63bis (1)

On ne m’avait pas dit…

Quand je suis tombée enceinte pour la 1ère fois, on ne m’a pas dit que les 1ères nuits à la maison seraient si difficiles qu’on comprendrait que certains parents aient envie de secouer leur enfant.

On ne m’avait pas dit que je ne comprendrais pas les pleurs de mon bébé.

On ne m’avait pas dit combien je serais fatiguée, lasse et que j’aurais tellement envie de tout bazarder.

On ne m’avait pas dit que l’amour et le soutien de mon mari ne suffiraient pas toujours pour m’encourager dans mon rôle de maman.

 

Quand je suis tombée enceinte pour la 2ème fois, on ne m’a pas dit combien grande serait ma douleur de voir mon aînée me repousser.

On a pu me dire que oui, deux enfants ça changeait tout.

Mais on ne m’a pas dit que dormir jamais plus d’une heure et demie d’affilée pendant 3 mois me mènerait à tant de difficultés.

Je ne savais pas qu’organiser ses journées et sa maison n’étaient pas inné.

Je n’avais pas compris que cela serait aussi difficile pour mon mari.

On ne m’avait pas dit que derrière ces mines heureuses de mères multipares, il y avait autant de fatigue, de souffrance, de colère parfois.

 

Je n’avais pas encore compris que derrière les encouragements et les avertissements des amies, il y avait ça : « je suis passée par là, j’ai pleuré, j’ai colère, tempéré, déprimé, je me suis sentie tellement incapable, seule, impuissante, dévorée par cette parentalité nouvelle qui ne me laissait pas d’autre choix que d’abdiquer à ma propre personne. »

Je n’ai pas compris que ce n’était pas juste les hormones qui me titillaient, et que ce n’était pas une histoire de dépression post-partum.

Je n’avais pas compris que je n’étais pas la seule à souffrir.

 

Avec la maternité, j’ai compris et appris beaucoup. J’ai surtout compris et appris que je ne savais rien, et que j’avais tout à découvrir.

Et notamment que je ne suis pas la seule à vivre une réalité loin de ce que la société voudrait que nous soyions : des mères qui gèrent (les repas, les lessives, le boulot, les loisirs persos, ceux des enfants et ceux du conjoint, le ménage, l’engagement associatif, l’alimentation saine et bio, les temps de qualité avec tous nos enfants, nos amis, notre famille, les réseaux sociaux et un blog alimenté chaque jour, des projets persos épanouissants, etc.).

 

Nous sommes des fabuleuses. Nous le faisons chaque jour. Nous n’avons pas à avoir honte de parfois en souffrir. De souvent en souffrir. D’en souffrir chaque jour peut-être.

Nous sommes des fabuleuses qui devons oser ouvrir nos bouches pour dire qu’être maman, c’est pas toujours heureux.

Nous sommes des fabuleuses qui devons oser demander de l’aide quand c’est trop dur.

 

Nous sommes des fabuleuses qui devons entourer celles qui comme moi, ne savaient pas et n’osaient pas l’assumer. Parce que je croyais qu’être fabuleuse c’est tout gérer. Alors que c’est juste accepter que rien ne sera jamais parfait.

*article écrit après avoir lu celui-là :

http://www.slate.fr/story/100251/menteuses-de-meres-en-filles

 

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  • On ne m’avait pas dit que je serais à ce point paumée, à ne pas savoir qui je suis, à quoi je sers et où je vais ! Merci Laure, c’est tellement bon de se sentir moins seule !

  • Louise

    Et voilà comment pleurer ds le rer en lisant ces quelques lignes qui font tellement de bien…merci Laure

  • Myriam

    merci c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses que l’on ne se dit pas surtout aux premières grossesses …. après on sait déjà plus même si chaque enfant est complètement différent….. un va faire ses nuits a un mois l’autre a 3 ans!!!! Avec le groupe de prières des mères nous nous portons beaucoup (on pleure on rit !!!) .. mais c’est vrai parfois c’est pas facile d’avouer que l’on est au bout du rouleau !

  • « Accepter que rien ne sera jamais parfait » tellement vrai et libérateur. Merci pour ce partage !