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« On s’organise comment, pour Noël ? »

C’est, en substance, le message reçu par une amie proche de la part de sa belle-sœur. On est mi-novembre. Elle l’a reçu il y a un mois. Voilà donc la situation : mi-octobre – soit plus de 2 mois avant l’échéance – cette amie devrait déjà avoir :

  • décidé de son jour de trajet pour rejoindre sa belle-famille,
  • arrêté la liste de cadeaux prévue pour ses enfants, pour ceux de sa belle-sœur
  • défini le menu du réveillon, bien évidemment.

Au détour d’une conversation, je raconte l’anecdote à une autre amie. Elle me répond :

« Moi, je vais fêter Noël sept fois, cette année. »

J’ouvre des yeux ronds. Sept fois ? Oui, parce que dans sa famille et dans celle de son mari, impossible de réunir tout le monde à la même date : il y a des grands-parents divorcés, des frères et sœurs qui ne se parlent plus, et des voyages au soleil prévus de longue date. Pour autant, chacun veut son comptant de sapin devant la cheminée, de dinde aux marrons, de vin chaud et de biscuits à la cannelle. Et de cadeaux, aussi, bien sûr.

Alors, en route vers le marathon de Noël, et avec le sourire ! Ben oui, avec le sourire, parce que Noël, c’est quand même la fête des enfants. Pensez à leur sourire et aux étoiles dans leurs yeux quand ils ouvriront leurs cadeaux !

Les cadeaux de Noël.

Mon aîné différent, qui est pourtant d’habitude bien « en dehors » du temps et de tout considération bassement matérielle, m’en parle depuis plusieurs semaines. J’ai beau avoir subtilisé les fameux catalogues dès leur arrivée dans la boîte aux lettres à la mi-octobre, rien n’y fait : il fourmille d’idées et sait rivaliser d’imagination pour faire passer des messages… Je résiste en rétorquant « On a le temps », mais le ver est dans la pomme.

La question que je me pose, la voici : à quel moment tout a dérapé ?

À quel moment s’est-on mis à préparer Noël deux mois à l’avance ?

À quel moment les marketeurs de tout poil se sont-ils donnés le mot pour envahir nos inconscients de guirlandes scintillantes, de boîtes de chocolat et de tablées pantagruéliques ?

À quel moment cette fête, qui propose à tous, quelle que soit notre situation familiale, de goûter la joie d’une trêve, s’est-elle transformée en surenchère de tout ? De paillettes, de gadgets, de bouffe trop riche qui finit par nous donner la nausée.

Alors voilà, aujourd’hui, à 40 jours de la date fatidique, j’aimerais penser qu’il est encore temps de résister à cette pression de Noël qui nous tombe dessus de plus en plus tôt chaque année.

Loin de moi l’idée de jouer les rabat-joie !

Dois-je préciser qu’en tant qu’Alsacienne, je suis une fan absolue des préparatifs précédant cette fête ? Que le mois de décembre est, chez moi, synonyme de cannelle, de vin chaud et de partages au coin du feu ?

L’esprit de Noël peut vraiment nous permettre de vivre des moments de joie avec nos proches à l’occasion de cette fête irremplaçable.

Alors, pourquoi ne pas chercher quelques pistes pour vivre ce Noël comme une véritable trêve ? Dès aujourd’hui, se préparer intérieurement à :

  • rester à la maison pour le réveillon 2018
  • dire qu’on ne sera pas là
  • oser dire que l’on ne restera « que » deux jours
  • ne pas racheter de décorations cette année pour remplacer les dernières, qui sont « SO 2017 ! »
  • faire les courses en dernière minute (malgré les têtes de gondole déjà équipées en mode Noël)
  • fixer un budget maximum pour les cadeaux des neveux…ou les préparer soi-même

Ne nous laissons pas voler cette joie par les sirènes du perfectionnisme (et du marketing) qui nous enjoignent à assurer un Noël « au top ». Et qui ont toutes les chances de nous laisser un goût amer, mêlé d’épuisement, de comparaison et de frustration.

 

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profil anna latronDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village » et la rédaction en chef du blog. Mariée à son Fabuleux depuis 9 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 7 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 3 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

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  • Sophie

    Noël c’est Dieu qui se fait homme et non les hommes qui se prennent pour des dieux. Revenons à l’essentiel! Merci

  • Sophie Bergotti Wienss

    En Allemagne les pains d’épice sont dans les rayons depuis la mi-août ! Comme je résiste aussi et attends décembre, mes enfants tentent quand même de faire pression. Hier , après les avoir emmenés au Kindergarten, j’ai retrouvé à ma fenêtre 3 doudous habillés en rouge ou de Noël… sont malins, ces gosses !