L’automne est là. Je me sens fatiguée, irritable, peu énergique. Un rien me semble une montagne : encore une lessive… encore un panier de linge… et la to-do s’allonge, m’ensevelissant sous une charge mentale que je ne me sens plus capable de gérer.
Voilà que l’autre nuit, je me réveille en sursaut à 2h du matin. De ces réveils pleins d’énergie, où tu as l’impression d’avoir terminé ta nuit, qu’il faut te bouger, là, tout de suite, avec tes jambes frémissantes de se mettre en action.
Alors que mon cerveau crie « 2h du mat’ ?! DORS !! », impossible d’ignorer ma seule idée en tête, qui peut sembler bien saugrenue :
“Je dois à tout prix trouver des patins de feutre pour mes chaises.”
Je t’entends d’ici, chère Fabuleuse : mais de quoi parle-t-elle ? Voilà le tourment de ma nuit, le coupable de mon insomnie : un centimètre carré de feutre épais, à clouer sous mes pattes de chaise.
J’habite une maison ancienne, j’ai des tomettes au sol et des chaises en bois. La rencontre des deux fait du bruit. Beaucoup de bruit. Ajoute à ça deux enfants, qui tirent les chaises au lieu de les soulever, et je te donne la recette parfaite de l’usure auditive.
Ce que mon cerveau a fait émerger cette nuit-là, c’est la solution à un problème dont je n’avais même pas conscience.
Le bruit permanent chez moi me ponce les nerfs. Je ne peux pas mettre mes enfants en sourdine — il n’y a pas de bouton off sur la télécommande — mais je peux agir pour limiter les autres sources de bruit.
Le lendemain, je me suis évertuée à clouer les fameux patins de feutre sous chacune de mes chaises.
Le résultat ? Bluffant.
Je me rends compte que je me crispe beaucoup moins au moment des repas. Que la pièce est étonnamment plus agréable à vivre. J’ai même eu plaisir, depuis, à acheter un joli bouquet de fleurs à mettre sur la table.
Mais surtout, forte de ce premier succès, je me suis mise à traquer toutes les sources de bruit parasites.
- Le grésillement d’appareils électriques qui restent branchés ? J’ai demandé à mon Fabuleux de se pencher sur la question. Il a bidouillé un peu, et miracle, le silence est revenu.
- Les portes qui claquent ? J’ai mis un petit arrêt en mousse trouvé chez Ikea pour 1 euro. Les courants d’air sont toujours là, mais au moins ils ne font pas de bruit !
- Le parquet hyper bruyant dans le couloir ? Hop un tapis moelleux, qui en plus a le mérite de donner un aspect cosy tendance hygge.
Ma vie a changé le jour où je me suis offert le premier centimètre carré de confort auditif.
Il ne faut pas croire, ma maison reste bruyante la plupart du temps. Mes enfants piaillent, se chamaillent, chantent à tue-tête dans un joyeux tintamarre et c’est tant mieux : ils sont pleins de vie.
Ce qui a vraiment changé la donne, c’est de prendre conscience de ce qui me mettait les nerfs en pelote. Tous ces bruits, qui m’enveloppaient comme un nuage en gribouillis, s’accumulaient dans mes oreilles et m’usaient le système nerveux.
Chère Fabuleuse, je te souhaite de t’accorder ton petit bout de confort.
Dis-nous ce que c’est pour toi, ce petit rien qui change tout : tu inspireras sûrement d’autres mamans !





