Stop à la charge mentale - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Stop à la charge mentale

Anna Latron 1 octobre 2019
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En cette période de rentrée des classes, tout, autour de nous, est passé au prisme de l’organisation. L’organisation des cartables, l’organisation de la journée, l’organisation du mercredi, l’organisation des trajets, l’organisation des activités extra-scolaires (comment chercher le grand au tennis alors que la petite doit être déposée à la danse ?), l’organisation des repas…et j’en passe.

Et dans cette ambiance sympathique et détendue, une expression dans toutes les bouches : la fameuse “charge mentale”.

La charge mentale, c’est quoi ?

Valérie de Minvielle nous dit qu’il s’agit de “l’ensemble des tâches qu’effectuent le plus souvent les femmes dans les familles d’aujourd’hui et qui visent à tout prendre en charge pour que la logistique et l’organisation de la vie familiale se passe au mieux”.

Voici ce qu’ajoute Valérie, qui est aussi chroniqueuse pour les Fabuleuses : “Ce qui les rend particulièrement ingrates c’est qu’il y en a tous les jours à faire et qu’elles sont invisibles de l’extérieur… et même de l’intérieur !”

Oui, c’est sûr, prendre rendez-vous chez le médecin, boucler les inscriptions au judo, passer récupérer les courses au Drive (ou aller au marché bio), étendre le linge et plier les slips, il y a plus glamour.

Oui, c’est sûr, se mettre au lit en réfléchissant à ce que l’on prévoira pour le dîner du lendemain après avoir vérifié que le carnet de liaison du petit dernier est bien signé, il y a plus sympathique.

Oui, c’est évident, la liberté qu’ont conquise nos mères et nos grands-mères (au passage, merci à elles !) a une contrepartie : celle de pouvoir choisir quand nous voulons devenir mère et la façon dont nous voulons être mère, celle de pouvoir dire à notre conjoint “stop, là je suis fatiguée !”, celle de pouvoir inscrire notre fils au judo tout en ayant un dossier urgent à boucler pour la réunion du lendemain.

C’est grisant : tout est possible !

Tout est possible, oui, mais tout devient exigeant, fatiguant, voire carrément épuisant.

Mais je ne veux pas ici parler de la fatigue des femmes ni de l’immense poids qui pèse sur leurs épaules aujourd’hui, alors qu’elles peuvent (doivent ?) être des professionnelles accomplies, tout en étant des mères bienveillantes et des amantes passionnées.

Je ne veux pas parler non plus de ces hommes qui, à peine passé le seuil de leur maison, s’affalent bien évidemment dans le canapé, se connectent immédiatement à Netflix et ne pensent plus à rien :

Quand il arrive chez lui, l’homme se met en mode “off”.

Il ne pense ni au fait que l’augmentation espérée ne viendra pas et qu’il va falloir trouver une solution pour rembourser le prêt, ni à ce collaborateur dont il va falloir se séparer, ni à sa mère qu’il va falloir appeler même si il n’en a aucune envie, ni bien évidemment aux enfants dont il faut superviser le brossage de dents, à qui il faut lire encore une histoire et qu’il faudra mettre au lit avec douceur mais fermeté. Il ne pense pas non plus à préparer le dîner ni même à débarrasser celui des enfants.

Un macho, on vous dit !

Et un être indécrottablement monotâche, qui ne pense à rien d’autre que ce à quoi il pense en ce moment : aux résultats du Marseille-Guingamp.

C’est la raison pour laquelle les hommes n’ont absolument aucune charge mentale. Alors que moi, pauvre femme, je suis absolument submergée par tout ce que je dois faire et que je suis la seule, évidemment, à pouvoir faire aussi vite et parfaitement. Mais les hommes, eux, sont étrangers à tout culpabilité, à tout souci pour l’intérieur de leur foyer, ainsi qu’à toute anticipation sur les détails bassement matériels. Bien entendu !

C’est en tous cas ce scénario que l’on nous serine à longueur d’émissions, d’articles et de revues de presse. C’est bien simple : l’homme considérera toujours sa femme comme une bonniche et elle devra toujours gérer tout toute seule. Point final.

Voilà à peu de choses près ce dont je me vois convaincue quand je viens de passer un trajet à écouter, à la radio, une énième émission consacrée à la charge mentale. Une heure d’émission durant laquelle deux experts nous répètent que la charge mentale est une des expressions de l’oppression masculine exercée sur les femmes, qu’elle est un reliquat inacceptable du patriarcat.

À peine la porte de mon foyer refermée, tout ce que j’ai envie de faire…

…c’est d’aller trouver mon mari et de lui expliquer comment les choses, désormais, vont se passer. Tout ce que j’ai envie de faire, c’est tout simplement de me le prendre bien en frontal et de lui balancer à la figure la (longue) liste de mes frustrations domestiques.

Tout ce que ça me pousse à faire, c’est à entrer dans une logique comptable et à pointer tout ce que je fais et qu’il ne fait pas.

Le seul résultat de ce matraquage, c’est de dresser la liste de ce que je fais très bien et qu’il ne fait pas…ou pas assez bien.

Pas assez bien. La voilà, la brèche.

Et la voilà aussi, notre responsabilité. Oui, parce que c’est un peu facile de rendre l’autre responsable de tous nos maux, de le désigner comme le grand coupable de nos épuisements quotidiens et de nos frustrations ordinaires. Commencer par revendiquer que l’autre change n’a jamais été franchement efficace, ni pour faire changer les choses, ni pour faire évoluer une relation à deux.

Quel est le résultat de cet état d’esprit revendicatif et accusateur auquel tout semble vouloir nous condamner ? Pour moi : amertume et victimisation. Pour lui : incompréhension et culpabilité. Pour nous deux : division et éloignement.

Alors voilà, moi, aujourd’hui, la charge mentale, je dis stop.

Stop à ce symptôme de notre société du “trop”… trop de perfection, trop de compétition, trop de possibilités matérielles, trop d’activités extra-scolaires, trop de vitesse, trop de tout tout le temps et en même temps, trop de “je veux tout tout de suite et parfaitement!”.



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Cet article a été écrit par :
Anna Latron

Journaliste de formation, Anna Latron collabore à plusieurs magazines, sites et radios avant de devenir rédactrice en chef du site Fabuleuses au foyer et collaboratrice d’Hélène Bonhomme au sein du programme de formation continue Le Village. Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans, elle est la maman de deux garçons dont Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

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