n’est indispensable.

  • Ranger, trier, sélectionner, donner, négocier, empaqueter, stocker… Là où un simple déménagement consiste (sur le papier) à transporter un attirail d’un point A à un point B, là c’est une équation à multiples options et inconnues. Le moindre objet passe au crible des possibles : vais-je le donner/vendre/recycler/emporter dans l’avion/acheminer par container/remiser au garde-meuble ou à la cave ?… Les coûts prohibitifs du transport maritime ajoutent un paramètre supplémentaire : à 1800 euros le m3, la moindre petite cuillère, même en plastique, prend une tout autre dimension !

  • Sous le regard inexpressif des innombrables peluches et doudous qui sèchent sur le fil à linge, se séparer le cœur gros de tout le fatras de puériculture qu’on aurait sinon stocké encore 10 bonnes années, le temps de faire son deuil maternel. C’est une page familiale qui se tourne pour qu’une autre puisse s’ouvrir dans l’album de famille… Alors qu’on attendait avec impatience que la période de petite enfance soit définitivement remisée aux oubliettes, on en vient à regretter la poubelle à couches ! Et l’on se surprend à donner avec émotion des conseils de vieux darons sur le couchage ou le change de bébé, dont les futurs parents envoyés par Leboncoin n’ont que faire…

  • Vider les placards pour partir légers, mais entasser secrètement dans la cave tout le « superflu » dont on n’arrive pas vraiment à se séparer… Jusqu’à ce que le Fabuleux, excédé par cette invasion de cartons et bien moins sentimental, finisse par remplir sans crier gare une voiture pleine et la décharger dans une association d’accompagnement aux familles défavorisées. Efficacité 1 — Regrets 0.

  • Redécouvrir de vieux cartons qui ont transité de déménagement en déménagement pour y dénicher des pages et des pages d’écriture, des premiers carnets secrets de primaire aux cours d’écriture de l’âge adulte et aux pensées du premier confinement (le “mythique”), en passant par les interminables correspondances de l’adolescence et les pensées philosophiques de la vie estudiantine… Rêver à reprendre la plume pour noircir à nouveau des pages à la faveur de cette expérience internationale.

  • Arpenter les allées des marchés avec une nostalgie anticipée, comme si on allait émigrer dans une contrée sujette à la disette et non un pays éminemment « développé »…  Savourer le contact direct avec les producteurs locaux et se ruer sur les bons produits du fromager, du primeur, du boulanger ou du boucher/charcutier sans parler des fruits de la vigne !

  • Faire tout à coup des rencontres insolites à deux pas de chez soi : découvrir un foyer de mères en difficulté à l’occasion d’un don de nourriture, rencontrer la communauté des voisins « geevers »* via des dons de proximité en tous genres… Des transmissions matérielles qui sont toujours l’occasion d’une rencontre humaine et qui offrent la promesse d’une « deuxième vie » pour nos objets, facilitant psychologiquement le vidage de maison

 * Usagers de https://www.geev.com/, principe génial à découvrir !!

Partir bientôt ?

Au fur et à mesure des préparatifs, « partir un jour » évolue en « partir bientôt »… : ce « jour d’avant » (le grand départ), c’est comme une phase en apesanteur : « hors sol » et « hors du temps », à la faveur de la célérité toute relative des autorités migratoires :

  • Ne plus être tout à fait ici sans être pour autant ailleurs : jongler intellectuellement entre les abréviations en tous genres des formalités du pays d’accueil, susciter l’étonnement des (ex)collègues et voisins qui, passé l’émoi de l’annonce du départ, nous saluent d’un « mais tu es encore ici ? Mais tu n’es pas partie ? Que fais-tu encore là ? »… comme si on n’était déjà plus chez soi sans avoir encore de nouveau chez-soi !

  • Faire pratiquer l’école buissonnière à ses enfants, seuls écoliers à des kilomètres à la ronde à jouer les prolongations de vacances estivales dans l’attente d’une rentrée décalée à l’arrivée ; recevoir les messages à la fois de l’école d’origine et de celle d’arrivée alors que notre progéniture n’en fréquente pour l’instant aucune… 

  • Organiser des séances d’adieux professionnelles, amicales, familiales ou de voisinage, histoire de remuer le couteau dans la plaie et de recevoir de beaux témoignages d’amitié… Comme si la perspective de l’éloignement provoquait par anticipation le rapprochement !

Partir enfin !

Les préparatifs, c’est comme une phase probatoire pour tester notre résilience au stress et au changement : patience, lâcher-prise, détachement matériel…

Les préparatifs, ce n’est pas une parenthèse temporelle circonscrite entre un début (la décision de départ) et une fin précise… Car on ne sera jamais complètement « prêts » ni émotionnellement, ni psychologiquement, ni matériellement.  

Vient enfin le moment, après l’avoir longtemps redouté et repoussé psychologiquement, où l’on a VRAIMENT hâte de partir afin de s’ancrer dans un nouvel environnement. Maintenant qu’on s’est dépouillé du superflu et que l’on a tant mesuré ce qu’on allait perdre

…on a hâte de découvrir ce que l’on va « gagner » !

À mesure que le temps passe, les « merdouilles » s’accumulent comme un signe qu’il faudrait déguerpir pour laisser la « shkoumoune » derrière nous : la voiture qui lâche sur l’autoroute à une semaine du déménagement ; le locataire qui plante un mois après la signature du bail ou le conflit de voisinage qui s’envenime…

Il y a aussi ces petits signes du destin qui soufflent qu’il est temps de tourner la page : la lapine qui « part en long voyage » (en langage adulte : se fait attaquer par des chiens) comme pour mettre la clé sous la cage afin de devancer notre séparation et le dernier pot de confiture homemade qui explose sur le parquet fraîchement lavé de la maison, la veille du départ…

Vient donc le jour où il faut VRAIMENT partir :

quitter le si cher nid familial, inhabituellement propre et calme, ne résonnant plus des cris ni des rires des enfants, puis tourner une dernière fois la clé dans la serrure, s’émouvoir du grincement familier de la grille d’entrée, allumer le moteur de la voiture surchargée de valises et tenter de masquer son cœur gros aux voisins croisés qui saluent notre « courage » de partir et envient notre aventure familiale … 

ENFIN prendre la route sans se retourner, penser à demain et recommencer.

Ce texte nous a été transmis par une fabuleuse maman, Alice.



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Cet article a été écrit par :
Une Fabuleuse Maman

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