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Fausse couche : une toute petite vie

Trop longue, la route. Trop longue, l’attente sur les bancs froids des urgences gynécologiques. Les saignements s’accentuent et je sais bien que quelque chose ne va pas. Je fais tout pour laisser mon esprit se perdre, et Youtube me propose des contenus à l’infini, et je m’engouffre dans n’importe quelle vidéo, même de chat ou d’oiseau afin de ne pas penser, ne surtout pas penser que tu pourrais me quitter.

Le médecin guide la main de l’interne, lui expliquant comment trimballer la sonde à l’intérieur de mon ventre. Mes yeux sont rivés sur l’écran.

Je ne vois rien.

Je me rassure en me souvenant d’anciennes échographies qui elles aussi ressemblaient à des Picasso.

Et ils baladent la sonde de gauche à droite et de droite à gauche, et le médecin montre à l’interne comment faire pour voir ce qu’il se passe — ou plus précisément, pour voir ce qu’il ne se passe pas, puisqu’au bout de quinze minutes, tu n’as toujours pas montré ta frimousse.

Les larmes ne coulent qu’à partir du premier feu rouge.

Le trajet retour paraît plus rapide que l’aller.

Qu’est-ce que j’ai mal fait ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas su te garder dans mon ventre ? Est-ce que c’est à cause du sport ? Est-ce que je travaille trop ?

Le pire, pendant les journées et les nuits qui suivent, c’est tout ce sang qui n’arrête pas de couler. Je bois le moins possible, afin d’espacer le plus possible mes passages aux toilettes. Je tire la chasse d’eau en fermant les yeux. Je n’en peux plus de tout ce rouge, je ne veux pas voir la mort sortir de mon corps qui était censé porter la vie…

Une banale fausse couche du premier trimestre

Il paraît que c’est comme ça que se termine 1 grossesse sur 4. Il paraît aussi que les mouches vivent 28 jours, les éléphants 60 ans. Et même que les tortues géantes des Seychelles meurent après 250 années sur Terre.

Je suis le petit prince, et toi tu es ma rose, celle qui meurt au soir.

Tu as eu une petite vie. Une toute petite vie.

Je ne te prendrai jamais dans mes bras, je ne saurai jamais si tu es un garçon ou une fille, je ne t’apprendrai pas le vélo. Je ne te présenterai pas à ton père (il aurait sorti sa guitare et il aurait inventé des chansons juste pour toi) ni à tes grands frères (ils auraient voulu te faire visiter leur trampoline dès le premier jour).

Pourquoi est-ce que c’est arrivé ? Où es-tu ? Est-ce que je penserai à toi jusqu’à la fin de ma vie ? Est-ce que je pleurerai à chaque fois ?

« Accident génétique. »

Le gynécologue m’expliquera plus tard que si j’étais restée allongée à longueur de journée, tu serais parti(e) quand même.

1 grossesse sur 4.

1 femme sur 2.

Statistiquement, j’en connais plus que je ne le pense, des fabuleuses qui sont passées par là. Je n’arrive pas à croire que tant de mères traversent cette tristesse transparente, cette souffrance sourde, ce deuil insaisissable.

Mais alors, si tant de femmes vivent une fausse couche, pourquoi j’en fais un plat ? Est-ce que j’en rajoute ? Est-ce que j’ai le droit de souffrir pour ça ?

Une amie m’annonce qu’elle est enceinte.

À quelques jours près, son terme correspond au jour où tu aurais dû naître. Je la félicite. Je parviens à contenir mes larmes pendant trois petites minutes. Elle me demande si ça va, si la nouvelle n’est pas trop difficile à avaler. Je m’effondre. J’ai honte. J’ai peur qu’elle pense que je suis jalouse. Je me réjouis vraiment pour elle. Ce n’est pas de la jalousie. Ce n’est pas une envie de pouponner. C’est un cri à l’intérieur, ce sont mes entrailles qui hurlent, et ma raison qui ne sait pas les faire taire.

Quand on parle fausse couche, les gens sont capables de dire de belles conneries. Je me mets en colère, parfois. Ma psy dit que c’est bon signe (“Les étapes du deuil, tu connais ?”, elle me dit). D’autres fois, j’étale de la morve sur l’épaule de mon homme ou d’une amie prête à dire “je sais”.

