Que 2023 soit le terrain de jeu de ta… - Fabuleuses Au Foyer
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Que 2023 soit le terrain de jeu de ta…

2023
Agathe Portail 1 janvier 2023
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Avant de te souhaiter quoi que ce soit pour cette année qui s’ouvre, une question : comment vas-tu ?

Cela fait probablement un temps certain que tu vis en apnée (boucler la fin de 2022, gérer le bouillon de culture des germes et maladies, trouver les cadeaux, enchainer les kilomètres, ingurgiter des plats de fête plusieurs jours d’affilée, absorber les montagnes émotionnelles des retrouvailles familiales…). Donc, vraiment, comment vas-tu ? Et, tu sais quoi, tu as le droit d’aller bien et de le dire aussi ! Pour répondre à cette question (tu es peut-être nouvelle ici, alors j’explique), tu peux envoyer un email aux Fabuleuses et les fées de la boîte mail te répondront pour de vrai

Si tu n’as pas envie de répondre par écrit à la question d’une inconnue, alors tout simplement, j’espère que tu prendras le temps de fermer les yeux et de te répondre à toi-même :

« c’est vrai, tiens, comment je vais, après tout ça ? »

Maintenant que ce petit rituel d’entrée dans l’année 2023 est mené à bien, je vais pouvoir te livrer un premier secret : l’année nouvelle n’est PAS une page blanche. Chaque année n’est pas une ardoise bien chargée qu’il suffit d’effacer d’un coup de chiffon pour démarrer à neuf à partir de rien et se souhaiter tout et n’importe quoi. Nous ne sommes pas des êtres amnésiques, nous trimballons avec nous les blessures et les trésors des années passées. Ce qui signifie que nous abordons 2023 avec la somme des expériences des années précédentes, ce qui est une belle chose, car recommencer les mêmes erreurs indéfiniment n’est pas une perspective réjouissante.

Mais dans nos bagages de Fabuleuse de 2023, il y a également la fatigue accumulée de 2022, qui ne s’est pas effacée comme par magie avec une tranche de foie gras et trois papillotes. Commencer par se souhaiter un mois de repos n’est donc pas une dinguerie et tous ces défis détox de janvier ne sont pas forcément là pour nous donner une ligne de conduite pour tout 2023, ils peuvent tout simplement nous aider à bien digérer 2022. 

Alors quoi, que 2023 soit le terrain de jeu de ta… quoi ? 

J’ai réfléchi assez intensément à quoi te souhaiter. Nous en avons parlé en comité de rédaction et les discussions étaient animées :

  • Alors, on leur souhaite quoi, aux Fabuleuses ? Les mails qu’on reçoit nous montrent qu’elles ont passé une année 2022 hyper difficile, on ne peut pas le passer sous silence…
  • Oui, mais une nouvelle année, c’est un nouveau départ, il faut être positif !
  • Nouveau départ mais avec la même vieille bagnole, ne soyons pas dans l’utopie.
  • Ouais, mais la vieille bagnole, si tu l’entretiens bien, elle peut encore faire des kilomètres.
  • On leur souhaite une bonne révision alors ? Pfff… 

Alors on a terminé le comité de rédac’ en se disant qu’on allait y penser un peu plus tard. Et au cours d’une nuit d’insomnie due à la toux horrible laissée par ma grippe 2022…

…je me suis dit que le pire serait de subir 2023.

Et que cette phrase, que j’ai beaucoup prononcée, “oui, mais, j’ai pas le choix”, j’avais envie de la découper en confettis et de la donner à manger à notre perruche qui a un bec recourbé qui déchiquète en faisant beaucoup de bruit. Parce que cette phrase m’empêche d’aimer ma vie. Et elle est fausse. On a TOUJOURS le choix. 

