viecrochepied

Si la vie te fait un croche-pied…

…prends le temps mais relève-toi !

Ce jour-là, elle a trouvé le journal de bord de sa grand-mère chérie :

« À la fin, les pages blanchissent. Jour après jour, la maladie lui a pris ses mots pour la laisser dans le chaos ».

Elle me regarde, les yeux pleins de larmes. Sa grand-mère souffre d’une démence foudroyante.

Je suis assise à côté d’une amie, elle a mon âge et il y a quelques semaines, elle a enterré son mari et reste seule avec un bébé qui n’a même pas un an.

Je lis ses messages sur facebook, elle vit avec la fibromyalgie et chaque jour il faut sous-peser la force à disposition et s’accommoder de douleurs qui limitent ses projets de vie.

Elle m’écrit, elle est joyeuse,

un peu bohème, bourrée de talent mais elle a peur, peur de réussir, de rater, elle rêve grand mais le quotidien la dépasse.

Un coup de fil, un soir tranquille et les larmes d’une maman dont le fils hyperactif doit de nouveau changer d’école maternelle. Elle est elle-même institutrice maternelle, elle a honte «de ne pas savoir mieux gérer cette boule d’énergie hyper intelligente qui met son environnement constamment sans dessus-dessous».

Il vit avec elle depuis des années, pas le couple parfait, mais ça va… jusqu’au jour où elle fait une hémorragie au cerveau. Elle s’en sort, après un long combat mais c’est sa personnalité qui a changé. Elle est devenue impatiente, agressive.

Elle est jeune et pourrait vivre tant de choses,

a un super fiancé, possède des chevaux, un travail qui lui convient… mais elle n’a pas les forces. Elle est comme une passoire, toute son énergie vitale s’épuise à solutionner les problèmes des autres et à craindre de mourir d’un cancer (comme sa maman). Au lieu de croquer dans la vie, elle se sent bloquée dans un coin, au-dessus de sa tête, une épée de Damoclès qui pourrait tomber à tout moment.

Ils auraient dû avoir 3 enfants, ils n’en ont plus que deux. Cette petite, ils ne l’ont tenue que quelques heures puis elle est partie.

Il s’est cassé, enfin, elle l’a mis à la porte après l’avoir trouvé en train de s’amuser avec une femme plus jeune dans le garage.

Chaque matin elle met des lentilles à son fils parce qu’il est né avec une difficulté visuelle.

La liste est bien plus longue encore.

Parfois triste, parfois décourageante, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin. Parfois la vie est une « salope » qui nous fait un croche-pied, nous laisse le nez dans la boue, les mains écorchées et les vêtements souillés. Oui parfois, souvent sans prévenir, sans que cela ne fasse de sens, la vie nous gifle et nous laisse sans souffle. Et pourtant, j’ai vu tant de gens se relever, vivre heureux avec ce qui s’est passé, réapprendre à rire, donner du sens, aider les autres…

Cela s’appelle la résilience. Rebondir sur un événement qui aurait dû vous laisser brisé. Je pourrais l’illustrer en te racontant la suite de ces histoires : la chanson écrite pour ce bébé parti, le nouveau mari de mon amie, les tests génétiques qui confirment à cette jeune fille qu’elle n’a pas hérité du risque d’avoir un cancer du sein…

Ma chère fabuleuse,

Je ne sais pas si la vie a tenté de te mettre KO, si elle a peut-être réussi un temps. Mais j’aimerais tant te dire :

« Apprends à te relever, à réagir, à changer la recette, trouver de nouveaux ingrédients, récupérer ton souffle. »

Je ne te dis pas que tu dois toujours aimer ce qui t’est arrivé ou t’arrive, je dis juste que c’est ta vie, unique, peut-être cabossée mais bien à toi (et la seule que tu auras).

Alors :

Rien ne sert de fermer les yeux, de nier la réalité, c’est en voyant qu’on peut commencer à agir.

Rien ne sert de construire des châteaux en Espagne, ta maison est peut-être bancale mais elle est à toi : investis-la !

Rien ne sert d’idéaliser les autres et de vouloir faire comme eux, cherche des modèles authentiques et sincères qui te motivent à marcher et fais bon voyage.

Rien ne sert de te concentrer sur l’obstacle, cherche le chemin du bout des yeux et vas-y fonce, continue ta route.

Rien ne sert de courir, donne-toi le temps, sois patiente, et puis parfois autorise-toi à rester à l’arrêt.

Rien ne sert de te sacrifier, de serrer les dents à te faire péter les mâchoires : écoute ton cœur, tes besoins, ta douleur et ta colère, ils sont ton système de navigation. Ne coupe pas le son, ils te parlent !

Rien ne sert de rester seule, bien d’autres fabuleuses se sont pris des murs en pleine face, n’aie pas honte, parle, nous sommes fières de toi ! SOIS fière de toi !

rebeccaD’origine belge, Rebecca est installée en Allemagne avec son mari et ses trois filles. Psychologue indépendante et mère au foyer pleine d’entrain, elle garde de ses études en psychologie positive un regard bienveillant sur la femme et la famille. Après avoir accompagné de nombreuses personnes handicapées, Rebecca est aujourd’hui la maman adoptive d’une petite fille porteuse de trisomie 21.

 

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  • Lydie

    <3 Merci Rebecca

  • Rebecca Dernelle-Fischer

    de rien ma grande! Je suis fière de toi! Vraiment <3

  • Isa

    C’est tellement vrai ce que vous dîtes. Merci pour ces quelques lignes qui nous font sentir moins seules, nous redonnent un peu de chaleur humaine qui nous manque tant par les temps qui courent et qui nous redonnent de l’espoir et de la force pour continuer d’avancer…à notre rythme mais avec ténacité. Merci, merci, merci…;)