Je me suis mise à écrire, ça a donné ce texte.

J’ai hésité à le publier, et puis je me suis dit que ça me ressemblait, que ce serait ma manière à moi de valider ton existence. Ma manière à moi de lâcher prise, parce que j’ai décidé de continuer à vivre, et parce que ça commence par regarder ma souffrance en face. J’ai décidé de ne pas l’ignorer, de ne pas la taire, de ne pas faire comme si de rien n’était.

J’espère quand même que ça passera.

Peut-être qu’il y aura d’autres bébés après toi. Peut-être pas. Ce qui est certain, c’est qu’il est trop tard. Rien ne sera plus jamais pareil et personne ne pourra jamais te remplacer, toi, toi qui as eu une si petite vie. Une toute petite vie qui aura marqué la mienne au fer rouge, à tout jamais.

 

À lire également, le témoignage de Nadine Schwinn : Fausse couche : ma tristesse transparente.

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photo-ronde-heleneHélène Bonhomme est auteure, conférencière, fondatrice du site fabuleusesaufoyer.com et chroniqueuse sur lepoint.fr. Après une Khâgne, des études de philo, plusieurs années d’enseignement et plusieurs autres de rédaction web, elle devient mère au foyer. Elle commence à interviewer des femmes inspirantes et à mettre par écrit des pensées motivantes. C’est ainsi qu’ont vu le jour ce blog en mars 2014, puis en mai 2015 son livre collaboratif pour révéler la fabuleuse en chaque maman et en octobre 2016 son petit guide de l’imperfection heureuse. Elle est mariée à David le fabuleux et maman de Roman et Adelin. Sa mission : aider les mamans qui veulent sortir la tête de l’eau, prendre un peu de recul sur leur quotidien et commencer à aimer leur vie !

 

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  • delphine

    Hélène tu as su mettre en mot ce que je porte dos 14 ans
    14ans que je compte ces anniversaires
    14ans que je me demande à qui cet enfant ressemblerait
    14ans que j’ai des larmes qui coulent de souffrance
    on m’a dit tu parles ça arrive, c’est rien
    sauf que moi ça n’était pas rien,c’était mon bebe
    la vie ma envoyé 3 magnifiques enfants
    après des années de bataille pr que mon corps accepte qu un bébé se resinstalle
    et un bébé surprise de la vie.
    Hélène accepte que ce bébé soit parti te protéger de la haut et laisse la place d’un autre bébé se réinstaller au creux de ton ventre
    je t’envoie bcp de courage pr cette difficile épreuve que la vie nous fait traverser
    ❤️❤️❤️❤️❤️

  • Delphine

    Il n’y a pas de mots… en parler aide à l’accepter… à le rendre concret… un deuil est un deuil il ne faut pas avoir honte de le ressentir et ne pas comparer sa tristesse aux autres on est tous différent et personne ne peut se targuer d’avoir la vérité… ce sont des moments difficiles que seul le temps aidera à apaiser… je pense à vous…

  • Hélène

    Merci pour ce partage Hélène !
    C’est un très beau texte dans lequel je reconnais mon histoire, mon expérience de la fausse couche : la psy, l’effondrement à l’annonce de la grossesse d’une amie et dont le terme est identique à celui que j’aurais dû avoir… Mettre des mots sur cette expérience est très compliqué. Mais en parler est essentiel. C’est aussi là qu’on se rend compte que beaucoup de femmes de son entourage ont vécu l’expérience de la fausse couche. Et qu’on n’est pas seule. Les langues se délient et on se demande pourquoi « on n’en parle si peu », pourquoi cette expérience est si peu partagé, connu de tous (notamment les stat). Ça aiderait tellement de femme pourtant…
    En lisant ton histoire, des larmes me sont venues. Cela m’a ramené à mon vécu bien évidemment mais je me suis rendue compte que c’était principalement des larmes d’empathie pour ce que tu as vécu.
    Alors je te remercie Hélène pour ton texte. Il m’a permis de me conforter dans l’idée que mon deuil est bel et bien terminé.
    J’espère que toi aussi tu trouveras la paix sans pour autant oublier ce petit être qui a eu une toute petite vie. Je te souhaite d’accepter et de sourire en pensant à lui et de te dire un jour que « s’il n’est pas là, c’est qu’il ne devait pas être là ». Je te souhaite de trouver des réponses, de la force dans ta spiritualité. Je te souhaite aussi de pouvoir avancer sereinement dans une autre grossesse, si tu le désires, sans pour autant oublier cet petit être qui veille sur toi où qu’il soit.

