Mamans isolées : que penser des amitiés virtuelles ? - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Mamans isolées : que penser des amitiés virtuelles ?

Hélène Bonhomme 4 mars 2018
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J’ai fait une fausse couche il y a quelques temps. Émotions en vrac et passage de l’intégralité de mes pensées à la machine à laver. J’ai été entourée, par des gens formidables. Notamment par une amie… que n’ai jamais vue “en vrai” ! Pourtant elle a été un grand soutien pour moi, via son écoute et ses messages inspirés, à toute heure du jour et de la nuit. Cette amie, je l’ai “rencontrée” sur internet et on se “parle” sur WhatsApp. À propos des réseaux sociaux, certains parlent de dépendance, d’autres de relations dangereusement virtualisées. Pourtant, de nombreuses jeunes mamans se sentent totalement isolées…

Alors, trouver refuge sur le web : bonne ou mauvaise idée ?

Déplacer un tas de linge sale pour montrer le seul mètre carré du salon qui est en ordre, prendre un selfie de son plus beau profil, choisir le bon filtre et comme par magie, faire disparaître les taches de lait caillé de la surface du fauteuil. Vanter les réussites scolaires des enfants, glisser une adorable petite déclaration d’amour à son époux… que, par un incroyable concours de circonstances, 537 amis liront.

Des regards convulsifs sur les photos parfaites des autres, comme pour se faire du mal, comme feuilleter un magazine de jardinage lorsqu’on vit au quinzième étage d’une tour de béton.

Que génère ce flot d’informations sur nos systèmes nerveux de mamans fatiguées, gangrenées par cette fâcheuse tendance à croire que tout le monde fait mieux que nous ?

Il remet une couche de culpabilité sur notre imperfection anxieuse. Et il renforce notre profond sentiment de solitude : plus entourée, mais bien plus seule, le lien entre dépression et utilisation importante des réseaux sociaux étant lié, selon les chercheurs, à la “comparaison sociale.”

Avant de jeter le bébé avec l’eau du bain, cherchons à comprendre :

Ces amitiés virtuelles sont de véritables échanges.

Bien gérées, elles participent aussi à répondre à un besoin humain fondamental : appartenir, sortir de l’isolement, partager, échanger, demander de l’aidesi et seulement si nous osons utiliser ces réseaux virtuels de manière authentique, ouverte et que nous n’en négligeons pas pour autant notre réseau social traditionnel.

Les deux réseaux peuvent se compléter à merveille : nos amies connectées nous portent et nous encouragent à leur manière.

  • Comme cette bouteille jetée sur le web : “Il est 22 heures, le petit tousse, la nuit va être compliquée et je suis déjà à bout.” Et comme cinq réponses réconfortantes de la part d’autres mères qui peuvent comprendre.
  • Comme cet article que nous lisons en pyjama et qui nous fait pleurer parce qu’il nous rappelle que nous sommes loin d’être la seule à nous sentir submergée par le doute d’être une mauvaise mère.
  • Comme cette image stupide qui nous fait pouffer de rire pendant la sieste du petit dernier.
  • Comme cette amie que n’ai jamais rencontrée “en vrai”, et qui pourtant a été mon plus grand soutien lorsque j’ai fait une fausse couche, via son écoute et ses messages inspirés, à toute heure du jour et de la nuit. (À lire, le témoignage d’Hélène Bonhomme : Fausse couche, une toute petite vie)
  • Comme ces mots échangés, ces expériences partagées, ces idées mises en commun, qui alimentent et facilitent le quotidien.

Les réseaux sociaux ne sont pas aussi nouveaux qu’on le dit. Le besoin d’appartenir et d’être en relation sont profondément ancrés dans la nature humaine. Mais pour les familles, les temps changent.

L’époque n’est pas si ancienne, où trois ou quatre générations pouvaient vivre sous un même toit. La famille mononucléaire est devenue la norme. Même si on dénombre ainsi une baisse considérable des inextricables conflits liés aux belles-mères, le support social est étriqué. La communion, les relations, l’expertise de l’autre, l’aide et le partage sont restreints et certaines personnes, dont les jeunes mères, se retrouvent seules durant la grande majorité de leurs journées.

Certes, internet a ses absurdités. Mais reconnaissons-lui la force de rassembler les gens

Bien entendu, certains groupes de mères parfaites pourraient vous déprimer à vie à propos des coiffures ratées (voire inexistantes) de vos filles, de votre absence de talent de couturière et de l’état lamentable de votre jardin… Mais il en est de même dans la réalité !

À nous de choisir où poser notre regard et sur quelle voix porter notre attention.

Et surtout : à nous de choisir comment nous voulons utiliser notre voix, nos mots et nos photos sur ces réseaux.

  • Voulons-nous participer à la surenchère du mieux et du meilleur ?
  • Ou sommes nous prêtes à créer du lien ?
  • Osons-nous être authentiques et partager nos coups de mou, nos coins en désordre, nos photos un peu moins parfaites ? Juste parce que c’est la vraie vie ?
  • Et parce qu’être fabuleuse, c’est aussi aimer notre vie ordinaire ?

Ce texte est extrait de l’ouvrage C’est décidé, je suis fabuleuse – Petit guide de l’imperfection heureuse (Hélène Bonhomme, Première Partie, 2016)



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Cet article a été écrit par :
Hélène Bonhomme

Fondatrice du site Fabuleuses au foyer, maman de 3 enfants dont des jumeaux, Hélène Bonhomme multiplie les initiatives dédiées au bien-être des mamans : deux livres, deux spectacles, quatre formations, la communauté du Village, une chronique sur LePoint.fr et un mail qui chaque matin, encourage plusieurs dizaines de milliers de femmes. Diplômée de philosophie, elle est mariée à David et vit à Bordeaux.

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