Éloge de la patience - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Éloge de la patience

Hélène Bonhomme 23 octobre 2026
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Dans son Traité de la patience, Zénon de Vérone a écrit au IVème siècle : 

« Bien que soient nombreuses les vertus par lesquelles nous tentons d’obtenir une vie heureuse, elles entrent toutes, pour ainsi dire, dans le port de la patience. »

1700 ans plus tard, ses mots sont effroyablement appropriés.

Nous sommes la société la plus impatiente ayant jamais existé. Tout doit aller à la facilité, à la rapidité. Les quelques secondes d’attente pour charger un site internet paraissent toujours trop longues. Sur la route, nos rapidités de déplacement ne nous suffisent jamais. Au supermarché, nous nous efforçons de choisir la caisse la plus rapide, comme si notre vie en dépendait. 

Comme l’explique Ludovic Frère, l’impatience est un désir de maîtrise, une réaction égocentrique :

c’est mon temps, il m’appartient, je le contrôle à 100% et tout le monde devrait agir à mon rythme.

L’impatience, c’est aussi la difficulté de supporter les autres,

qui n’ont pas le même sens de l’urgence que moi (surtout quand c’est l’heure de l’école et qu’ils n’ont toujours pas trouvé leurs chaussures). On s’impatiente tellement de ce qui ne va pas chez nos enfants, notre conjoint ou nos collègues, qu’on en oublie qu’eux doivent faire preuve d’énormément de patience envers nous et nos propres défauts !

Et puis, il y a l’impatience qui nous gagne quand le présent est trop difficile à porter :

quand on attend des résultats médicaux angoissants, quand un plan social est annoncé, quand il faut traverser un deuil, quand [complète ici avec ta difficulté actuelle]. En comparaison de ces drames, l’attente impatiente à la caisse du supermarché nous paraît bien futile… 

Ma chère Fabuleuse, je ne connais pas la situation qui te fait perdre patience. Mais je voudrais simplement t’inviter à faire un tour avec moi au bassin d’Arcachon pour… faire l’huître. 


Cette situation qui te pèse, ne cherche pas à la résoudre pour l’instant.

Imagine-la simplement comme un petit grain de sable. Comme nous le rappelle Ludovic Frère dans son Éloge spirituel de la patience, un grain de sable, c’est minuscule. Mais ça irrite et on n’a qu’une envie : s’en débarrasser.

Mais lorsqu’un grain de sable vient se loger entre la coquille et le manteau d’une huître, elle n’a pas le pouvoir de s’en débarrasser. Alors, peu à peu, elle le recouvre de calcium. Une couche après l’autre. Et avec le temps, ce petit grain de sable devient…

… une perle.

La patience ne fait pas disparaître le grain de sable : elle le transforme. Et toi aussi chère Fabuleuse, elle te transforme. Parce qu’à force de patience, tu apprends à moins t’irriter. À mieux aimer. À espérer malgré tout.

La patience devient alors bien davantage que le temps nécessaire à la formation de la perle.

La patience est elle-même la perle. Cette perle de grand prix dont parlait Zénon de Vérone lorsqu’il disait que la patience est la mère de toutes les vertus… 

Alors, ce grain de sable : comment pourrais-tu le recouvrir de patience aujourd’hui ?



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Cet article a été écrit par :
Hélène Bonhomme

Fondatrice du site Fabuleuses au foyer, maman de 4 enfants dont des jumeaux, Hélène Bonhomme multiplie les initiatives dédiées au bien-être des mamans : deux livres, deux spectacles, quatre formations, la communauté du Village, une chronique sur LePoint.fr et un mail qui chaque matin, encourage plusieurs dizaines de milliers de femmes. Diplômée de philosophie, elle est mariée à David et vit à Bordeaux.

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