Nous sommes en vacances, mon Fabuleux, nos 3 garçons et moi. Je veux faire une belle photo de famille, tous ensemble au bord de la piscine.
Mais ce n’est pas le bon moment pour mon dernier car il vient de se faire un bobo. Pas non plus pour mon deuxième qui a froid, et encore moins pour mon préado qui est dans sa phase « je ne veux pas être pris en photo, encore moins en famille ». Quant à mon Fabuleux fatigué, il souhaite juste profiter tranquillement de son transat.
J’essaie de motiver les troupes.
C’est le bon moment : le soleil est bien placé, il n’y a personne dans la piscine et un gentil passant est disponible pour nous prendre en photo : c’est maintenant ou jamais !
Je presse donc tout le monde. En commençant par « la carotte », je promets une glace à mes enfants s’ils viennent tout de suite. La récompense n’en vaut pas la peine selon eux. Je poursuis donc avec « le bâton », en menaçant maintenant de punition s’ils n’obtempèrent pas. Sans aucune originalité, je menace donc qu’il n’y aura « plus jamais de glace » de toute leur vie. (C’est fou comme, sous le coup de la colère, notre cerveau rationnel est aux abonnés absents).
Ça ne fonctionne pas mieux.
Je gaspille ma salive… et finis par libérer le photographe bénévole tout en pestant sur la terre entière : « jamais personne ne m’aide à avoir une photo de famille potable ».
Je retourne sur mon transat, espérant m’isoler de tous avec ma revue (des Fabuleuses — véridique). Je suis bien sûr en train de râler, ce qui est d’autant plus ironique que je relève actuellement le défi « J’arrête de râler », suite à la formation Nuée du même nom.
Besoin de beauté
Je me rappelle alors que dans ce défi avec Christine Lewicki, l’idée est de venir regarder nos besoins cachés derrière nos râleries. Je m’arrête donc pour un mini « scan introspectif ». J’y observe que, par rapport à cette photo de famille, j’ai besoin de beauté. L’endroit pour la photo est parfait selon moi, l’heure d’ensoleillement aussi. J’ai envie d’une belle photo, tout simplement.
Besoin d’idéal
Je remarque également un besoin, un peu plus gênant ou honteux à mes yeux, d’avoir une image un peu idéale de notre famille à partager sur les réseaux sociaux ou à envoyer sur nos groupes Whatsapp familiaux.
(Alors que depuis le début de nos vacances, mon Fabuleux et moi essayons de survivre :
- aux tensions fratricides non stop entre nos 3 garçons,
- à la canicule (mon corps, au-delà de 35 degrés, est en black-out. Ma patience aussi)
- aux autres aléas : gastro, pipi au lit etc.)
Besoin d’être ensemble
Dans la recherche de mes besoins cachés, je découvre aussi un besoin d’être à 5. Ce qui n’est pas évident depuis le début de ces vacances car nous sommes en camping avec une autre famille d’amis et beaucoup d’activités en groupe.
Besoin d’arrêter le temps
Enfin, je ressens le besoin de fixer des moments par des images. Comme si je voulais figer les bons souvenirs malgré tout. Comme si je prenais conscience que le temps des vacances, de l’enfance, filent à toute vitesse.
Mais finalement, entre le souvenir figé, alors qu’on se sera disputé comme des chiffonniers les 10 minutes avant la fameuse photo, et le fait de vivre le moment, est-ce que je ne ferai pas mieux de juste plonger dans la piscine avec mes enfants ?
Et si j’arrêtais de chercher à tout prix la photo parfaite ?
Quand un moment spécial survient, nous avons l’habitude de dégainer nos smartphones à tout moment. Et pourtant, il arrive parfois qu’aucun appareil photo ne soit disponible…
« Vite maman, une photo », réclament mes enfants. Quand je n’ai pas d’appareil sous la main, je leur réponds : « Ce sera la photo du cœur, mes chéris ». Et j’associe le geste à la parole, juste devant ma poitrine.
Ce moment, notre tête va peut-être l’oublier mais il va laisser une marque indélébile à un autre niveau.
Une marque d’affection, de bien-être ensemble. Cette marque est peut-être inconsciente au niveau cortical mais tout aussi importante. En rappelant qu’il y a d’autres cerveaux que notre cortex préfrontal, le cerveau limbique, par exemple, qui se souvient, lui, des émotions.
Chère Fabuleuse, je te souhaite donc de réaliser plein de « photos du cœur » pendant tes vacances… et tout au long de l’année scolaire !
Ce texte nous a été proposé par Marie Tempels, fabuleuse maman & psychologue, passionnée par les émotions, la santé mentale et la pleine conscience. Tu peux la retrouver sur Facebook et Instagram.





