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Aux mamans qui n’y comprennent rien

Cette semaine, mes jumeaux ont soufflé leur 6 bougies. Je me remémore ce basculement irréversible dans un monde parallèle, où rien ne sera plus jamais pareil. Cette tornade qui a bousculé tout ce que je croyais savoir de moi-même, des autres et du monde.

Je les aime et ils me rendent dingue ; ils me rendent dingue et je les aime — je suis mère et je n’y comprends rien.

Ils fêtent leur anniversaire et je pense à notre troisième enfant, celui qui n’est jamais né. Paradoxalement, avoir vécu une fausse couche a profondément nourri mon expérience de la maternité, cette maternité vibrante, tapie au fond de mes tripes, qui par deux fois m’a prise par surprise. La première fois par le mystérieux dédoublement d’un amas de cellules, qui fait que deux garçons presque identiques cohabitent sous mon toit. La deuxième fois, c’est en me quittant avec fracas que la maternité m’a prise de court.

Expérimenter la maternité, c’est expérimenter toutes sortes de choses qui ne se savent pas, qui ne se contrôlent pas, qui ne se prévoient pas.

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Travail et foyer : la fin de la schizophrénie

En devenant maman, j’ai découvert la désagréable impression de n’être jamais au bon endroit, jamais au bon moment.

Ça a commencé pendant mon congé parental :

lessivée par d’interminables journées au rythme de mes jumeaux, j’étais profondément heureuse d’assister aux premières loges à leurs trois premières années de vie sur Terre. Pourtant, j’étais désespérément convaincue de perdre mon temps et frénétiquement jalouse de mon mari, qui à sa guise pouvait papoter autour de la machine à café de l’entreprise que nous venions de créer.

Et puis ils sont entrés à la maternelle, et je me suis inventé un nouveau travail — travail que je n’ai jamais l’impression de faire “assez bien”, à cause de la logistique familiale qui déborde de partout. J’adore mon travail et je voudrais avoir le temps de m’y impliquer davantage, pourtant, lorsque les journées sont trop longues, lorsque la scène m’emmène trop loin, alors je pense à ceux que j’aime le plus au monde, et mon coeur se sent tiraillé, et je crois me noyer dans les injonctions contradictoires qui inondent ma tête. Lire la suite…