Mère ou entrepreneuse, faut-il choisir ? - Fabuleuses Au Foyer
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Mère ou entrepreneuse, faut-il choisir ?

maman entrepreuneuse
Une Fabuleuse Maman 19 avril 2023
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C’est là. Juste à ce moment-là que j’ai pris conscience qu’être devenue mère allait peser très concrètement dans ma vie professionnelle. Après un mois de bliss à rester à la maison à trois pour accueillir notre fils, je me retrouve soudain seule avec un bébé dans les bras, face à une porte close. Mon mari vient de reprendre le chemin du boulot, car il faut bien qu’il retourne travailler.

Je hurle intérieurement : « Moi aussi, il faut que je retourne bosser ».

J’ai un business à faire tourner ! Je me sens flouée, piégée par mes propres choix. J’en veux à la terre entière. Qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que s’installe cet énorme malentendu ?

Prends un café, installe-toi, je t’explique.

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours projetée avec des enfants.

À 15 ans, je me disais : « Je serai maman vers 25 ans ». À 25, plutôt vers 30 ans. Et puis à 30 ans, ne sentant toujours pas ce baby fever monter en moi, on a quand même décidé de se lancer dans l’aventure. 

Cela faisait un peu plus d’un an que nous venions de nous installer à Istanbul à la recherche de nouveaux challenges. Ne trouvant pas de travail en salariée, je venais de sauter le pas de l’entrepreneuriat en créant ma société de conseil en marketing et communication.  

J’étais fière. Je commençais enfin à me faire une place dans cette nouvelle vie. J’étais reconnue et valorisée par mon travail. Et j’avais construit cette aventure professionnelle de mes propres mains. Enfin neurones. Enfin tu vois ce que je veux dire. Répondre à la question « Qu’est-ce que tu fais dans la vie » n’était plus un problème. J’étais de nouveau quelqu’un, à travers mon entreprise.

Et j’ai appris que j’étais enceinte.

Nous étions les premiers de nos amis à avoir un enfant. J’ai eu la chance de connaître une grossesse sans encombre. Mon fils étant en siège, j’ai dû avoir une césarienne que j’ai vécue comme une « simple » opération. Rien ne pouvait préparer mon cerveau anesthésié aux endorphines du bonheur au Tsunami qui arrivait. 

Je pensais pouvoir accoucher et hop, reprendre ma vie là où je l’avais laissée.

Ahahah. Tant de naïveté, c’est tellement touchant. 

Rien ne s’est passé comme je l’avais prévu. 

Retour à la scène d’ouverture : me voici chez moi, en tête à tête avec ce nouveau-né qui, certes, me remplit d’un amour inconditionnel, mais accapare aussi mes jours et mes nuits. Mon cerveau est en bouillie. Je me sens comme une merde. D’ailleurs, j’ai les mains dedans toute la journée. Jusque là, pas de surprises, Les Maternelles m’avaient bien préparée. 

Non, mon dilemme vient d’ailleurs. 

Premièrement, je suis submergée par le sentiment d’être seule contre tous, dans un pays où les codes culturels sont très différents. On me regarde avec des yeux ronds quand j’évoque le fait que « peut-être pourrait-on trouver une solution de garde pour mon bébé de 3 mois ? » Ce sentiment de ramer à contre-courant s’est accentué à la naissance de notre deuxième, alors que nous avions déménagé en Allemagne. Cette fois, j’ai été affublée du très joli sobriquet de « Raben Mutter ». Littéralement « Mère-corbeau ». Je te laisse imaginer ma Fabuleuse, qu’on est loin de notre sympathique « Mère-poule ». On m’a d’ailleurs assené avec aplomb : « Tu as choisi d’avoir des enfants, tu t’en occupes »

Deuxième aspect de mon problème : je suis en conflit avec moi-même sur mes choix de vie.

J’ai été actrice à 100% dans la décision d’avoir des enfants et je ne regrette en rien cette décision mais je ne suis pas prête pour autant à sacrifier ma vie professionnelle que j’ai bâtie de zéro et qui me nourrit intellectuellement. J’aurai le sentiment de me sacrifier moi, sur la place publique. En même temps, je ne veux pas laisser filer ces précieux moments avec mes enfants. J’ai soif de ces petits bras qui m’enveloppent d’amour le matin, de ces petits pieds à bisouiller, de ces premiers mots lus avec fierté. J’aime tout autant les cris et les pleurs qui un jour, je le sais, déserteront la maison et la laisseront bien vide de sens. C’est juste vital. J’ai viscéralement besoin de mes enfants.

« Comment qu’on fait alors ? » Parce que je n’ai pas encore trouvé la formule du dédoublement. 