    Je tenais aussi à te féliciter !
    Ouvrir son coeur, se mettre à nu devant autant de lecteurs demande beaucoup de courage. Alors bravo Hélène !!!
    Encore merci de partager cette expérience difficile avec nous, ainsi que toutes les autres que tu nous as envoyé et que tu nous enverras, je l’espère, encore longtemps 🙏🙏🙏

  • Pascaline Labar

    Très chère Hélène qui nous aide comme une mère ou une très bonne amie, à mieux vivre chaque jour, je t’envoie en retour toute mon affection pour traverser cette épreuve difficile.

  • Mandry Noémie

    Pas de mots, mais plein de tendresse et d’admiration face à ce partage et face à ta vulnérabilité que tu nous laisses entrevoir.❤️. Tu nous encourages tellement Hélène à être vraies 😗. Que Dieu te consoles doucement et tendrement et donne-toi le temps pour faire ce deuil, ce qui ne signifie pas que tu oublieras cet enfant qui est à présent là-haut et t’attend …

  • Aude

    Bonjour,
    Je n’ai pas connu cette souffrance, mais j’y ai souvent pensé, notamment à chaque début de grossesse et il me semble évident que ce doit être une souffrance terrible : ce bébé que vous avez perdu. Je prie le Seigneur de vous porter dans ces moments si douloureux et de vous aider à vous relever petit à petit. Aude

  • Ingrid

    Courage Hélène, je n’ai pas vécu cela mais je sais le ressenti que l’on a des que l’on apprend que l’on est enceinte. Dès les premiers instants, ce bébé on l’aime on l’imagine et on le voit déjà en train d’évoluer dans notre vie contrairement à nos hommes qui ne ressentent pas cela dès le début. Quelque soit l’âge de la grossesse c’est un réel deuil pour une maman. Courage je suis sûre que tu seras bénie à nouveau💞

  • Evelyne FRERE

    Merci pour ces mots si justes. J’ai perdu une petite fille à 5 mois de grossesse….(ah les conneries que j’ai entendu sensées être des paroles de consolation !!) Ça a été une des plus grandes douleurs… Et j’y pense régulièrement.
    Grace été paix sur toi. Evelyne Frère.

  • Sosobio

    Je comprends, je n’en ai jamais vécu…Les hommes ne comprennent pas cette souffrance…Bon courage.

  • Mathilde

    Merci de mettre des mots. J’ai perdu 2 bébés successivement au début du 2ème trimestre de grossesse. Impossible d’en parler, je n’avais en retour que des statistiques (« c’est fréquent »…etc) ou des petites phrases assassines (« c’est mieux comme ça », « tu as dû trop te fatiguer »…etc ) qui ne font que nous enfoncer.
    Nous étions très seuls à ce moment-là, et 6 ans après, je ne me suis pas encore remise.
    Bien sûr, je vais mieux, j’ai eu d’autres enfants (on a trouvé la cause à ces morts fœtales, et j’ai pu mener 4 grossesses à terme ensuite). Mais le souvenir de ces mots, de cette solitude, de ce silence autour de ma souffrance dévorante, restent très très pénibles.
    Mes 2 petits cœurs font bien partie de notre famille, les enfants les comptent spontanément… ils ont existé même si leur vie a été très courte.

    Merci Hélène. Plein de douceur et un entourage bienveillant : voilà ce que je vous souhaite pour ces semaines à venir.

