Vacances ratées, Noël simplifié - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Vacances ratées, Noël simplifié

Valérie de Minvielle 15 décembre 2020
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Pour les vacances de la Toussaint, mon mari et moi avons loué une toute petite bergerie dans la campagne à une heure de route de chez nous. Avant de partir, nous formulons mille projets : s’offrir une grande balade chaque jour, inviter des copains pour des dîners le soir, déambuler avec nos enfants dans la ville d’à-côté, visiter tel musée que nous aimons beaucoup. Oui, car lui comme moi, nous sommes des enfants de la ville. Dénués de toute habileté à vivre à la campagne.

Et puis rien ne se passe comme nous pensions :

  • Le dimanche, nous découvrons que la bergerie n’est pas chauffée. Nos premières flambées dans la cheminée enfument la maison au point que nous vivons deux jours les fenêtres grandes ouvertes.
  • Le lundi, mon mari doit retourner travailler dans son restaurant en urgence, et en voiture.
  • Le mardi, je réalise que le village le plus proche est à deux heures de marche. Mon mari travaille toujours.
  • Le mercredi, il rentre dans l’après-midi, décidé à se mettre en vacances. Et vlan ! nous apprenons que nous sommes reconfinés.
  • Le jeudi et le vendredi, nous profitons des beaux paysages en nous baladant, mais dans une ambiance ternie par cette nouvelle plombante. Mon mari travaille à distance pour organiser sa semaine de reprise semi-confinée au restau.
  • Le samedi, sur la route du retour, nous sommes accueillis par un barrage de policiers vérifiant notre bon droit à nous trouver là.

Une semaine sous le signe de la privation de liberté ?

Oui, car nous n’avons rien fait de ce que nous voulions faire. Oui, car mon mari n’a carrément pas eu la possibilité de se reposer. Me concernant, la perspective de vivre une quasi-semaine seule avec mes enfants, à la campagne, sans voiture ni chauffage, sonne comme une punition.

Mais finalement, cette restriction de liberté m’a apporté un cadeau : celui de vivre chaque journée dans une grande simplicité. 

Le premier jour, je dois faire des courses alimentaires.

J’en fais le grand et unique projet de la journée. Je me mets sur la route avec mes enfants et un panier, et nous marchons vers le village. Au bout d’une heure de marche, et devant les râleries des uns et des autres, je décide de faire du stop. À quatre, c’est ambitieux. Mais après une vingtaine de minutes, un pick-up, conduit par une femme et sa fille, s’arrête. Gagnée par l’excitation du souvenir de mes voyages que cela fait revenir à ma mémoire, je saute à l’arrière avec mes enfants et nous nous laissons trimballer comme des moutons jusqu’au village.

La femme, touchée par notre situation, me propose de me faire signe lors de son retour de la gare où elle emmène sa fille. Mes enfants et moi nous répartissons les commerçants et les courses sont faites au bout d’une demi-heure. D’habitude, nous serions rentrés après cela. Mais là, nous devons attendre le retour de notre sauveuse du jour, sans précision horaire.

Je m’assois alors à la terrasse du café de la place et m’offre un café au lait pendant que mes enfants traumatisent les pigeons sur la place du village.

Est-ce parce que ce moment est imprévu ?

Ou parce que je n’ai aucun horaire ? Ou encore parce que j’ai abandonné ma responsabilité à cette femme qui nous conduira près de chez nous au retour ? Quoi qu’il en soit, ce café, que je passe à observer la vie autour de moi, à accueillir la visite éclair de l’un ou l’autre de mes enfants qui vient me voir, qui pour discuter, qui pour tremper un sucre dans mon café, est un moment délicieux, savoureux, régénérant.  

Pas d’activité prévue pour mes enfants ?

À force de traîner dans la campagne alentour, ils entreprennent de construire une énorme cabane. Avec les bûches et branches épaisses du bûcher. Une aventure quasi-professionnelle donc. Ils y auront passé des heures chaque jour de notre semaine là-bas. 

Et moi, pendant ce temps-là, qu’allais-je faire ?

Ce que j’avais sous la main. J’ai lu, j’ai écrit, j’ai fait des essais pas bien concluants de cuisine dans le feu, j’ai pris mon temps pour ma gymnastique matinale, j’ai coordonnées des « corvées de bois », j’ai fait des lessives, j’ai ramassé des fleurs et des branches couleurs d’automne pour en faire des bouquets, j’ai bu des tisanes au soleil en regardant mes enfants transporter du bois. J’ai aussi passé du temps à regarder les flammes danser dans la cheminée … 

J’ai convenu avec eux que nous ferions les devoirs chaque soir à la nuit tombée, devant le feu, pendant une heure. Et alors qu’ils ont, chez nous, toutes les peines du monde à s’y mettre, et jamais aux mêmes horaires ni dans la même pièce, cette semaine-là je les ai admirés, appliqués, sur cette vieille table en bois, devant le feu, tous les trois concentrés sur leurs devoirs, chaque soir. 

Pourquoi je vous raconte cette semaine en détails ? 

Parce que malgré les frustrations rencontrées, j’ai aimé ces vacances. Et je pense que cela tient précisément au fait d’avoir été confrontée à l’imprévu et à la limitation de liberté chaque jour. Me poussant à innover. Me poussant à ralentir. Me poussant à revenir aux choses simples. Et à m’en contenter.

Alors que ce Noël s’annonce rempli d’imprévus et d’incertitudes, comment pourrais-je vivre cette fête que j’aime dans cet état d’esprit ouvert à la simplicité ? 

D’abord j’aurais envie de revisiter mes habitudes pour cette fête, et de me demander, pour chacune d’entre elles, ce que je pourrais faire de nouveau. 

  • Au lieu de décorer une branche de sapin comme nous faisons souvent, se passer de branche et laisser pendre du plafond des rondelles d’orange séchées en guise de guirlandes ?
  • Installer la crèche dans un autre endroit que l’étagère habituelle ?
  • Faire uniquement des cadeaux « expériences » cette année ?
  • Ou au contraire téléphoner à mon libraire et lui demander de trouver un bouquin pour chacun d’entre nous, que je lui réglerais en glissant mon enveloppe sous son volet métallique ?
  • Essayer une journée entière à la bougie pour ce jour-là ?
  • Chanter à ma fenêtre ? 

Je sais que cette année, pour Noël, malgré le couvre-feu et autres « limitations » qui me sont imposées, je tâcherai de ne pas me focaliser sur ce qui me manque, en comparant avec les années précédentes.

Je formule le vœu de me mettre dans un état d’esprit totalement différent, inspiré par cette histoire que je viens de vous raconter.

Pour un Noël plein de découvertes inédites, tout entier habillé de simplicité.



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Cet article a été écrit par :
Valérie de Minvielle

Psychologue clinicienne, Valérie de Minvielle fonde après 20 ans d'expérience professionnelle "Ma Juste Place", une méthode d’accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Elle est également l'auteur de "Trouver ma juste place - dans le quotidien de 7 femmes inspirantes" paru en janvier 2020.

https://www.majusteplace.com/

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