Ils vécurent loin et eurent beaucoup d’enfants - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Ils vécurent loin et eurent beaucoup d’enfants

Agathe Portail 8 mai 2022
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Quand je me suis fiancée, un homme sage m’a dit :

« Au moins au début de votre mariage, il faut mettre une soixantaine de kilomètres entre vous et vos familles. »

On a souri jaune avec mon fabuleux, en se disant que cet homme sage manquait franchement de bienveillance et de clairvoyance. Qu’est-ce qu’elles ont, nos familles ? On adore nos belles-mères respectives, nos beaux-pères sont charmants, on part en vacances ensemble avec plaisir : ma famille en juillet, la sienne en août, bref, c’est l’éclate. 

Cependant, les dieux de la vie professionnelle nous ont envoyés non pas à 60 mais à 600 km de nos familles, quelques mois après notre mariage.

Les conséquences de cette vie à 5h30 de route de nos familles ?

  • Nous avons découvert les joies et les nausées d’une première grossesse sans guidage maternel

  • Nous avons entrepris de déménager et de faire des travaux sans le coup de main des frangins

  • Nous avons galéré pour faire garder notre aîné quand il a fallu que je parte accoucher de Numérobis. Même problème pour Numérotroiz et Numéroquat’ (on n’appelle pas une babysitter à 2h du matin).

  • Un week-end en amoureux commence par nous coûter 200 euros de babysitter. 

  • Nous bouffons des milliers de kilomètres pour Pâques, Noël et la Toussaint, les anniversaires et les mariages à tel point que je dois faire vidanger ma voiture deux fois par an. 

  • L’organisation des vacances scolaires est un épouvantable casse-tête.

  • À l’heure où nos parents vieillissent et deviennent dépendants, nous vivons une culpabilité difficile à gérer : nous ne sommes pas là quand il le faudrait, tout est compliqué et la charge des décisions concrètes reposent sur ceux qui sont à proximité, c’est-à-dire pas nous. 

Les Fées de la boîte mail connaissent la réalité de toutes ces Fabuleuses qui vivent loin de leurs parents.

Difficultés à s’organiser, manque d’un cocon bienveillant, isolement parfois… Dans certains modes de vie, la présence de la famille autour est une norme absolue. Dans le village où je vis, ce sont les mamies qui sont à la sortie de la crèche ou de l’école, la famille tient lieu de cercle d’amis, on fait des barbec’ avec oncle Machin et tata Bidule, les vacances scolaires ne sont pas un sujet.

Pour les Fabuleuses dont les familles fonctionnent sur ce modèle, l’arrachement géographique peut être la source d’une grande souffrance et donne parfois lieu à un repli sur le Fabuleux et les enfants. Tu vois quel peut être l’effet pervers : le surinvestissement de la bulle familiale avec à terme un réel manque d’oxygène.

Je te propose donc une “contre liste” qui peut te donner du baume au cœur, si toi aussi tu vis loin de ta famille.

Tout ce que nous avons découvert en vivant loin, moi et beaucoup d’autres !

  • Nous sommes devenus les seuls pilotes de l’avion. En sollicitant très peu nos parents, nous leur donnons aussi très peu de prise sur nous et nos décisions. Nous avons grandi un peu brutalement, certes, mais nous sommes devenus vraiment, complètement autonomes. Si ça défrise ma mère que je ne repasse aucune fringue, ça tombe bien, elle n’en a aucune idée.

  • Nous gardons le meilleur de nos relations de fratrie, parce que nous sommes toujours contents de nous retrouver.

  • Nous avons élevé nos enfants comme des globe-trotteurs, toujours sur la route pour une raison X ou Y, ils dorment n’importe où, sourient à n’importe qui et seraient prêts à voyager dans la voiture d’un inconnu rencontré sur une aire d’autoroute. La confiance n’excluant pas le contrôle, nous sommes toujours intervenus à temps (humour).

  • Nous n’avons pas eu de mal à créer notre propre culture familiale, parce que nous étions aussi loin de ma famille que de la sienne. C’est parfois plus difficile de s’accorder lorsque la prégnance d’un modèle familial est forte. 

  • Nous nous sommes fait des dizaines et des dizaines de très bons amis de couple. On parle de l’éloignement de la famille, mais c’est la même chose pour les copains. Au quotidien nous voyons des gens dont nous sommes tous les deux amis. Pas d’envahissement du/de la pote de fac relou qui fait des private jokes sur les ex de l’un ou de l’autre. Ça garantit la paix des ménages !

  • Nous prenons en main nos relations de fratrie sans compter exclusivement sur nos parents pour créer les conditions de nos retrouvailles. C’est un super atout pour maintenir les liens quand nos parents ne seront plus là.

Voilà chère Fabuleuse loin de ta famille,

j’espère que ce partage d’expérience peut te faire regarder d’un œil nouveau cet éloignement qui te pèse peut-être parfois. 

Raconte, quel aspect positif vois-tu dans ta configuration familiale ?



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Cet article a été écrit par :
Agathe Portail

Maman de 4 enfants (très) rapprochés et girondine d'adoption, Agathe Portail écrit des polars publiés chez Calmann Levy et des histoires jeunesse pour la Fabrique à histoires de Lunii. 
https://calmann-levy.fr/auteur/agathe-portail

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