  • Aline Jackson

    Bonjour,
    je suis passé par là aussi et en effet beaucoup de femme passe par ces moments douloureux… c’etait en septembre 2012, je ne pleure plus mais je reste très émue au contact de femmes qui passe par cette épreuve.. quand à y penser à certains moments oui et puis je regarde mon fils qui est né en 2013 et je me dis que si je ne l’avais pas eut, il m’aurait Manqué quelque chose. Ce qui m’a beaucoup aidé c’est d’avoir une amie précieuse qui m’a supportée et encouragée dans mes nombreuses crises de larmes!!
    Merci pour votre témoignage extrêmement touchant, et vos mots/ maux mis sur papier très représentatif de se que l’on peut ressentir,
    Toute mon amitié et ma compassion
    Aline

  • Jouls

    Tout est très vrai… Et en particulier ce que l’on peut ressentir en voyant d’autres femmes enceintes. En effet ce sont les entrailles qui crient.
    Mais c’est peut-être aussi un peu de la jalousie, et je crois qu’il n’y a pas de honte à cela : la jalousie, comme la colère, comme d’autres sentiments, c’est un signal. Le signal, en l’occurrence, d’un vrai désir, d’une vraie aspiration qui n’est pas comblée (et quel désir !). Et ça peut tout à fait cohabiter avec la joie pour l’autre.
    En tout cas, merci de nous dire qu’on a le droit : de souffrir, de pleurer aux annonces joyeuses, d’être en colère… C’est important, parce que c’est un deuil qui est si souvent minimisé et incompris…
    Merci !

  • Isabelle

    Merci Hélène,je l’ai vécu aussi et au premier trimestre.
    C’est fou comme dès que l’on sait on s’attache, on se projette ,on imagine tellement de choses avec cet enfant et on l’aime déjà !je comprend ce déchirement, ces interrogations et cette grande tristesse.
    J’en avait déjà un avant et près j’en ai eu trois autres. Mais cette histoire fait partie de l’histoire de la famille.
    Et nos enfants disent qu’en fait ils auraient pu être 5, et après ils disent, oui mais si cet enfant avait été là ça aurait été différent pour les suivants et s’ensuit toujours plein d’interrogations .
    Courage dans ce temps de guérison nécessaire.
    Isabelle

  • Virginie Mondière

    Chère Helene,
    Le matin où tu nous as écrit de ton avion pour l’Afrique du Sud, je partais a l’ hôpital pour expulser ce bébé de presque 3 mois, mort dans mon ventre, mais qui y restait…
    C’etait Il y a exactement un mois. Ce matin, en buvant mon thé, j’ai réalisé: 1 mois! Et je me suis demandé comment les prochains mois vont passer, les prochaines années.. aucune idée. J’ai déjà 2 grandes et belles filles, je suis comblée.
    Et je vais avoir 40 ans cette année: comme mon Gyneco le dit, je ne suis plus toute jeune… et ce petit 3ème a mis tellement longtemps à venir, pourquoi part-il? Est-ce que je dois dire adieu à la maternité? Je n’y arrive pas. Oui, les statistiques le disent, ça arrive souvent; oui c’est vraiment moins marquant que perdre un enfant plus grand… mais ça reste. Et je pense que cela ne passera pas. Ce petit bout de nous sera là.
    Une amie passée par là m’a dit de ne pas minimiser ce deuil et elle avait raison. On a le sentiment que cela ne se dit pas – de mon côté, j’ai été très entourée, surtout par mes amies et encore une fois, le « moi aussi » a été très aidant!
    Hélène: moi aussi

  • AnneJ

    Merci Hélène pour ce texte. Il y a un vrai travail de deuil à faire, même si le médecin te dis, mais non, ce n’est rien….
    Moi j’ai donné à un nom à ces trois bébés partis trop vite. J’ai sorti mes feutres posca pour décorer une bougie pour chacun de nos enfants, ceux sur terre et ceux au ciel et cela faisait une jolie famille! Ce geste m’a consolé, ma tristesse s’est estompée et je peux maintenant penser à eux paisiblement.
    Je t’embrasse. Je te retrouve le 17 mars en espréant que tu seras un peu remise.

