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Vie de famille

Mon spécimen masculin

Irène Dautrey 25 avril 2021
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Peut-être bien que mon mari est un miracle en soi. Je ne vais pas me le cacher. Je suis, disons… un peu compliquée.

  • Je veux déléguer, mais tout doit être fait à ma façon et sous ma surveillance. 
  • Je veux anticiper et organiser, mais en laissant la place à l’improvisation.
  • J’ai une propension alarmante à imaginer le futur (qui est nécessairement catastrophique et angoissant)
  • Je parviens à m’auto-convaincre que je suis nulle et que je n’ai aucun talent, voire même que mes succès sont des impostures qui finiront tôt ou tard par être démasquées.
  • Je suis de mauvaise humeur et j’en veux à tout le monde, sans parvenir à en déterminer la raison.
  • Je travaille, mais je rêve de prendre un congé parental. Ou au contraire, je suis en congé parental, mais je rêve de travailler.
  • J’admire éperdument les autres femmes qui sont tellement mieux que moi, et je suis frustrée de n’être que moi-même.

Je pourrais continuer longtemps la liste de mes contradictions.

Je pourrais également me lamenter d’être faite ainsi — et à vrai dire je m’en lamente très souvent. 

Mais heureusement, j’ai chaque jour sous les yeux un spécimen qui vaut le coup d’être observé, compris et imité : un spécimen masculin.

Mon mari. 

Bien souvent, quand mes contradictions me freinent, quand mes angoisses me paralysent, quand je ne sais plus qui je suis, ni ce que je fais, ni pourquoi je le fais, je le regarde et je l’écoute. Et c’est là qu’opère le miracle du masculin.

Car oui, l’homme est un miracle en soi, et mon mari en est évidemment l’exemple le plus abouti.

Un homme, et le mien en particulier, c’est en effet merveilleusement simple.

À tout problème, une solution.

  • Je n’ai rien à dire ? Je me tais.
  • J’ai envie de me défouler ? Je vais courir dix bornes.
  • Je suis fatigué ? Je dors.
  • J’ai faim ? Je mange.
  • Ma journée de demain s’annonce éprouvante ? Je n’y pense pas.
  • Je ne peux rien faire pour changer cette situation difficile ? J’attends que ça passe.
  • Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait ? Il ne sert donc à rien de m’en inquiéter.

Evidemment, je force le trait !

Je ne suis pas à ce point une princesse insupportable (quoique…) et mon homme n’est pas un benêt perpétuellement heureux. Mais tout de même. Il a une façon d’aborder la vie, une simplicité et une clairvoyance que je lui envie, un grand sang-froid face à l’imprévu, une bonne dose de sagesse face aux aléas et aux contrariétés, et une résilience à toute épreuve.

Mon mari prend les choses comme elles viennent et ne se pose pas de questions métaphysiques quand elles ne tournent pas rond. Il fait au mieux, puis il patiente, il en prend son parti, il fait le dos rond.

Et surtout, surtout, il vit dans le présent.

Mieux que personne, il sait appliquer ce proverbe biblique :

« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine ».

Une autre phrase, cette fois de Marc Aurèle, définit à merveille sa façon d’aborder la vie et ses aléas :

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre ».

Force, courage, sagesse. Inspirant n’est-ce pas ?

Alors, pour moi qui suis perpétuellement inquiète du lendemain, qui transforme les taupinières en montagnes, qui peine à accepter le réel tel qu’il est, vivre avec lui est riche en enseignements. Ce n’est pas toujours facile, d’ailleurs. J’aimerais parfois qu’il partage tous mes questionnements et mes inquiétudes, comme le ferait une bonne copine. Qu’il me plaigne quand ça ne va pas alors que tout me sourit.

Mais… ce n’est pas une bonne copine, qui voit comme moi toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Pour lui, les choses sont noires ou blanches, il n’y a pas lieu de « se faire des nœuds dans le cerveau » (son expression favorite pour décrire mon état d’esprit quand je suis angoissée).

Alors parfois, évidemment, ne nous leurrons pas : c’est un peu dur. 

J’aimerais une épaule douillette sur laquelle m’épancher, et je me retrouve avec un roc qui me renvoie à mes propres contradictions. Mais le plus souvent, je me rends compte que son état d’esprit est précisément ce dont j’ai besoin au fond, et que sa force, qui ne s’encombre pas de lamentations, me permet d’avancer bien plus loin que je ne l’aurais cru :

  • Il ne me plaint pas, il me secoue.
  • Il ne s’arrête pas pour m’attendre, il me pousse en avant pour que je le suive. 

Mon mari n’est pas ma meilleure amie.

Il a des « réactions de mec », il est silencieux quand je voudrais qu’il parle, il réagit vivement quand je voudrais qu’il se taise, il ne pousse pas de grands soupirs de pitié quand je pleure. Sa différence me bouscule, mais elle me fait grandir.

Son génie est un peu abrupt, et je m’y cogne parfois.

Mais il m’est indispensable, comme le mien l’est assurément pour lui. 

Cette complémentarité unique qui m’aide à devenir la meilleure version de moi-même, c’est ça le miracle : le fabuleux miracle du masculin. 



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Cet article a été écrit par :
Irène Dautrey

Mariée depuis 2013, je suis maman de trois garçons et d'une fille nés
entre 2014 et 2020. J’ai suivi avec passion un parcours littéraire et suis professeur d’histoire. Ayant commencé ma vie de maman à 21 ans, je me suis très tôt intéressée à la question du féminin et de la maternité, ce qui me conduit  à écouter et conseiller de nombreuses amies qui deviennent mamans à leur tour.

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