Une amitié toxique - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Une amitié toxique

Une Fabuleuse Maman 30 janvier 2020
Partager
l'article sur


Depuis quelques années, on entend souvent parler des relations toxiques : un conjoint violent, un mari absent, un petit ami émotionnellement dépendant, un concubin manipulateur. Il y a différentes formes de relations toxiques – je n’ai pas l’intention ici de les définir – mais ce qu’elles me semblent avoir en commun c’est justement la toxicité : le fait qu’elles font du mal et non du bien, volontairement ou non. 

Nous sommes de plus en plus encouragées à sortir de ces relations, pas seulement les femmes d’ailleurs, les hommes aussi. À ne pas y rester par devoir, simplicité ou même nécessité (financière notamment). Une relation amoureuse qui nous fait du mal n’est pas une relation amoureuse qui vaut la peine d’être prolongée. 

On parle donc beaucoup de ces relations amoureuses toxiques, mais je crois qu’il existe aussi des relations amicales toxiques. Et ça on n’en parle pas tellement. Alors, parlons-en !

Une amitié, on dit généralement que c’est pour la vie.

Quoi qu’il arrive, on est là l’une pour l’autre.

Même si on ne se parle pas, ce n’est pas grave, on pense à l’autre et on est là si besoin, et quand on se revoit c’est comme si on s’était quittées hier. Les copines d’abord ! BFF, best friend forever – meilleures amies pour la vie !

Oui, ça peut arriver des amitiés comme ça, et c’est génial.

Mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois, les amitiés, même celles qui étaient très fortes un temps, peuvent en arriver à devenir des amitiés toxiques, qui nous font du mal, de manière volontaire ou non, des amitiés qu’il vaudrait mieux faire cesser. 

  • Lorsqu’on a l’impression d’être la seule personne à fournir des efforts pour se voir.
  • Lorsque l’autre va tellement mal personnellement qu’elle nous tire vers le bas.
  • Lorsqu’on a l’impression qu’on est investi de la mission de la sauver de son mal-être, ou qu’à l’inverse on espère que c’est elle qui va me sauver de mes problèmes.
  • Lorsqu’on ne se sent plus en phase, au point que c’est un dialogue de sourds (et encore les sourds ont des moyens pour communiquer mais nous, on n’arrive plus à se parler et surtout plus à s’entendre).
  • Lorsqu’après s’être vues, on se sent tellement mal qu’on a littéralement besoin de débriefer avec son conjoint ou avec d’autres amies.
  • Lorsqu’on a l’impression d’avoir déjà discuté longuement, testé de nouvelles choses, essayé de changer, mais que l’on revient toujours aux mêmes difficultés.
  • Lorsque pour l’autre « tout va bien », mais que soi-même on a juste l’impression qu’à l’inverse « rien ne va ».

Oui, ça arrive. En tout cas, ça m’est arrivé.

Peut-être pas tout ça, mais une bonne partie quand même. Et je peux vous dire que c’est dur !

  • Dur de faire le constat que cette relation, qui était si forte, si belle, qui avait tellement tout pour durer, eh bien non, elle ne dure pas, elle ne me fait plus de bien, et il est mieux pour moi que j’y mette un terme.
  • Dur de ne pas culpabiliser, de ne pas avoir l’impression d’abandonner son amie, peut-être en particulier dans un moment où elle aurait besoin de moi (mais parfois les autres ne peuvent rien faire, c’est à soi-même de sortir du trou lorsqu’on se sent prêt, et ensuite une relation sera peut-être à nouveau possible).
  • Dur aussi d’avoir l’impression que c’est moi qui crée les problèmes, qui me fais des films, et que ça pourrait être simple… si seulement j’arrivais à lâcher prise (ah, mon fameux pote le lâcher-prise!).
  • Et c’est même dur de réaliser que d’autres personnes, rencontrées depuis bien moins longtemps, sont devenues des amies plus proches. 

Oui, c’est dur de simplement dire :

« Stop, là je ne peux plus, là c’est trop pour moi, je n’ai ni l’énergie ni le temps d’investir dans cette relation qui me fait du mal »

« On choisit ses amis mais pas sa famille »

On le dit pour la famille en général, mais pour les amis, ça veut bien dire ce que ça veut dire : il y a un choix à faire.

Et j’ai choisi d’arrêter cette amitié. C’était une question de survie. Survie pour moi, mais aussi pour mon mari, pour ma famille, qui commençait à pâtir de mon mal-être. Et ce choix est peut-être encore plus nécessaire quand on devient maman : on a déjà tellement de combats à mener pour que notre vie tienne ensemble, entre la famille, le boulot, le mari, les enfants, qu’on a juste plus la force de mouliner dans le vide pour un résultat absolument pas satisfaisant.

Alors j’ai choisi, j’ai dit stop. Si vous êtes comme moi, vous avez besoin qu’on le dise :

Ce n’est pas grave !

Non, ce n’est pas grave.

Ce n’est pas un échec, c’est simplement un changement de direction, le déplacement dans un autre wagon du train, un nœud détaché et la corde attachée à un autre point qui semble plus stable, en tout cas pour un temps.

Non, ce n’est pas grave. Au contraire, c’est peut-être maintenant que quelque chose de positif pourra démarrer, tant pour moi que pour cette (ancienne) amie. Simplement, ce sera chacune de notre côté, et ce sera bien comme ça.



Partager
l'article sur


CHÈRE FABULEUSE
Le mail du matin
Les aléas de ta vie de maman te font parfois oublier la fabuleuse qui est en toi ? Inscris-toi ici pour commencer la journée avec un petit remontant spécial maman ! C’est entièrement gratuit et tu peux te désabonner à tout moment.


En savoir plus


Cet article a été écrit par :
Une Fabuleuse Maman

Nos lectrices nous envoient parfois des textes formidables que nous avons plaisir à publier ici.

> Plus d'articles du même auteur
Les articles
similaires
Elle porte des cailloux
Dans son sac à dos, dans ses poches, dans le fond de ses chaussures, elle porte des cailloux. Ils sont[...]
Mes trois reconnaissances du jour
Il y a une année environ, j’ai découvert - grâce aux Fabuleuses au foyer - la pratique de la gratitude.[...]
Un jour sur deux, je vois tout en noir
C’est simple, un jour sur deux, je vois tout en noir. J’ai l’impression d’être dans une machine à laver en[...]
Conception et réalisation : Progressif Media