  • Débora

    Je suis de tout cœur avec toi pour cette perte, car c’est un vrai deuil… Le deuil du bébé et de tout ce qu’on avait projeté de vivre avec lui. J’ai perdu aussi deux tout petits comme ça, c’est bien que tu écrive. Moi j’avais écris une lettre, avec ce que j’avais sur le cœur, mise dans une boîte avec un petit cadeau que j’avais fabriqué et je l’avais jeté dans le fleuve… ça m’a fait du bien, ça m’a permis d’avancer dans mon deuil. Je t’embrasse, laisse ton cœur et tes yeux pleurer, on en a besoin… Débora

  • Adeline

    Mes larmes coulent en lisant ton message. Je compatis. Tu n’es pas responsable de cette fausse couche. L’accepter, c’est le seul moyen pour continuer de vivre et d’être fière de la maman que tu es. Bon courage

  • Sophie

    Bonjour.
    Je comprends entre ma 1ère et mon 2ne j’ai fait 4 fausses couches ttes à 3 mois et demi…..j’en est entendu des conneries…t’en a deja 1 …C la vie….non c pas la vie m….e
    Donc j’y pense tjrs car mon 2ème à 4 ans
    Et j’ai du me faire opérer pour
    Les 3 premières. Ce qui a été dure…
    Je suis de tt coeur avec vs
    Sophie

  • Aude

    Merci pour votre message qui décrit si bien cette tristesse cachée et cette douleur invisible…J’ai connu cela il y a trois ans ( avant l’arrivée de ma troisième) et ça a été très difficile, j’y pense encore parfois … Ce n’est pas rien, il y a un vrai deuil à faire … Prenez tout le temps qu’il vous faut pour vous en remettre. Le temps aide, et puis aussi on mesure mieux la chance que l’on a d’avoir des enfants pleins de vie
    N’ayez pas peur d’en parler, ni honte de vous faire consoler. Vous avez besoin qu’on prenne soin de vous, comme vous avez pris soin de ce petit être parti trop vite…

    Bon courage, je pense bien à vous

  • Ana Ïs

    Ma douce Hélène, je n’ai réellement pas de mots qui me viennent;
    Enfin si… un seul :
    MERCI
    Merci encore une de nous partager ton cœur,
    Merci de dire à voix hautes ce que de nombreuses taisent depuis souvent de si longues années
    Merci d’avoir le courage de dire les choses, sincèrement, sans les enrober de tournure mielleuses et bienséantes.
    N’ayant jamais vécu expérience similaire je ne peux pas imaginer l’ampleur de ce que tu vis mais je me sens privilégiée que tu en parles.
    Avec toute mon affection,
    Anaïs

  • Priscille Desfeuillet

    Il y a bientôt 2 ans, notre petit s’en est allé. Nous venions de partager notre joie avec son frère et ses sœurs qui étaient tout excités à l’idée de l’accueillir, ainsi qu’avec notre famille et nos amis. Mais sa vie n’était pas celle que nous projetions. Elle n’a duré que 2 mois, cachée au creux de moi. J’ai pleuré. Longtemps. Aujourd’hui je lui parle encore. Je lui demande de m’aider à être une bonne maman, puisqu’il ne m’a pas laissé le temps de prendre soin de lui, c’est à lui maintenant de prendre soin de nous, de nous aider chacun à avancer dans la vie. Nous lui avons donné un prénom, il fait partie de la famille. Les enfants en parlent parfois c’est leur petit frère ou petite sœur que nous espérons tous retrouver un jour auprès de Dieu. Ce n’est plus aujourd’hui un souvenir triste, mais un souvenir plein d’espérance. Courage pour ce chemin douloureux, parfois long, que nous vivons chacune différemment.

