Quelle image avez-vous de votre corps ?
Les femmes que j’accompagne évoquent en premier lieu les douleurs physiques dont elles souffrent au quotidien, puis la fatigue qui les habite chaque jour, et souvent une forme de disgrâce :
« Mon ventre est devenu flasque, mes seins ont été abîmés par les allaitements, mes jambes se sont alourdies, je n’aime plus mes cheveux… »
J’aime alors leur demander : comment qualifieriez-vous globalement votre corps ?
Est-il votre ami, votre ennemi, votre esclave ?
Comment êtes-vous en relation avec lui ?
En 10 ans, j’ai vécu plus de 300 séances avec des femmes. Voici les réponses qui reviennent le plus souvent :
Mon corps est :
mon serviteur
mon boulet
mon outil
mon étranger
mon partenaire
une enveloppe
un lieu de passage
un lieu de combat
Ce que je demande à mon corps :
Tais-toi.
Tiens bon.
Sois beau.
Sois fort.
Sois invisible.
Sois parfait.
Sois utile.
Ne me lâche pas.
Ce que mon corps me répond :
J’ai mal.
Je saigne.
Je tremble.
J’étouffe.
Je craque.
Ce que j’aimerais vous dire, aujourd’hui, à vous qui me lisez, à vous qui vous reconnaissez peut-être dans ce rapport à votre corps, c’est que votre corps n’est ni un serviteur, ni un ennemi, ni même un partenaire de vie.
Votre corps, c’est vous.
Votre corps n’est pas “à vous” : il est vous, vous êtes lui.
Il n’est pas une enveloppe : il est un monde sensible rempli de vie, de la même sève que celle qui court dans les fleurs et dans les arbres.
Il n’est pas “pour vous servir” : il est votre histoire et votre façon d’être au monde, il parle de vous à tout instant.
Il n’est pas “à contrôler” : il est à entendre, à honorer comme l’intelligence suprême de l’équilibre qu’il est — lui, cet expert de l’homéostasie pour votre survie.
Et si vous changiez de regard sur votre corps ?
Si vous le voyiez à la fois comme un réservoir de panneaux de circulation vous indiquant que vous faites fausse route, ou comme une caverne d’Ali Baba de ce qui, au contraire, vous rend vivante ? Qu’est-ce que ça changerait pour vous ?