Il y a parfois des moments dans la vie où les codes que l’on connaît pour se sortir d’une impasse ne s’appliquent plus. 

C’est ce qu’être une mère entrepreneuse, de surcroît à l’étranger, m’a fait réaliser. 

C’est à ce moment-là qu’il est nécessaire de prendre de la hauteur et de réécrire ses propres codes

Pour ma part, j’ai emmené mon fils d’un mois avec moi dans la chambre et ensemble, on a commencé à réécrire les fondations de mon futur business. 

Si tu es dans la même situation, voici les étapes qui j’ai suivies et qui, peut-être, pourront t’inspirer : 

1. ACCEPTER

Oui, je sais, tu ne la voyais pas venir celle-là. Mais accepter que ta vie va changer et que rien ne sera plus comme avant, c’est déjà un premier pas pour partir sur de nouvelles bases. Cela ne veut pas dire que ta vie va changer en mal. La maternité peut être une merveilleuse opportunité pour réécrire ta vie en mieux et ne pas tomber dans la frustration.

2. FAIRE UN TOUT

Ne pas dissocier « la mère » de la « cheffe d’entreprise » peut t’aider à garder ta santé mentale et ne pas tomber dans la schizophrénie. Tu es un tout. Et à ce titre, tu n’as pas à choisir si tu ne veux pas choisir. 

Je suis une bien meilleure maman quand j’ai fini ma journée avec le sentiment du travail accompli. À l’inverse, je suis une bien meilleure entrepreneuse, confiante en mes capacités à tout gérer quand j’ai réussi à négocier une assiette d’épinard avec un enfant de 5 ans ou à désamorcer les crises d’un Terrible Two. 

3. POSER LES « NON-NÉGOCIABLES »

Les « non négociables » sont les « conditions générales » pour toi-même, qui vont protéger ton calendrier, ta concentration, ta productivité, ta santé mentale, tes relations aux autres (famille, amis). 

Voici quelques exemples de non négociables que j’ai mis en place : ne pas travailler après 15 h pour récupérer mes enfants à l’école, ne pas négocier mes prix, ne pas arranger mes offres. 

4. DÉFINIR LES BASES DE TON BUSINESS

Avant même de savoir quoi faire ou comment, il est important de définir tes besoins. Qu’est-ce que tu veux atteindre avec ton business ? 

Pour ma part, voici les 3 besoins dont j’ai pris conscience : 

  • Plus de TEMPS LIBRE pour que mon travail ne soit pas au centre de ma vie.
  • SÉCURISER les revenus pour l’avenir.
  • FLEXIBILITÉ pour pouvoir travailler de n’importe où et n’importe quand (enfants malades…)

Une fois ces bases définies, tu peux les décliner pour inventer un business model en accord avec ta vie et non l’inverse. Par exemple, j’ai décidé de donner uniquement des prestations de conseil et de packager mes offres pour gagner en flexibilité. J’ai également réduit mon nombre de clients pour libérer du temps et augmenté mes prix pour pouvoir me dégager un salaire régulier.   

5. DÉLÉGUER

Et enfin, mon conseil préféré est inspiré d’une citation que tu connais sûrement par cœur : « Il faut un village pour élever un enfant ». Il en est de même pour un business. 

Tu as un temps limité. Par conséquent, si tu ne veux pas choisir entre ton business et ta famille, il va falloir accepter de ne pas pouvoir TOUT gérer seule. Réaliser cela a permis à mon mari de prendre pleinement sa place de papa. Je n’ai pas eu à le pousser, juste à lui faire comprendre que, contrairement à ce qu’on nous avait rabâché depuis notre enfance, je ne voulais pas porter seule l’éducation de nos enfants. J’avais besoin qu’on soit une team, à 50/50. Alors oui, j’ai dû prendre sur moi pour le laisser faire à sa sauce. Ça n’était pas toujours comme moi, je l’aurais fait. Mais c’était fait. De la même manière, je me suis fait entourer dans mon business, dès que je l’ai pu, que ce soit par des coachs, assistant.es virtuel.les, graphiste ou content manager qui m’aident à faire grandir mon business. 

Mère ou entrepreneuse, j’ai décidé il y a longtemps de ne pas choisir

Et même si ça n’est pas facile au quotidien, je m’en félicite tous les jours car je suis pleinement alignée avec qui je suis vraiment. 

Et toi, ma chère Fabuleuse, comment comptes-tu réécrire les codes de ta vie pour réconcilier tout ce petit monde en ébullition dans ton cerveau ? 

Ce texte nous a été transmis par Mélanie, une fabuleuse maman « coach business et marketing pour entrepreneuse badass », que tu peux retrouver sur son site https://www.moz-lalittleajans.com/,



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