Urgence cadeau : pour moi d'abord - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Urgence cadeau : pour moi d’abord

Marie Chetrit 10 décembre 2020
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L’an dernier, à la même époque, je vous avais fait part de mon projet TOTALEMENT LOUFOQUE, plaquer mari et enfants pour des vacances entre amies.  Ce fantasme secret me trottait dans la tête depuis des années. 

Cela m’avait pris 9 mois pour mûrir l’idée, rassembler la Dream Team de copines autour de moi, trouver un consensus sur la destination et une date commune à trois zones scolaires différentes, expédier les maris et enfants je ne sais où mais surtout : loin de nous, en laissant au vestiaire tout sentiment qui ressemblerait de près ou de loin à de la culpabilité, concocter un petit programme girly, vivifiant, culturel, cocooning. Vous voyez un peu le challenge ?

Et nous sommes parties.

Ce furent cinq jours hors du temps, dans la ravissante ville de Nice, pleine de soleil, à nous promener le long de la mer, sans nous soucier de siestes, de goûters, ni de devoirs. Pendant ce temps, nos conjoints géraient, sans aucun souci, les différents rejetons. D’ailleurs, si souci il y avait, on ne voulait même pas le savoir.

Nos chastes yeux se sont fermés à l’idée des repas de pizzas-frites en alternance avec tartiflette-danette, des bonbons ingurgités à l’excès, et même, des petites gastros qui seraient incidemment passées par là : la définition même de l’insouciance, c’est quand tu sais que ce n’est pas toi qui vas essuyer le vomi.

Nous sommes rentrées fin février.

Quelques jours plus tard, les premiers cas de Covid étaient annoncés à Nice. Et le 13 mars, le confinement était décrété.

La suite, tu la connais : Depuis mars, les vacances entre copines, c’est seulement par zoom dans ton salon.

Depuis, je repense à ces vacances que nous attendions un peu comme le Saint Graal, et à toutes les raisons qui auraient pu nous faire repousser ce projet. 

  • Et si on partait plutôt au printemps ? 
  • Et si on attendait que telle copine, qui n’était pas disponible, puisse venir ? 
  • Et si on mettait un peu plus d’argent de côté, pour partir plus tard, mais plus loin ?  

Nous ne savions pas, bien sûr, que la situation sanitaire remettrait radicalement en cause toutes les certitudes. Si nous n’avions pas saisi toutes les 5 cette opportunité sans attendre, qui sait quand est-ce que nous aurions pu le faire ?

Bien sûr, voir ses plans de vacances bouleversés n’est rien par rapport à devoir accoucher seule sans son conjoint, reporter son mariage, passer trois semaines en réanimation. Mais quand même :

J’en ai déduit que ce qui me faisait du bien, ne devait jamais, jamais, vraiment jamais, être remis à plus tard.

Franchement, si je n’étais pas partie, j’aurais été super vénère et je m’en serais tellement voulu de ne pas avoir pris en compte mon besoin de repos, de détente, d’ailleurs. 

La particularité de cet Avent, c’est que nous savons désormais le prix de certaines choses : partager un moment avec des amis serrés les uns contre les autres, rire ensemble très fort en postillonnant, prendre dans les bras ceux que l’on aime, manger de bisous les petites joues d’un enfant qui ne fait pas partie de ton cercle familial, prendre un verre dans un bar surpeuplé, traîner dans une petite librairie biscornue de quartier. Nous savons la valeur de l’espace, de la solitude, du calme.

Nous savons, encore plus qu’avant, combien la sérénité est un bien inestimable et vital.

Alors pour Noël, le cadeau que je te souhaite, à toi la maman qui as souvent tendance à te faire passer en dernier, ce serait de t’accorder ce petit cadeau, parfois tout bête, parfois immatériel, dont tu rêves :

  • Une journée de congés que tu prendrais non pas pour les enfants, mais juste pour toi ;
  • Une sortie avec une amie que tu vois rarement ;
  • Quelques heures à flâner dans un endroit que tu aimes, pour un interlude culturel, ou complètement futile.

Cette année, il y aura un peu moins de paires de souliers sous le sapin. Et ma foi, pourquoi ne pas en profiter pour passer moins de temps à empaqueter ou fourrer la dinde, et plus de temps à passer des moments vraiment sympas pour toi ?

Comme ça, sans délai. 

Procrastiner pour le tri des papiers ou le pliage du linge, bien sûr que tu peux le faire. Mais procrastiner pour ce qui est bon et important pour toi, non !

Tu n’as pas à te sacrifier toujours, à passer après tout le monde.

Facile à dire, tu me diras, et c’est vrai. Moi aussi parfois, je me dis que quand même, je suis gonflée de dire ça parce que je ne suis pas forcément un exemple en la matière.

MAIS ! J’ai essayé, et j’avoue que j’y prends goût. J’ai de moins en moins de scrupules à prendre du temps pour moi, à mettre des limites au nombre d’histoires lues le soir — totalement déraisonnable parfois — et au temps passé en gratouilles.

Si le coronavirus m’a apporté une vraie leçon, c’est sans doute celle-ci :

On ne sait pas de quoi demain sera fait.

C’est bête comme chou, je m’en rends compte. Tu dois te dire, « Ouais, Marie elle est bien gentille avec sa philo de comptoir, mais je suis déjà au courant, merci ». Sauf que non. On ne se rend pas tout à fait compte de ce dont on se prive, de ce que l’on rate, par peur, par timidité, par hésitation… Si je remets mes projets et mes souhaits au lendemain, indéfiniment, je risque bien de ne jamais connaître ce « plus tard, quand le bébé aura grandi / mon chéri bossera moins dur / ma belle-mère sera dispo pour garder les enfants ».

Pense à toi.

Avant tes enfants. Avant tes proches. Avant de penser à faire plaisir à tout le monde. 

Pour une fois, que le cadeau de Noël auquel tu auras le plus réfléchi, ce soit d’abord le tien.



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Cet article a été écrit par :
Marie Chetrit

Scientifique de formation et de profession mais littéraire de cœur, Marie Chetrit partage sur son blog de petits textes sur les moments rigolos ou exaspérants de sa vie familiale. Elle et son fabuleux époux ont chacun un grand d’une première union et deux petits diablotins ensemble.
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