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Corvée de cadeaux

Décembre, c’est le mois des questions. Celles qui vous occupent l’esprit pour ne plus le quitter. Qui ne vous laissent pas de répit, encore moins à 4 heures du matin.

Il y a d’abord LA question : que va-t-on donc bien pouvoir offrir à ces enfants déjà archi-pourri-gâtés dont les chambres débordent de jeux en tout genre ? Et encore, moi, j’ai à peu près une vague idée d’un truc simple à leur offrir et qui leur ferait plaisir… mais il faut en plus donner des idées aux grands-mères, aux parrains et marraines, aux oncles et tantes : autant vous dire que trouver des idées va me causer quelques insomnies de plus !

Bref, un cauchemar.

Vient ensuite la question subsidiaire : et le Fabuleux ? Que lui offrir ? Personnellement, c’est mon angoisse à chaque Noël (et à chaque anniversaire) : Monsieur n’a jamais envie de rien. Enfin, si, il peut avoir une envie, mais il la révèlera approximativement, après mûre réflexion, aux alentours du 8 janvier : et moi, à tous les coups, j’aurai tapé à côté. Et si vous commettez l’affront de lui offrir un vêtement, il vous en fait le reproche pendant les 364 jours suivants.
Et puis, au hasard, une dernière question… qui a son importance :

Et moi, de quoi ai-je envie ?

Est-ce que j’attends le 24 au matin de suggérer – tout en finesse, bien sûr – à mon fabuleux qu’un petit paquet sous le sapin me ferait plaisir ? Ou bien je me mords les lèvres toute la veillée de Noël car le seul paquet que j’ai à ouvrir est celui de ma belle-mère ? (Oui, je vous jure, ça m’est arrivé).

Pourtant, j’aime les cadeaux ! J’aime en faire. Au moment de l’acheter ou de le fabriquer j’aime imaginer la joie qui illuminera le visage de celui qui l’ouvrira. J’aime aussi en recevoir. Peu importe leur valeur : c’est pour moi une marque profonde d’attention. Pour parler comme Gary Chapman, c’est un de mes “langages de l’amour”.
Mais récemment (à la louche, depuis que la folie de Noël nous a envahis, c’est-à-dire début octobre), j’ai glané des propos entendus ou des extraits lus à droite à gauche au sujet des cadeaux :

“Je ne fais plus aucun achat de Noël sur internet, ça n’est pas éthique du tout : entre l’exploitation des employés dans les centrales d’achat et le bilan carbone des livraisons, très peu pour moi !”

“Oh, mes achats de Noël, je les fais au calme début novembre. À la limite, au moment du Black Friday, mais jamais après !”

“J’ai décidé de confectionner moi-même tous mes cadeaux. J’ai commencé il y a huit mois.”

Voici donc mon analyse sociologique – très personnelle, je l’assume.

En ce Noël 2018, il faut :

  • privilégier le “do it yourself”
  • faire ses courses bien à l’avance pour éviter la cohue des derniers jours
  • …et surtout ne pas se rendre sur la célèbre plateforme d’achat en ligne dont le nom commence par un A, finit par un N et contient un Z.

Désolée, mais je ne me sens pas à la hauteur :

Ce Noël ne sera pas pour moi.

Après avoir fait tourner toute une maisonnée malade bon an mal an pendant près de quinze jours, géré mes deux zouaves pendant un déplacement professionnel longue durée de leur papa, honoré des responsabilités associatives, des tracasseries administratives de maman d’enfant handicapé, je ne me sens pas à la hauteur de ce Noël zéro déchet / tout fait soi-même / cadeaux super personnalisés.

Je n’ai même pas encore réussi à faire le sapin… alors, des cadeaux « comme il faut »…
Bien entendu, j’ai un peu anticipé.

Mais j’aurais voulu faire plus. J’aurais voulu faire mieux. J’aurais voulu faire différent.

J’aurais aimé passer des après-midi entières à confectionner des cadeaux avec mes enfants pour leurs grands-parents. J’aurais aimé tricoter pour mon neveu. J’aurais aimé coudre une robe de princesse à ma filleule. Mais non.

Cette année, ma « corvée » de cadeaux, ce sera d’envoyer balader tout ce perfectionnisme et de consacrer les quelques heures et le peu d’énergie qui me restent à faire des cadeaux comme je les affectionne.

À faire des cadeaux qui me font plaisir.

À rester dans le “bon pour moi” au lieu de me forcer et, au final, de me faire mal…c’est-à-dire m’épuiser en voulant rester à la hauteur et finir par hurler sur enfants et fabuleux qui, les pauvres n’ont rien demandé, et voudraient juste goûter aux prémices de la joie de Noël, dans le calme et la bonne humeur.

Alors, samedi, au lieu d’aller courir les magasins ou de m’enfermer pour confectionner un cadeau au calme, je ferai un grand bras d’honneur à la bien-pensance de ce Noël 2018 et, avec mes enfants, je m’allongerai sous le sapin. Là, sur le moelleux du tapis, on détaillera chaque décoration, on regardera les lumières, on respirera le délicieux parfum du conifère et on mangera des chocolats. Na.

profil anna latronDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village » et la rédaction en chef du blog. Mariée à son Fabuleux depuis 9 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 7 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 3 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

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  • Morel

    Merci pour cet article ! Et puis, allongés ainsi sous le sapin, les plus beaux cadeaux, c’est vous ❤️!

  • Dorothée de Monplanet

    Comme toute votre équipe écrit bien! Déjà 5 jours que je reçois vos papiers et me régale! Bravo c’est si bien dit et si vrai! Merci!!