Adieu l’école maternelle ! - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Adieu l’école maternelle !

Marie Chetrit 9 septembre 2021
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Adieu, couloirs de l’école maternelle, ornés d’œuvres à la peinture au doigt. 

Adieu, petits porte-manteaux au-dessus de bancs miniatures. 

Adieu, portraits de bambins joufflus aux petites dents de perles, alignés devant la classe.

Adieu, chaussons et doudous entassés dans les cases. 

Adieu, classes remplies de duplos, de boutons, de jeux d’encastrement. 

Adieu, coin dînette et poupées. 

Adieu, gentille Atsem toujours prête à consoler ou à aider pour le découpage.

Adieu, dortoir rempli de petits matelas. 

C’est fini, je ne vous verrai plus.

C’est fini ! Ciao, bye-bye, finitos, et je me barre en claquant la porte derrière moi, c’en est fini de la maternelle, quel pied ! Qu’est-ce qu’elle ne me manquera pas celle-là !

Parce que oui, voyez-vous, Lapin mon dernier-né est rentré en CP ! Il est à l’école des grands désormais. Et si parfois, je sens nettement qu’il aimerait retourner au fond de mon utérus se la couler douce, pour moi c’est clair que c’est niet : désormais, je pousse mon petit Lapin vers l’avant.

Parce que l’aider à grandir, c’est mon rôle de maman, évidemment. Parce qu’accepter qu’il grandisse et qu’il ait moins besoin de moi, c’est aussi mon rôle de maman; une part pas toujours facile d’ailleurs, que l’on met souvent du temps à encaisser. 

Mon dernier est rentré en CP.

Je ne suis plus une mère de tout-petits. Et si un temps, j’ai trouvé cela difficile (pas plus tard que l’an dernier d’ailleurs), eh bien je peux te dire, chère Fabuleuse, que maintenant je trouve cela sacrément cool. 

Toutes ces joies (euh… joies ? oui, bon, ok, joies) de la petite enfance sont derrière moi :

  • l’angoisse de l’adaptation à l’école,
  • la fierté de le voir dessiner son premier bonhomme têtard,
  • le stress de constater qu’il se met à tousser et qu’il faudra encore aller chez le pédiatre,
  • la première fois où il accepte de laisser doudou à la maison, celle où il rentre tout déconfit car il a fait pipi dans son slip,
  • sa première invitation à un anniversaire, quand il me regarde les yeux brillants et dit “je pourrai y aller, hein, je pourrai y aller ?”,
  • la première remarque de la maîtresse quand il a tapé un copain dans la cour…

Toutes ces premières fois, et tant d’autres encore, je les ai vécues, et bien vécues.

Plusieurs fois, dans des contextes différents, avec des enfants différents. J’ai ma dose, j’ai fait le tour de la question.

Cette année, sa rentrée s’est passée dans un état de relaxation totale. Sa rentrée en CP, c’était bien davantage la joie des retrouvailles avec son vieux et fidèle copain (on a le droit de parler d’une vieille amitié quand on est amis depuis l’âge de six mois, non ?) que la peur de quitter maman et d’avoir une nouvelle maîtresse. 

Et pour moi, c’était bien davantage le symbole du retour d’une certaine insouciance, que la tristesse d’une époque finissante.

Tu vois, l’an dernier je n’aurais pas pu t’écrire ces lignes :

Ne plus avoir d’enfant en maternelle signifiait encore glisser sur la pente savonneuse qui me mènerait à la ménopause et donc, à la décrépitude et à la tombe (moi aussi, j’aime bien exagérer quand je déprime).

Mais aujourd’hui, pour de vrai, je suis heureuse que mes enfants grandissent.

Je suis heureuse que mon Lapin ne soit plus un tout petit garçon. J’observe les jeunes mamans, qui emmènent leur enfant à l’école avec un bébé dans les bras. L’an dernier encore, je me disais “Oooh, un bébé, quelle chance !”. Cette année, je me dis : “Oooh, un bébé, la pauvre !”.

  • J’aime la légèreté de les faire s’habiller rapidement, enfiler leurs sandales et partir à l’école, tandis qu’ils portent eux-mêmes leur cartable et que je me contente d’avoir mes clés dans ma poche au lieu de jouer le mulet.
  • J’aime l’absence de pleurs à la grille de l’école, et leur joie de retrouver leurs amis.
  • J’aime l’indépendance de nos adolescents, les échanges qui se creusent avec eux, les conversations de grands.
  • J’aime les voir rester à table discuter avec des adultes, observer sur leurs visages la jeune femme et le jeune homme qu’ils seront très bientôt.
  • J’aime l’idée que plus jamais, je ne me farcirai d’inscription en crèche.
  • J’aime en avoir fini avec tout ça, et j’aime me dire que plus jamais, je ne ferai de rentrée en maternelle. 

Je ne suis plus une jeune maman, mais je suis surtout une femme qui va se retrouver de mieux en mieux, se consacrer à elle-même davantage, et profiter d’un nouveau souffle avec son chéri.

Bye bye école maternelle…

Et bienvenue dans le nouvel épisode de MA vie !



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Cet article a été écrit par :
Marie Chetrit

Scientifique de formation et de profession mais littéraire de cœur, Marie Chetrit partage sur son blog de petits textes sur les moments rigolos ou exaspérants de sa vie familiale. Elle et son fabuleux époux ont chacun un grand d’une première union et deux petits diablotins ensemble.
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