Trop Maman - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Trop Maman

Aurélie Gonzalez 24 janvier 2020
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« Oui, bien sûr que je t’aime comme ma femme. Mais quand même, je ne sais pas si tu t’en rends compte, mais tu ne fais plus que parler bébé ».

Boum.

C’est tombé comme un couperet, entre le biberon des filles et le coucher, juste avant les histoires du soir. Même pas essayé de nier. J’ai tenté tant bien que mal de refouler mes larmes, emmitouflée dans mon pyjama d’hiver en pilou pilou, épuisée par mon premier jour de règles après cinq jours de gavage au sucre (satanées hormones !). 

Mais ça n’a pas fonctionné. Ce que je redoutais déjà avant de devenir maman, il y a moins de deux ans, c’est que j’allais aimer ça et que j’allais choisir d’y consacrer beaucoup d’énergie.

  • Parce que la petite enfance, c’est un monde merveilleux de découvertes et d’apprentissages, d’ouverture à la vie.
  • Parce que quand tu as décidé d’y consacrer tout ton temps en arrêtant de travailler, ça devient LA priorité.
  • Parce que tu as eu deux bébés en même temps, qu’elles ont 20 mois et qu’elles sont juste incroyables.
  • Parce qu’il y en a beaucoup, des raisons, qui expliquent que tu te sois transformée en « Maman à Plein Temps »…

Tu aurais voulu éviter cet écueil tellement banal, tu aurais souhaité ne pas tomber dans ce schéma classique de la femme et de l’épouse qui s’oublie les premières années, tu aurais préféré ne jamais entendre cette phrase.

Alors, tu culpabilises…

De quoi je parlais, avant ? Comment rectifier le tir ? Va-t-il en avoir marre et partir ? Et puis finalement, un matin, tu te dis qu’il y en a marre des injonctions sociales – tellement contradictoires ! – à longueur de temps :

  • « trop maman »,
  • « pas assez femme »,
  • « trop workaholic »
  • etc.

Alors tu oscilles entre le désir de changer (« attention au couple ! ») et l’envie de profiter d’être – pour une fois – tellement à fond dans un truc (« fais toi confiance, écoute-toi ! »), quitte à en oublier un peu le reste…

C’est certain, je baigne dedans.

Mes copines ont aussi la trentaine et des enfants (ou très bientôt), et c’est un sujet de conversation sans fin. Oui, j’écris pour un blog dédié à la parentalité décomplexée. C’est sûr, les dames très chouettes de la crèche, c’est mon lien social tous les matins, un lien toujours bienveillant ; la crèche, c’est d’ailleurs un endroit où je me sens bien, entourée de couleurs vives et d’enfants qui ouvrent leurs yeux tout neufs sur le monde.

C’est clair, en passant presque 8 heures par jour du lundi au vendredi + les week-ends complets avec mes deux filles, c’est mon occupation majeure ces derniers temps. Ce n’est pas tous les jours facile, ni fabuleux, ni tout rose, mais c’est mon quotidien, et je suis très reconnaissante de pouvoir le vivre. Et donc forcément… j’en parle.

Et tu sais quoi ?

Ça me plaît d’être une Maman. Je reste persuadée que le reste, ça reviendra dans quelques temps, quand elles auront acquis plus d’autonomie, quand elles iront à l’école peut-être, quand elles seront moins malades, quand elles ne feront plus leurs dents… !

Je crois fermement qu’il faut laisser le temps au temps, tout en sachant écouter ce que l’autre a besoin de nous dire. Il paraît qu’à partir de 3 ans, dans le cas des jumeaux, ça va largement mieux, qu’on retrouve un peu de liberté : attendons donc un peu, et prononçons-nous après ! Mais en attendant, je choisis de m’écouter un peu 😉



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Cet article a été écrit par :
Aurélie Gonzalez

Maman trentenaire de jumelles nées en janvier 2018, Aurélie s’interroge sur tous les changements liés à la maternité, sous l’œil bienveillant de son Fabuleux depuis bientôt 10 ans. Logisticienne de formation et d’expérience mais littéraire de cœur, elle confie ses doutes, ses craintes, ses coups de gueule mais aussi ses bonheurs simples sur son blog personnel.
https://ohreillyandherself.wordpress.com

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