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Mes parents vieillissent

Un témoignage m’a particulièrement touchée ces dernières semaines, celui d’une fabuleuse me confiant la peine de voir ses parents vieillir :

« J’étais assise à côté de mon père à regarder le cerisier. Tu sais, ça sentait le matin, la rosée et l’herbe mouillée. On était bien là, tous les deux, en silence. Tout d’un coup, un bruit de truelle s’est dégagé de la rue joyeusement. Papa était maçon, alors j’ai tout de suite réagi : « Écoute, Papa ! »

Quand il a froncé les sourcils, j’ai compris qu’il ne reconnaissait ni le bruit, ni le rythme de ce geste qui l’avait tant prolongé. Je me suis levée pour vérifier. Dans la rue, j’ai observé un homme qui maniait avec fermeté le manche en bois d’une truelle.

Ça m’a brisé le cœur.

C’est vrai que Papa devient un peu sourd, mais maintenant, c’est sa mémoire qui lui joue des tours, qui l’éloigne doucement de la réalité. Je me suis sentie pleine de tendresse envers lui et j’ai pensé que nos rôles allaient s’inverser. Il fallait désormais que je m’en occupe. Jusqu’à maintenant, comme papa était dynamique, travailleur et moderne, je n’avais pas conscience qu’il pouvait « devenir vieux ». Dans mon esprit, il était resté le parent que j’ai eu gamine : un peu éternel. Aujourd’hui, je perçois pour la première fois le poids de son âge sur ses épaules et comprends sa fatigue. »

Quelles que soient les relations entretenues avec nos parents, paisibles ou compliquées, réaliser que ces derniers puissent prendre de l’âge demande un mouvement d’acceptation, de lâcher prise et de maturité. Dans cette relation particulière, il est souvent question de place, de juste distance, de croissance et de pardonLire la suite…

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La première nuit chez Papi et Mamie

Ça pourra paraître tardif pour certaines, précoce pour d’autres : les filles avaient 9 mois quand on les a laissées dormir chez mes beaux-parents toute une nuit pour la première fois.

Pour être tout à fait honnête, je n’en ressentais pas spécialement le besoin, je l’ai surtout fait pour faire plaisir à mon Fabuleux…mais aussi pour me donner un coup de pied aux fesses et sortir de ma zone de confort (lutter contre ses peurs,  tout ça, tout ça). Une fois les filles déposées, on a filé en ville dans un pub irlandais typique et cosy, où l’on a bu et mangé gras à outrance, comme dans nos fastes années. Au final, on est rentrés à 22h et on s’est effondrés, épuisés, tels deux vieux zombies.

Évidemment, tu le vois venir gros comme une maison, je n’ai pas passé la meilleure nuit de ma vie, ni le meilleur réveil de ma vie d’ailleurs. Lire la suite…

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Soulagée, pas délivrée

Nous approchons. À l’arrière de la voiture, les enfants le sentent et s’agitent. Numérobis se fend d’un énième

« On arrive bientôt ? »

Sous les frondaisons, le petit chemin de terre apparaît bientôt et, avec lui, les vacances de mon enfance :

  • les parties de cache-cache dans la sous-pente,
  • les cabanes dans les bois,
  • les pique-nique au bord de l’étang,
  • les constructions d’écluse dans les cours d’eau,
  • les goûters avec les cousins,
  • les petits déjeuners interminables,
  • les soirées jeux de société au coin du feu.

Comme à chaque arrivée, un doux sentiment m’envahit : celui de l’appartenance et de la transmission.

Je suis heureuse que mes enfants vivent ici, eux aussi, des moments simples qui, au fil des ans, les attacheront à ce lieu emblématique de ma famille devenu son point de ralliement : la maison de famille.

Nous ouvrons la porte qui, depuis que je l’ai franchie alors que j’avais à peine quelques jours, émet toujours le même grincement sec. L’odeur qui saisit mes narines est semblable à celle qui règne ici à chaque début d’automne : celle du bois sec mêlé au parfum des pommes fraîchement cueillies.

Les garçons, eux, ont déjà filé à l’étage où ils retrouvent boîtes de Duplo et albums du Père Castor quinquagénaires.

Entre les balades dans les chemins couverts de feuilles mortes et les visites chez les cousins, le week-end file à toute allure et, bientôt, vient l’heure de la séparation.

Vacances scolaires obligent, nous laissons les garçons pour une grosse semaine à leurs Fabuleux grands-parents.

Place au ballet du départ.

Dernier câlin pour le petit comme pour le grand, dernière précision quant à la localisation du cahier de textes et des chaussons, dernier conseil de fille à mère pour gratter un quart d’heure de sommeil le matin, et nous voilà, mon Fabuleux et moi, en route vers…

….la liberté ?

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