mère de famille

Être mère de famille en 2015 – Vos réactions à l’émission sur France Inter

Depuis l’émission “Mère au foyer, la honte ?”, où j’ai été invitée en direct sur France Inter, je reçois des dizaines de messages qui me laissent penser qu’une certaine vision de la famille, taxée par certains de rétrograde, est partagée par bien plus de personnes que les médias ne laissent le croire.

Cliquez ici écouter l’émission en replay.

Je vous remercie mille fois pour vos nombreuses réactions, que j’ai essayé de synthétiser ici. Évidemment, le sujet dépend de facteurs sociaux et individuels complexes, et ne saurait être réduit à ces quelques paragraphes. Il m’a cependant paru important de lister ici quelques pistes de réflexion que l’on a peu l’habitude de lire !

UNE ÉQUATION À RÉSOUDRE

La vision des femmes en deux groupes, d’un côté celles qui sont dans leur foyer à 100%, et de l’autre celles qui ont une activité rémunérée, paraît dépassée et ne semble pas correspondre au quotidien des mères en 2015. De plus, cette conception en deux groupes participe à la stigmatisation des unes comme des autres.

Une vision plus actuelle des choses consisterait à dire toutes les mères tentent de résoudre une équation difficile, et que la plupart éprouvent des difficultés à se sentir à leur juste place, quel soit leur choix.

ARTICULER LE FÉMININ ET LE MATERNEL

Forcément, devenir mère génère une forme de renoncement à un moment ou à un autre, face à l’incompatibilité de certains aspects de la vie de « femme » et de celle de « mère responsable d’un ou plusieurs êtres humains en construction ». Les fabuleuses font tout leur possible pour tenter d’articuler avec joie le féminin et le maternel qui les caractérisent.

“Aujourd’hui, nombreuses sont celles qui désirent être femmes ET mères. Et non pas femme OU mère. Articulation délicate, oh combien mystérieuse, toujours en mouvement, sans arrêt en travail, mais sur un même, oui je dis bien, un même corps. Un corps de femme. Et si le nouveau féminisme se trouvait là : chez toutes ces femmes, à la recherche du sens ?” Hélène Dumont

LIBERTÉ DE CHOIX

Plusieurs facteurs extérieurs semblent restreindre les possibilités concrètes d’articulation du féminin et du maternel. Ainsi, de nombreuses femmes sont contraintes de choisir par défaut, et de s’arrêter à l’option “la moins pire”. Entre autre facteurs :

  • les raisons économiques qui font que des femmes travaillent sans l’avoir choisi, ou sont au foyer sans l’avoir choisi

  • le regard négatif des proches et de la société en général, qui paralyse certaines femmes dans un sens ou dans l’autre (“si je travaille / si je reste à la maison, ce sera mal vu”)

DÉPENDANCE OU INTERDÉPENDANCE ?

C’est le grande question de l’égalité hommes femmes, qui a été centrale pour la génération qui nous a précédées, avec comme problème principal celui de la dépendance financière des femmes. Il semble qu’aujourd’hui de nouvelles questions sont à poser :

  • La vie de couple et de famille ne s’organise-t-elle pas à deux ? Dans une équipe, tous les joueurs ont-ils le même rôle ? Ne peut-on pas décider d’un commun accord que l’un ou l’autre passe plus de temps à la maison ?

  • Pourquoi vouloir toujours parler d’égalité en termes de salaire, alors que des hommes qui voudraient s’arrêter un moment pour s’occuper de leurs enfants n’en sont pas libres, justement car cela mettrait en péril l’équilibre financier de leur famille ?

  • Pourrait-on parler aussi de dépendance des hommes à l’égard des femmes, d’une autre sorte, mais bien réelle ?

  • L’interdépendance n’est-elle pas le propre de la vie de famille ?

  • Comment encourager les familles qui s’arrangent pour que l’un ou l’autre des parents soit toujours au foyer ?

  • En cas de séparation, quelles sont les solutions proposées par les pouvoirs publics aux familles monoparentales (à 80% gérées par des femmes) ?

UN FACTEUR OUBLIÉ : LE TEMPS

Selon plusieurs femmes, on pourra toujours s’épanouir professionnellement plus tard (sachant que ce temps de renoncement – s’il est assumé – permet d’acquérir des compétences supplémentaires) mais on ne pourra jamais rattraper les années auprès de nos enfants petits, devenus grands. En tout cas, certaines mères qui ne se sont pas arrêtées de travailler, disent l’avoir regretté à l’âge de 45-50 ans.

Les femmes qui ont fait le choix d’assumer une forme de renoncement, et de l’aménager en restant au foyer pour voir grandir leurs enfants, ont tendance à parler de “récompense” venue avec le temps : “une satisfaction hautement jouissive d’avoir fait ce qu’il fallait quand il fallait…”

Certaines femmes vont même jusqu’à dire que cette satisfaction a pour effet de les aider en tant que femme à mieux vivre une autre phase de la vie, qui est « l’envol des enfants » et la ménopause.

AMÉNAGEMENTS

  • Chaque mère devrait pourvoir trouver son «  aménagement », pour peu qu’on l’encourage à rester femme en même temps que mère. Une femme qui est dans son foyer a par exemple la possibilité de faire garder ses enfants à moindre coût, afin de s’épanouir autrement, quelques heures par jour ou par semaine.

  • Avec internet et les avantages de la micro-entreprise, c’est l’âge d’or du travail à domicile et de l’entreprenariat au féminin. Il semble que cela change entièrement la donne par rapport à la génération précédente.

  • Quels aménagements les pouvoir publics vont-ils proposer pour aider la nouvelle génération de mères de famile à faire un choix assumé dans l’articulation de leur vie de femme et de mère ?

Ceci n’est pas le tour de la question… Si vous souhaitez réagir, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à m’écrire un e-mail.

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  • Tabitha

    Cela résume parfaitement ce que je voulais partager en réaction à cette interview ! Merci !