  • Enimie

    Ah oui ça les fausses couches personne n’en parle mais ça arrive tellement. Chez moi j’étais la première à qui s’est arrivé entre ma mère et ma grande sœur. Heureusement j’ai été bien épaulée et écoutée par des amies et belle-soeur qui étaient passées par là… Ces petites vie on ne les oublie pas, elles sont là et elles font partie de notre histoire de mère. Jamais un papa ne pourra comprendre, seule une femme à qui s’est arrivé peut comprendre le désarrois dans lequel on est à l’annonce de ce « il n’y a rien ». Le plus difficile dans tout cela c’est souvent le corps médical qui n’est pas formé à l’empathie et n’accueil pas la douleur ou la tristesse d’une mère… On repars donc comme cela chez soi avec ce corps qui accouche malgré tout, mais d’une absence de vie… Tous les inconvénients d’un accouchement sans bébé… C’est un très dur moment à passer, mais il passe et nous permet aussi de soutenir celles à qui ça arrive par la suite. Pour vous comme pour moi (après mon premier) j’avais aussi un enfant pour me rappeler que tt fonctionne. Mais ma première fausse couche qd je n’avais pas d’enfant a été la pire, on s’inquiète on se rejouit et qqs jours après tout est fini. Passer du rire aux larmes c’est épuisant et on se sent vidé. Courage, ça cicatrise, on peut donner un nom a cet enfant (un nom mixte par exemple) et lui parler pour guérir petit à petit… BISES A TTES LES SUPER MUMS

  • Claire

    Oh oui c’est dur
    Nous avons perdu un enfant
    Nous l’avons nommé, nous en parlons ensemble et avec les enfants régulièrement.
    Il grandit ailleurs mais il est la, il fait parti de notre famille.

  • Juliette Lesueur

    C est arrivé il y a 14 ans aussi. J ai décidé que c était une fille, Camille. Je lui ai écris une lettre, mon ainée lui a fais un dessin. J ai trouvé une poupée qui symbolisait ce bébé, je lui ai fais une boîte dans laquelle je l ai mise, au chaud, avec ma lettre, mes larmes et le dessin de sa soeur. J ai enterré le tout, dans mo. Jardin, de mes mains… et ça m a soulagé. Camille fait partie de notre famille. Je la prie parfois. Je lui envoie de l amour. Elle a son prénom dans les petits papiers de la « prière des mères « . Et avec le temps, en ne l oubliant pas, ça va. J ai eu 2 autres filles merveilleuses après. Ça a dû aider.
    Par contre c est pour mon mari que ça a été plus difficile sur le long terme. Car les hommes parlent encore moins de leur douleur que les femmes. Prends soin de ton fabuleux, son coeur doit saigner et pleurer comme le tien.

  • Virginie Mondière

    Chère Helene,
    Le matin où tu nous as écrit de ton avion pour l’Afrique du Sud, je partais a l’ hôpital pour expulser ce bébé de presque 3 mois, mort dans mon ventre, mais qui y restait…
    C’etait Il y a exactement un mois. Ce matin, en buvant mon thé, j’ai réalisé: 1 mois! Et je me suis demandé comment les prochains mois vont passer, les prochaines années.. aucune idée. J’ai déjà 2 grandes et belles filles, je suis comblée.
    Et je vais avoir 40 ans cette année: comme mon Gyneco le dit, je ne suis plus toute jeune… et ce petit 3ème a mis tellement longtemps à venir, pourquoi part-il? Est-ce que je dois dire adieu à la maternité? Je n’y arrive pas. Oui, les statistiques le disent, ça arrive souvent; oui c’est vraiment moins marquant que perdre un enfant plus grand… mais ça reste. Et je pense que cela ne passera pas. Ce petit bout de nous sera là.
    Une amie passée par là m’a dit de ne pas minimiser ce deuil et elle avait raison. On a le sentiment que cela ne se dit pas – de mon côté, j’ai été très entourée, surtout par mes amies et encore une fois, le « moi aussi » a été très aidant!
    Hélène: moi aussi

  • Audrey-Elise

    Merci pour ton texte qui me parle en tous points… rude jour de fête içi puisque sa mini vie s’est arrêtée le jour où on recevait et fêtait Noël en famille. Et puis ce silence alors qu’on n’est que souffrance physique et psychique ! Dur ! Heureusement je ne suis pas seule car Dieu est près de moi dans les bons et les mauvais moments. Pourtant je le sais à la date du terme cela sera dur.
    Merci !

