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Vacances en famille : et si on osait dire ce qu’on veut ?

Votre « WhatsApp familial » chauffe-t-il en ce moment ? Alors que les congés d’été ne sont que dans plusieurs mois, ils font bel et bien l’actualité d’un bon nombre d’entre nous !

Récemment, alors que j’interrogeais trois femmes que j’accompagne sur leur « actualité la plus chaude », celle-ci était la même : l’organisation des vacances d’été. Plus particulièrement la partie des vacances d’été qui se déroulerait en famille élargie.

Et ça chauffait…

sur WhatsApp et dans les esprits !

  • Armelle se désole : sa mère a loué cette année une maison dans un bel endroit et vient d’annoncer à ses trois enfants les dates qu’elle a retenues. Seulement, sur les trois enfants, deux ne peuvent se libérer à ces dates. La mère d’Armelle en prend ombrage, se vexe et dit à sa fille qu’elle se sent blessée.
  • Blandine, quant à elle, s’inquiète : elle me confie qu’elle a du mal à supporter l’ambiance des vacances en belle-famille à cause d’un beau-père dont elle juge l’attitude tyrannique. Elle craint, cette année encore, de devoir « prendre sur elle » pendant une période censée apporter repos et détente.
  • Laurence se révolte : elle vit à l’étranger depuis plusieurs années et ne revient dans sa ville natale qu’une fois par an, pendant l’été. Cette année, ses dates pour des retrouvailles en famille ne correspondent pas aux dates affichées par ses frères et sœurs. Sa mère lui dit, d’un air déçu : « Eh bien avec tes dates, il n’y aura pas de cousinade à la génération des petits-enfants ». Laurence s’indigne : « Ma famille élargie me fait sentir à longueur d’années combien nous leur manquons, et au moment d’organiser les retrouvailles en été, personne ne pense à nous demander nos dates, nous qui vivons si loin de tous, et qui sommes donc moins flexibles. »

Ces trois femmes souhaitent passer quelques jours en famille pour profiter de leurs frères et sœurs, beaux-frères et belle-sœurs, et aussi pour permettre à leurs enfants, petits, de créer des liens avec leurs cousins et cousines.

Elles ont toutes envie d’accepter l’invitation de leurs parents à passer des vacances en famille. Mais elles se prennent toutes les pieds dans le même tapis :

Celui de ne pas “oser” dire…

Ne pas oser dire vraiment ce qu’elles pensent, vraiment ce qu’elles veulent, ou vraiment qui elles sont.

Armelle est à la fois agacée et désolée par la réaction de sa mère. Elle a beau s’être défendue : « Mais non je ne donne pas la priorité à ma belle-famille, simplement je ne fais pas ce que je veux avec mon boulot. Tu aurais dû nous prévenir avant pour les dates ! ». En vain.

Armelle aimerait à la fois rassurer sa mère et ne plus se laisser piéger la prochaine fois.

Je lui propose une piste : chaque année, faire le point dès le mois de décembre avec son mari sur leurs souhaits communs pour l’été d’après.

Pour pouvoir, dès janvier, adresser à sa mère le message suivant :

« Maman j’aimerais prendre 2 semaines de vacances cet été : nous projetons de passer 10 jours avec des copains et je souhaite garder 5 jours de vacances pour les passer en famille élargie avec toi et mes frères et soeurs : As-tu des projets de ton côté ? Veux-tu que nous en discutions ? »

Blandine, elle, se demande comment faire avec ce beau-père qu’elle a du mal à supporter. Il s’agit, pour elle, d’entreprendre un travail de fond sur son positionnement. Ce qu’elle trouve le plus dur, au fond, ce n’est pas tant les jugements de son beau-père – avec lesquels elle n’est pas toujours d’accord – que son silence à elle, qu’elle s’impose, de peur de le blesser, lui ou son mari.

Voici le défi qui se pose à elle : comment arriver, tout en respectant son beau-père et les relations entre son mari et son père, à dire quand même un peu de qui elle est, un peu de ce qu’elle pense ou ne pense pas ? Ce nouvel abord a modifié sa vision des vacances en famille. À elle aussi j’ai suggéré de réfléchir en amont à ce qu’elle souhaitait vivre pendant ces vacances.

Voici quelques pistes :

  • Pourquoi pas choisir de dîner au moins une fois en amoureux avec son mari, même si cette semaine de vacances est censée être dédiée au groupe ?
  • Pourquoi pas également, si tel est son besoin, laisser les autres jouer au coin du feu ensemble et oser aller bouquiner dans son lit ?
  • Avant les vacances en famille, imaginer de quoi j’aimerais qu’elles soient faites, et oser l’annoncer : là est une clé pour en revenir détendue.

J’invite également Laurence à définir en amont ce qu’elle souhaite et, même si les dates ne sont pas fixes, à annoncer la structure globale de son été à venir.

Pourquoi ?

Parce que ça lui évite d’attendre et de se retrouver à devoir s’adapter aux autres alors même que c’est elle qui habite le plus loin.

Parce que même si elle vit loin, sans peut-être les mêmes besoins d’exotisme que les parisiens, elle a quand mêmes des envies et des besoins de repos, de détente et de vacances, tout aussi légitimes que les autres !

Enfin, parce que quand on annonce ses désirs, les autres réalisent que vous avez des envies... en dehors d’eux – et que par conséquent les moments avec eux ont été choisis par vous, au même titre que le reste des réjouissances que vous leur présentez !

Chères Fabuleuses, je vous invite à vous autoriser à explorer ces pistes : votre été en famille n’en sera que plus apaisé en ressourçant !

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valerie

Valérie de Minvielle est psychologue clinicienne. Après 20 ans d’expérience en psychologie clinique et art-thérapie, elle a fondé en 2015 « ma juste place », une méthode d’accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent trouver leur équilibre et se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Valérie anime également des formations à la connaissance de soi dans plusieurs instituts de formation et établissements scolaires, en France et en Belgique. La joindre sur http://www.majusteplace.com/ et sur https://www.facebook.com/valeriemajusteplace/

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