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Ma vie Instagram

Parfois, quand je regarde les albums photos de mes relations FBInstaTwitt, je le confesse : je suis un peu jalouse.

Je feuillette avec envie des horizons nouveaux, des chemins inconnus, des calanques et des fjords, des cieux nuageux ou des soleils insolents. Et aussi des orteils sur la plage, beaucoup d’orteils. De beaux sourires et des visages heureux, avec des enfants qui courent, patauds comme des petits chiens (enfin on ne les voit pas courir car ce sont des photos, hein ; mais j’imagine qu’ils courent comme ça). Et assise devant mon ordinateur un peu vétuste, à côté d’une pile de papiers inutiles (les papiers) et instable (la pile), un fond de Nespresso tiédasse dans mon mug Monoprix, hé bien oui, je l’avoue :

Je vous envie, mes amis.

Parfois même, je cherche la faille. Je me dis : « Mais cette photo est trop parfaite pour être vraie. Sûrement, ils ont dû casser les pieds des enfants pour la réussir, ils les ont engueulés pour qu’ils se tiennent sages, les ont mitraillés 20 fois. D’ailleurs il n’a pas l’air un peu crispé le petit à droite, là ? Non, c’est peut-être juste le soleil dans les yeux. »

Quelques fois, j’imagine que je pourrais, moi aussi – car il n’y a pas de raison après tout – me lancer dans l’instagrammation de ma vie : vous montrer de jolis moules remplis de gâteaux appétissants, avec moi dans un beau tablier bien propre, un fouet à la main et l’air réjoui ; mais je n’ai pas de tablier et ça ficherait tout en l’air. Et puis je n’ai pas la patience de faire souvent de beaux gâteaux. Ni celle de prendre de belles photos, d’ailleurs.

Peut-être que ma science des belles piles de linge (car oui, je suis assez forte en pliage et le linge est mon pain quotidien) pourrait générer un résultat graphiquement intéressant, avec l’éclairage adéquat. Toutes ces serviettes de toilettes, tous ces petits bodies rangés comme de bons petits soldats sur les étagères, c’est plutôt satisfaisant à contempler.

Tant que j’en suis à déballer mes petits secrets honteux, j’avouerai de plus que je ne pars pas souvent dans des endroits exotiques, because de multiples raisons familio-pratico-frico-organisationnelles. Ca viendra sûrement, quand il y aura moins de couches, moins de bibs, moins de siestes.

Mais ce qui est absolument certain, c’est que quand j’ai besoin de m’évader, de voir le soleil en novembre, une belle mer chaude en février et des bougainvillées en fleurs quand il fait 2°C, je retourne sur vos albums photos, je me ressource dans vos paysages, avec vous tout(es) plat(e)s à côté de moi, et je vous remercie de tous ces beaux voyages que je fais avec vous en secret, à votre insu.

profil-marieG-chroniqueuse

Marie et son fabuleux époux ont chacun un grand d’une première union (une fille pour elle, un garçon pour lui) et deux petits diablotins ensemble. Ils tentent de gérer au mieux cette jolie famille recomposée, dans la joie et la bonne humeur (le plus souvent), dans les cris et les engueulades (parfois). Marie amorce le virage de la quarantaine comme une vraie remise en question personnelle et professionnelle. Scientifique de formation et de profession mais littéraire de cœur, elle partage sur son blog de petits textes sur les moments rigolos ou exaspérants de sa vie familiale. http://petitsruisseauxgrandesrivieres.wordpress.com

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  • Myriam

    merci c’est vrai que lorsque je suis bloquée avec un enfant dans les bras ça me fait du bien aussi de regarder les jolies photos sur Instagram