– Cette année, on n’a pas fait de vrai cadeaux aux enfants, si tu crois que c’était un choix…

– Bien sûr que c’était un choix. Tu aurais pu choisir de voler des trucs au supermarché, tu aurais pu souscrire un crédit à la consommation et t’enfoncer dans tes problèmes de fric, tu aurais pu vendre ta voiture pour avoir de quoi acheter des cartes Pokémon. Et tu ne l’as pas fait. Tu as CHOISI de ne pas faire de vrai cadeau parce que c’était mieux que de finir en prison, en surendettement, ou sans voiture. C’était l’option la moins dévastatrice. Alors, même si elle est triste, cette option, et je vois bien qu’elle te rend amère, je crois que ton choix était le “moins pire” et que, vu comme ça, tu as fait un usage intelligent de ta liberté.

Ça marche avec tant d’autres choses.

– J’en peux plus de ne pas voir les enfants, mais que veux-tu, en centre ville, il faut deux salaires à plein temps, on n’a pas le choix.

– Si, tu as le choix. Tu peux déménager en banlieue ou à la campagne, réduire ton train de vie, changer de travail, changer de vie. Mais ce n’est pas le choix que vous faites, et c’est parfaitement votre droit. Mais ne dis pas que tu n’as pas le choix, ça ne va que te faire détester chaque jour davantage ton boulot, ton rythme de vie, ton quotidien. 

Nos choix ont un coût, on préférerait tous qu’ils soient gratuits,

mais ce coût est celui que nous étions prêts à payer quand nous avons pris notre décision, il faut s’en souvenir.

Et ça alors :

– Mon mari m’a quittée. C’est mon choix, ça, peut-être ?

– Non, ce n’est pas ton choix, c’est le sien. Tu n’étais pas celle qui étais aux commandes à ce moment-là. Mais les choix des autres nous ouvrent des options. Tu peux choisir de ne pas accepter cette séparation, et de le reconquérir quoi qu’il en coûte. Tu peux choisir de pourrir sa nouvelle vie, jusqu’à avoir des problèmes avec la loi. Tu peux choisir de noyer ton chagrin dans des conduites destructrices. Tu peux te rendre unique responsable de cette séparation et te punir pendant un temps infini. Tu peux accueillir cette séparation et accepter de souffrir en gardant espoir qu’un jour, ta blessure cicatrise. Tu peux t’entourer d’amies ayant vécu la même chose et recréer le pire gang de célibs de la terre. Tu as énormément d’options, à partir du choix d’un autre. 

Bref, même quand les cartes qu’on te donne sont pourries, tu as des options.

OK, certaines peuvent te mener en prison, mais ces options existent. Et se dire “voilà l’option la plus constructive, raisonnable, vues les cartes que j’ai en main et les valeurs qui sont les miennes”, plutôt que “j’ai pas le choix”, ça change TOUT. Tu peux alors commencer à aimer ce quotidien bancal, pas idéal, parce que tu ne le subis plus, tu l’as choisi. Et attention, ce n’est pas un choix qui fige et qui t’enferme. C’est un choix qui construit et qui peut être remis en question seule, à deux, à plusieurs. C’est de bâtir ta vie, dont on parle. 

Il est possible qu’à la fin des années, tu regardes cette fenêtre en carton sur la façade de la maison qu’est ta vie et tu te dises : 

– C’est vrai, en 2023, les options étaient vraiment pourries, mais on s’est pas démontés, on a continué à bâtir avec les cartes qu’on avait ! Finalement, une fenêtre en carton, c’était mieux que de tout murer ou de laisser un trou. 

Chère Fabuleuse, en 2023, tu vas bâtir.

Peut-être que cette année, les options seront bonnes et tu vas faire du bon boulot, avec des choix qui donnent le sourire. Peut-être que les options ne seront pas réjouissantes, mais tu feras des choix, et le chantier de ta maison va avancer. 

Tu feras des choix. Cette vie que tu vas habiter sera la tienne. Tu ne subiras pas 2023. 

Parce que 2023 sera le terrain de jeu de ta… LIBERTÉ !



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CHÈRE FABULEUSE
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Cet article a été écrit par :
Agathe Portail

Maman de 4 enfants (très) rapprochés et girondine d'adoption, Agathe Portail écrit des polars publiés chez Calmann Levy et des histoires jeunesse pour la Fabrique à histoires de Lunii. 
https://calmann-levy.fr/auteur/agathe-portail

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