Ce fut un gros méchant burn-out.
Il s’abattit sur moi juste au moment où j’aurais dû récolter les fruits d’un dur labeur et planta entre moi et mon homme un mur d’incompréhension.
« J’ai un grand feu d’artifice dans ma tête »,
rassurai-je mes petits inquiets. Ça leur parlait, le feu d’artifice, avec ses éclats et ses couleurs, ses sifflements impressionnants. Ils comprenaient mieux pourquoi, en dépit de tous mes efforts, leurs mots lancés vers moi n’arrivaient plus à bon port.
Ce fut un gros méchant burn-out. Ce fut un long et fastidieux parcours.
Je passai de médecins en thérapeutes, de lectures en conversations, dans lesquelles j’avais l’impression de jouer ma vie à chaque mot. Puis je me fis le cadeau de m’inscrire au Village, ce parcours sur douze mois que proposent les Fabuleuses pour redevenir une maman rayon de soleil. La douceur et la légèreté des Fabuleuses et des fées de la boîte mail égayèrent mon chemin. Chaque mois, je partageais avec des amies devenues villageoises — entraînées dans mon sillage — un brunch, des impressions sur les modules en cours, nos progrès et quelques éclats de rire. S’il y avait eu des notes et un prix de la villageoise la plus assidue, j’aurais certainement été major de promo — je jouais ma vie sur chaque mot ! J’ai tout lu, écouté, fiché des sources citées par Hélène, sous le regard tendre et amusé de mes fabuleuses amies. Elles me firent gentiment prendre conscience de la racine de mon mal : le syndrome de la bonne élève !
La maxime « fait vaut mieux que parfait » infusa petit à petit dans ma vie
et je découvris que j’avais des besoins, et même un corps pour me les indiquer. Peu à peu, ma famille adopta avec moi le fab’lifestyle et les outils du Village : musiques peps, le « vingt minutes », les coins sacrés, les carnets noircis… Avec mon Fabuleux, nous échangeâmes en couple à partir de certains des articles publiés sur le site.
Ce fut un gros méchant burn-out, mais je commençais à aller mieux, et je savais.
Je savais bien qu’au-delà de la richesse des contenus, de l’application avec laquelle je les intégrais, l’ingrédient magique que je trouvais dans le Village était la communauté que nous formions avec les autres villageoises. Une communauté qui entoure, soutient et conduit. Moi, la maman qui pensait devoir tout porter dans une immense solitude, alors que je m’apprêtais à affronter de nouveau le milieu professionnel qui m’avait tant malmenée, à l’heure d’affronter mes démons, je savais que je serais soutenue par les autres mamans en chemin avec moi.
Lors de ma première année dans le Village, je me suis relevée.
Pendant ma deuxième année, j’ai avancé — petit pas par petit pas — nourrie par la joie des rendez-vous en visio, du cadeau à ouvrir, de l’audio attentionné juste pour moi. J’étais nourrie de bienveillance au milieu de l’adversité et cheminais de semaine en semaine vers un ciel intérieur plus clair.
Ce fut un gros méchant burn-out. Pour célébrer la reconquête de mon âme et de ma vie tout entière, pour admirer le chemin parcouru et l’estompement progressif des plus lourdes séquelles, je m’offris le cadeau de me rendre à un événement hors normes organisé pour les anciennes villageoises : une journée effervescente au cirque Bormann. Un moment si intense que j’en suis rentrée survoltée, gonflée de joie de vivre ! Je l’ai vécu comme un miracle en soi.
Moi qui avais toujours été très méfiante envers les autres femmes, j’ai appris à les apprécier, à les admirer !
Mais je restais fragile.
Mes plus grands soutiens durent déménager far far away. Je sautai donc à pieds joints dans le premier envol de la Nuée, le parcours proposé aux anciennes du Village, et c’est là que je connus le changement le plus spectaculaire. Chaque matin (ne suis-je pas bonne élève ?), aux trois actions essentielles j’en ajoutais trois, six autres selon le poids d’un quotidien le plus souvent harassant. Puis le soir, péniblement, je notais une gratitude longtemps cherchée en mâchonnant mon crayon. Peu à peu, à force de répéter mes affirmations, de poser un regard distancié sur les différents domaines de ma vie, à force de persévérance, la vapeur enfin s’inversa :
trois actions essentielles le matin, pas une de plus, et rarement moins de six gratitudes chaque soir.
Ce fut un gros méchant burn-out. Et ce fut un bien long chemin, mais vivifiant aussi, entourée de vous, Fabuleuses bienveillantes, drôles et toujours douces. Un chemin qui m’a délivrée de l’écrasement du perfectionnisme tous azimuts. Ce fut une leçon de vie d’apprendre à m’en tenir au Nord sans faire de zèle, de discerner les vraies priorités et de balancer par-dessus bord tout le reste. Ce fut une leçon de courage pour oser l’imperfection heureuse. Alors la vue se dégage et ne reste plus que l’immense gratitude des mille trésors découverts alentour.
Ce fut un gros méchant burn-out. Et ce fut un sacré gros cadeau que ce chemin de guérison aux côtés des Fabuleuses.
Ce texte nous a été envoyé par Camille, une fabuleuse maman du Village et de la Nuée.
