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Ce n’est pas censé être facile

Une journée qui commence mal.

Il suffit de peu de choses : ta progéniture qui s’introduit dans ton lit sans te demander ton avis, réclamant son petit déj’ à la dure : par des cris stridents et en prenant ton matelas pour un trampoline. Monsieur est énervé parce qu’il ne trouve pas les clés de la voiture. Finalement, il met la main dessus… au fond de ton sac à main : il en profite évidemment pour te le reprocher juste avant de foncer au travail en claquant la porte.

Les enfants jouent tranquillement. Tu en profites pour prendre une douche, mais le bruit de l’eau leur rappelle que finalement, leur jeu n’est pas si intéressant que ça — ton unique moment de détente de la journée se transforme en scène de film d’horreur, parce qu’ils tambourinent à la porte de la salle de bains et que ce bruit te tape sur le système comme quand l’alarme du voisin se déclenche et que tu ne peux rien faire d’autre qu’attendre qu’il veuille bien la désactiver.

Bref, une journée qui commence mal.

Et souvent, pour une raison ou une autre, ces journées-là se transforment en journées bien pourries.

Un peu comme hier : nous avons passé 5 heures aux urgences en famille — le crâne de l’un de mes fils pissait le sang. Et comme toutes les sorties aux urgences, ce n’était évidemment pas le moment, car mon mari et moi, nous avions bien d’autres sujets largement assez préoccupants à gérer.

Et si c’était ça, une journée normale ? 

Et si la frustration venait non pas des obstacles en eux-mêmes, mais de notre résistance aux obstacles ? Et si la souffrance naissait non pas dans le problème en lui-même, mais dans cette sensation — profondément ancrée dans les mentalités de la plupart d’entre nous — que la vie est injuste ?

Chère fabuleuse : ce n’est pas censé être facile.

Les complexités que tu rencontres ne sont pas le signe que tu te trouves sur une mauvaise voie. Une journée difficile ne signifie pas que l’univers est contre toi, ni que tu es à côté de la plaque.

Oui, les difficultés peuvent être l’indicateur de bien des choses… Mais à la base, elles sont surtout le signe que tu es un être humain, dans un monde d’humains, où, de manière générale, tout est lent et imparfait !

Les complications que je rencontre me donnent souvent le sentiment d’être abandonnée.

C’est irrationnel, bien sûr, mais chaque fois que je fais face à un imprévu, à un raté, à une incompréhension, je suis tentée de croire que la vie elle-même me fait la gueule. Si c’est ton cas également, tu le sais comme moi : à la longue, se positionner ainsi en victime est franchement usant et carrément décourageant !

Et si on partait du principe que faire face à des difficultés, c’est tout simplement normal ? Les galères ne viennent pas de nous. Elles ne nous sont pas envoyées par une force supérieure. Elles font simplement partie de la vie ! Certes, il y a des facteurs qui peuvent contribuer à ces obstacles, mais au-delà de tout cela, voici une vérité toute simple : c’est normal. Et tu n’as rien fait de mal pour mériter ce qui t’arrive.

Hier dans la voiture, David me disait que tout ce sang lui faisait penser à une scène de guerre. Ça m’a rappelé ceci : en partant en guerre, est-ce qu’un soldat s’imagine qu’il pourra dormir tranquillement la nuit, prendre sa douche chaque matin, faire des pauses café avec les copains et passer des coups de fil à sa famille pour raconter ses exploits ?

Non ! Un soldat est mentalement préparé : on lui a dit qu’il allait en baver mais qu’il était capable de se battre jusqu’au bout. Il sait qu’il y aura des débâcles mais qu’il ne faudra jamais perdre de vue l’objectif final : remporter la guerre.

Non, la vie de famille, ce n’est pas facile.

Mais ça le devient de plus en plus, au fur et à mesure que l’on comprend et que l’on accepte que ça ne l’est pas.

La vie est une succession de défis, que ce soit à la maison, au travail, dans les relations… Ce qui fait la différence, c’est d’accueillir ces difficultés comme faisant partie de la vie. Faire tomber tes résistances, qui ne font qu’ajouter de la souffrance à ta souffrance. Et commencer à croire que tu es la personne qu’il faut, peu importe les situations.

Les difficultés ne sont pas une preuve que tu n’es pas à la hauteur. Les difficultés sont normales et elles ne changent rien au fait que tu es et resteras à jamais une fabuleuse.

Oui, être maman est un immense défi.

Peut-être qu’on ne te l’a jamais dit, alors je vais le faire maintenant : tu es capable. Quand tu es au front, il n’y a personne pour te le rappeler… et parfois, comme mon fils hier, tu rentres chez toi avec quelques points de suture.

La vie de famille à un prix… et trop souvent, on en conclut que l’on n’est pas à la hauteur. C’est faux ! Alors chaque matin, je t’envoie un petit mot pour t’aider à ne pas oublier la fabuleuse qui est en toi. Pour t’inscrire : c’est entièrement gratuit et c’est par là !

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profil-helene-chroniqueuseHélène Bonhomme est auteure, conférencière, fondatrice du site fabuleusesaufoyer.com et chroniqueuse sur lepoint.fr. Après une Khâgne, des études de philo, plusieurs années d’enseignement et plusieurs autres de rédaction web, elle devient mère au foyer. Elle commence à interviewer des femmes inspirantes et à mettre par écrit des pensées motivantes. C’est ainsi qu’ont vu le jour ce blog en mars 2014, puis en mai 2015 son livre collaboratif pour révéler la fabuleuse en chaque maman et en octobre 2016 son petit guide de l’imperfection heureuse. Elle est mariée à David le fabuleux et maman de Roman et Adelin. Sa mission : aider les mamans qui veulent sortir la tête de l’eau, prendre un peu de recul sur leur quotidien et commencer à aimer leur vie imparfaite mais fabuleuse.

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