  • Laurence Murez-Dejean

    Merci Hélène pour ta transparence. Moi aussi cela m’est arrivé deux fois dans le passé. La première fois avant la fin du 3e mois et la 2e fois plus tôt. J’ai bientôt 55 ans, toujours jeune et en forme ! La 1e fois j »ai été toute perdue après. La 2e, cela m’a moins marquée. Quand je réfléchis et me dis que j’aurais eu 2 enfants de plus, cela me paraît étrange mais je m’interdis de laisser mes pensées et conjectures s ‘installer et créer de la souffrance. Je pense que le plus bizarre sera quand je ferai leur connaissance là-haut parce que je crois qu’ils ont été accueillis dans le coeur du Père. Et ça console. Merci encore pour ton témoignage qui, j’en suis sûre, a fait du bien à d’autres mamans. Bon courage et sois consolée à ton tour. Mesdames, aidez le papa, votre conjoint, à surmonter sa douleur et son incompréhension de ce qui s’est passé, car généralement il cache son ressenti pour vous soutenir. Resserrez les rangs ! Vous n’étes pas seuls. Bisous.

  • Annie B

    Chère Hélène, j’ai vécu la même chose il y a un certain nombre d’années avant d’avoir ma 2ème fille. Je vous dis juste ce qui m’a aidé : c’est en premier lieu de me dire que c’était peut être plus facile dans cette période des 3 premiers mois car on sait que c’est une période délicate et que par rapport à des femmes qui ont des fausses couches à 7 ou 8 mois finalement j’avais peut être de la chance que cela arrive avant. En 2 ème point, je me suis dis que finalement c’est un phénomène naturel du corps face à un embryon qui aurait peut être eu une malformation non viable donc c’est une chance pour lui. Et en dernier lieu j’avais la grande chance d’avoir déjà une fille aînée. Cela dit cela ne nous empêche pas d’être malheureuse quand même, mais je me répétais les points ci dessus et cela m’a aidé à surmonter. Bon courage. Bises

  • Marilyne

    Bonsoir,
    Comme tes mots m émue, tout d abord l envie de vous dire que hurler sa colère, avoir ces questions sont légitimes. Moi après plus de 4 années à chercher à avoir un deuxième petit bonheur ça y est…sauf que c est une grossesse extra utérine et que je fais une hémorragie interne, à mon réveil plus de lueur d espoir pour une nouvelle petite vie, plus de trompe à droite bref un sentiment d injustice, des larmes et encore des larmes puis après plusieurs mois et pas plusieurs années la joie de nouveau et l espoir et aujourd’hui un merveilleux petit garçon. Ça a été une période marquante de notre vie à moi et à mon amoureux ça ne s oublié pas ça reste pour la vie…

  • Marie Verdier

    Hélène, moi aussi ça m’est arrivé avant mon Premier enfants. Je compatis, après le choc de l’annonce (l’écran de l’échographe où il ne se passe « rien »), la culpabilité (pas de n’avoir pu le garder pour moi car mon gyneco a su trouver les mots pour me déculpabiliser) de l’avoir dit trop tôt, la maladresse de l’entourage qui pensant bien faire minimise (« oh, c’était tout petit », « tu n’auras pas ton gros bidou en été, tu seras mieux, vous pourrez partir en vacances » etc…). Le fait de « désannoncer » la venue de ce petit bébé qu’on ne connaîtra jamais, de passer devant la chaise haute dans le grenier qu’on avait déjà acheté. Bref, je l’ai perdu 15jours après l’annonce dans des douleurs atroces. Mais ce qui m’a vraiment aidé, c’est le soutien de mon mari il se faisait discret mais il était là, cette épreuve comme toutes les autres nous a rapproché. Ma famille a été présente mais les plus beaux soutiens que j’ai reçu sont celui de mon frère et de ma tante (qui n’ont pas d’enfants), et une cousine qui a vécu la même chose que moi, au même moment. 1an après cette terrible annonce, j’étais à la maternité, Rémi dormait paisiblement dans son petit berceau de plexiglas. Nous avons planté une plante dans le jardin, tous ensembles, les enfants ont posé délicatement une pomme de pin à ses côtés, tous les ans il se pare de magnifiques fleurs blanches. Bien sûr qu’on ne l’oubliera jamais ce petit être mais après 12ans nous n’y pensons plus avec la même douleur et nous sommes heureux entourés de nos deux adorables garçons. Je te souhaite plein de courage et prends soin de toi.

