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Je me défoule et j’assume

Mon activité anti-pétage de plombs : le dézingage de palettes

Chacune a sa technique…

Certaines se jetteront sur une tablette de chocolat aux éclats de caramel, une autre s’enfilera des séries sur Netflix jusqu’à épuisement, celle-là ira courir au point de rencontrer Forrest Gump sur son chemin.

Bref, chacune a besoin de son exutoire pour s’extraire de temps en temps de ce quotidien pas toujours facile à porter.

Des enfants qui crient, un mari à milles lieues de nos préoccupations du moment, ou pas encore rentré, ou même absent. Un boulot pénible, une maison ressemblant à une partie de Monopoly entre mes deux garçons qui aurait dégénéré…

Bref, la maternité c’est sympa mais après 21h, j’aimerais être sur répondeur. Alors moi comme anti-dépresseur, je dézingue des palettes.

De la bonne grosse palette pleine de clous, ça, Madame !

Le mieux, c’est quand j’y vais le matin.

Monsieur Merlin est mon fournisseur officiel. J’embarque mon marteau, ma scie, mon pied de biche 2.0 reçu pour mes 40 ans (mon homme pouvait difficilement me faire plus plaisir) et je m’en vais dézinguer de la palette.

Je les vois, ces gars me regardant avec amusement dans les rayons. Ils arrivent avec leurs gros bras et leur remorque qu’ils remplissent en un clin d’oeil. Moi, je charge comme je peux ma Twingo déjà encombrée de sièges auto, d’une poussette, d’un morceau de banane écrasée et d’un vieux bout de pain rassis laissé là par mes chers enfants.

Je m’enfonce derrière le volant priant tous les saints du Ciel que les gendarmes ne feront pas leur ronde dans les parages, parce que niveau sécurité, c’est bon, j’ai coché toutes les cases de l’inconscience routière avec mes planches à clous prêtes à me trouer la peau à chaque virage.

Mais rien que ça, ça me met le sourire.

Je pense déjà à ce moment sympa, où rentrée chez moi, je retirerai un à un les clous plantés dans chacune des planches, où je vais user du pied de biche et de la scie sauteuse. Ah oui, ma bonne dame, je n’ai jamais été attirée par le tricot ou la danse classique, mais le maniement de la perceuse et de la ponceuse ne me font pas peur !

Je tape, je décloue, je scie… mais quelle satisfaction !

  • Hop, un coup de marteau sur mes nombreuses frustrations.
  • Zou, un clou qui saute, comme une contrariété qui me pèse.
  • Hop, un autre coup sur cette engueulade avec mon fiston qui trouve vraiment que je suis la pire mère au monde.
  • Et toc ! Encore un clou de parti avec cette critique de mon homme qui me ronge.
  • Paf ! Et là, c’est ma colère que j’aplatis !
  • Pouf ! Je l’écrase, cette petite voix qui me susurre que je ne gère pas grand chose en matière d’éducation.

Aïe! Pu*** ! Oui, ça c’est le coup de marteau qui a raté sa cible et est venu s’écraser sur mon doigt…

Ce sport me fait un bien fou…

…me redonne la banane pour la journée, permet aussi que je me défoule sur des morceaux de bois plutôt que sur mes enfants. Même mon grand y a pris goût. Il adore lui aussi dézinguer de la palette, surtout quand je le sens un peu à cran. Il peut taper comme un fou sur les clous et éprouve une immense joie quand il a tout démonté.

Eh oui, il faut se rendre à l’évidence : l’effort physique, plus il est intense, plus il me fait du bien.

– Oui, mais pourquoi n’as-tu pas choisi la course à pieds dans ce cas !?

– Eh bien, tout simplement parce que démonter pour remonter m’apaise.

– On est d’accord, c’est bien sympa de défaire toutes ces palettes mais j’en fais quoi, moi, après, de tous ces tas de bois qui s’entassent chez moi ?

– Eh bien, je reconstruis, petit-à-petit. Je répare ces petites blessures qui m’ont fait mal, avec patience et bienveillance. Et mes palettes de bords de route deviennent des sièges, des tables. Je bricole, je bidouille, je revis. Immense satisfaction que de récupérer pour créer. Je me soigne grâce à la thérapie de la palette.

Alors, si vous entendez taper et grincer du côté de chez moi, sachez que je m’octroie une séance psy en solo avec mes planches à clous. Et qu’ici une heure ou deux, vous pourrez venir me voir :

Ça ira mieux !

Tu ne peux pas dézinguer de la palette ? Pas grave, inscris-toi juste ici pour recevoir une grande bouffée d’air frais chaque matin pour aborder la journée qui commence avec un maximum de pêche :

 

profil-elvine-chroniqueuseElvine, tout juste quarantenaire, est mariée depuis 13 ans et est l’heureuse maman de deux pirates et d’une princesse des mers. Diplômée de l’école Emile Cohl de Lyon elle s’est spécialisée dans l’illustration (édition, presse…)
Née avec un crayon dans la main, Elvine croque la vie – dans tous les sens du termes – à pleines dents, et quand elle ne dessine pas, elle peint, récupère, bidouille et bricole avec ce qui lui tombe sous la main. Un petit aperçu par-là : elvine.ultra-book.com
En même temps que l’arrivée de son premier pirate, naît le blog MDR, « Maman Dessine et Rigole » où Elvine met en BD les frasques de ses enfants. Un bon moyen pour elle d’exorciser ses peurs et ses pétages de câble devant la douce folie de la maternité. Alors, si Elvine ne dessine pas, c’est que, soit elle court après MisterTwo qui a tapé MisterOne avec la brouette de MissOne, soit elle s’est endormie dans le trampoline au fond du jardin, et on ne lui en voudra pas.

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