  • Nina Rambinintsoa

    Hélène, les mots me manqueraient surement pour te remonter le moral. Je sais que tu es courageuse et la pro des fabuleuses pour pouvoir continuer et aller de l’avant. Puisse Dieu te consoler. Je te dédie ces versets de la Bible que j’affectionne particulièrement et qui me boostent dans mes moments d’angoisse. Philippiens 4:6, Jérémie 29:11. Nina

  • Ness

    Bonjour Hélène,
    j’ai moi aussi longtemps hésité avant de te parler, et pourtant tes messages tout les jours dans ma boîte mail me font du bien et m’aident à avancer dans ma vie de maman au foyer. Je trouve que tu as eu raison de publier cet article car beaucoup de femmes passent par cette épreuve, moi la première début 2015, depuis j’ai eu un petit Piou et je suis actuellement enceinte de mon deuxième; quand on passe par là, on nous dit qu’il ne faut pas en parler, que c’est tabou, que j’avais annoncé ma grossesse trop tôt et que du coup, tout le monde le sait maintenant et… et alors, au moins, j’ai eu de vraies amies qui m’ont consolée car j’ai pu en parler, me confier pendant des heures et cela m’a fait remonter la pente, moi qui aie souvent des hauts et des bas…mais ça c’est une autre histoire. Je trouve que ton texte me parle et à l’époque ça m’aurait bien aidé aussi, car ça montre que nous ne sommes pas seules à vivre cette épreuve. J’espère avoir utilisé les bons mots, car je suis souvent maladroite; mais en tout cas je voulais depuis longtemps te dire merci de nous aider au quotidien, nous les fabuleuses!

  • Gwen

    Hélène,
    J’ai également perdu notre premier enfant à cause dune horrible banale fausse couche du 1er trimestre. Je suis tombée enceinte rapidement, tellement rapidement que je n’y croyais pas. Et puis il y a eu ce sang et ses urgences, et l nouvelle. Son si petit cœur ne battait plus. La vie avait quitté ce si petit corps et mon ventre. Et puis ce petit corps ne quittait pas mon ventre comme si mon corps voulait encore serrer ce petit corps sans vie. Après deux tentatives d’expulsion médicamenteuses traumatisantes, j’ai du me faire opérer. Je me suis réveillée complètement vide. A côté de moi dans la sa »e de réveil se trouvait une maman qui allaitait son nouveau né. La vie côtoyait la mort dans cette lugubre salle de réveil. Et puis j’ai pleurer à n’en plus pouvoir. Je me suis demandée à quoi bon servait de vivre si ce corps ne pouvait pas accueillir la vie. J’ai voulu faire du mal à mon corps sans jamais passer à l’action enfin j’ai pris 5kg en 3 mois. Et puis on est parti en vacances et j’ai compris que ce bébé n’était pas dans mon ventre, pas avec nous mais que j’avais un vrai DEUIL à faire. Même si pour les autres ce deuil n’existait pas je devait le faire. J’ai passé du temps en vacances, allongée, les mains sur mon ventre à parlé à mon enfant. En lui disant qu’il faisait parti de ma vie, qu’il était inscrit dans mon corps mon cœur et mon esprit. Que j’avais besoin que son âme quitte mon corps pour laisser une place à un autre enfant, que je comptais sur lui pour veiller sur moi sur nous, sur ces petits frères ou petites sœurs.
    On est rentrés de vacances jetais enceinte. J’étais entre le bonheur absolu et l’angoisse terrifiante. J’ai eu tellement peur de comparer cette grossesse avec la précédente et puis j’ai appris que j’étais enceinte de jumelles. Comme si la vie avait essayé de compenser la perte d’un enfant en m’en apportant deux d’un coup. Cette grossesse n’avait plus rien à voir avec la dernière. J’ai vécu pleinement les 6mois et demis de ma grossesse. J’ai vécu après le combat de la prématurité et aujourd’hui à bientôt 2 ans elles sont dans une forme olympique et me pompe toute mon énergie pour mon plus grand bonheur. La. Vie est pleine de moments inatendus qu’il faut apprendre à apprivoiser. Je pense fort à toi et j’espère que tu arriveras à faire ton deuil petite fabuleuse coeuraveclesdoigts