Mon sexe - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Mon sexe

Hélène Dumont 17 novembre 2019
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Il fallait que je le fasse. Que je prenne mon clavier pour vous en parler. De quoi ? Eh bien, de notre sexe, tout simplement. Le déclic s’est fait quand une femme que j’accompagnais m’a confiée ne pas vraiment savoir à quoi ressemblait son sexe et hésitait quant à la manière de le nommer.

Je respire un coup et je vous mets au défi. 

Je vous mets au défi d’aimer cette partie de votre corps et de partir à sa rencontre. 

Notre sexe parle de nos ouvertures et de nos fermetures,

De nos frémissements de cœurs et de corps,

De notre capacité à accéder au désir et au plaisir,

Parfois, de nos larmes étouffées, pour se soustraire à la honte. 

Chère Fabuleuse, 

Ce que tu vois à l’extérieur de ton entrejambe se nomme la vulve, c’est l’ensemble de tes organes génitaux visibles. Tu le sais probablement, mais je l’écris à nouveau. Ta vulve est surplombée par le « Mont de Vénus », petit amas graisseux couronné de poils, signes de ton corps mature, dévalant jusque l’arrière de ton sexe en le recouvrant partiellement. TON sexe, composé deux grandes lèvres pas toujours symétriques, à l’intérieur desquelles se trouvent les nymphes (ou « petites lèvres », parfois grandes), le clitoris ainsi que deux orifices, celui de l’urètre et celui du vagin. 

Il n’y a pas de taille ou de couleur standard, la peau est fine, la muqueuse irisée, peut-être un peu rouge, marron, rose, violacée, claire ou foncée. Ton sexe ne sent pas mauvais, il a l’odeur de ton corps, le parfum de ton cycle -de ses écoulements ou de son silence.

Les petites lèvres prennent naissance autour du clitoris et forment au dessus de sa tête un capuchon plus ou moins couvrant. Chatouilleux, il est le seul organe de ton corps qui ne soit dédié qu’au plaisir. Ce que tu en vois est comparable à un bourgeon de printemps disposé à éclore. En réalité, il se prolonge également à l’intérieur de ton corps, et son contour est celui d’un oiseau stylisé dont les ailes s’étendent autour de ton vagin, contre ton périnée. Un oiseau qui ne demande qu’à s’envoler lorsqu’il se gonfle de joie amoureuse. 

La vulve conduit à l’ensemble de tes organes génitaux intérieurs. D’abord le vagin, passage de vie chaud et humide que ton amant aimera visiter avec passion et tendresse, terre d’amour ou de repos dont tu es l’unique souveraine. Au fond, le col de l’utérus, l’utérus, les trompes et les ovaires.

Comment te parler de ton utérus ? Lieu de mouvement où pulsent le sang et la vie, caisse de résonance vibrant sous le plaisir à son apogée, espace de joie ou de souffrance maternelle, l’utérus est l’expression concrète de « la place vacante ». Un espace donné et porté par la femme pour se laisser toucher, interroger, habiter, non seulement par un enfant réel ou imaginaire, mais également par l’Autre : un espace disponible pour une rencontre possible avec un sujet désirant, désiré et bien réel.

Le sexe de la femme est beau, dans chacun de ses détails.

Infiniment mystérieux, chacune de ses parties porte un nom qui, au-delà de la curiosité anatomique, le fait exister. 

Chère Fabuleuse, 

Dans ces espaces secrets, il est question de ce que tu VEUX et de ce que tu PEUX accueillir, recevoir, donner et prendre. Vouloir et pouvoir n’étant pas toujours en accord : il est en effet question de notre histoire personnelle et familiale. Un scénario singulier guidant nos ouvertures et nos fermetures de corps et de cœur pas toujours cohérentes, dépassant souvent la conscience ou la raison. Ainsi cette femme qui me confie :

« J’aimerais faire l’amour, je désire mon mari, mais je n’y arrive pas. Pourquoi ? »

Si de nombreuses Fabuleuses connaissent leur sexe et savent en être fières ou le fêter, trop nombreuses sont les femmes qui souffrent encore de le méconnaître, qui peinent à le nommer ou qui le mésestiment.

En entretien, je reçois régulièrement des femmes qui me parlent de leur vulve blessée, de leur sexe meurtri par ces mots entendus gamines ou adolescentes, soumises aux blagues ou remarques graveleuses et sexistes prononcées par des hommes mais aussi par des femmes (père, mère, parent, ami ou voisin…). Des paroles qui, peu à peu, ont su infiltrer leur imaginaire et déformer la représentation de leur propre sexe. 

Des propos qui ne font rire que ceux qui les prononcent, pour mieux cacher leur propre peur de ce que le sexe renvoie comme puissance de vie, effrayante et inacceptable pour eux, et dont ils sont pourtant issus. Des mots qui ne peuvent honorer la dignité de la femme, alourdissant le manque de confiance, cette confiance qui est le fondement nécessaire à toute sexualité. 

Oui, je reçois des Fabuleuses blessées dans leur chair, pliant sous le poids d’une certaine idée mal ajustée de la culpabilité et de la honte. Des fabuleuses meurtries qui, pour se relever, tentent de donner du sens à leur histoire. Des fabuleuses magnifiques et courageuses qui me demandent si l’on peut, un jour, pardonner à celui qui a frappé, abusé, violé. 

À chaque témoignage de femme blessée dans son sexe, j’ai le cœur déchiré. C’est pourquoi je t’invite aujourd’hui à le rencontrer de façon nouvelle.

Connaître et nommer son sexe, c’est :

  • Le faire exister dans son propre corps et, au-delà, dans la société.
  • Favoriser une parole auprès de nos enfants afin de les aider eux-mêmes à devenir des femmes et des hommes, respectueux les uns et des autres, heureux de leur sexe différent.
  • Accepter de se réconcilier avec sa féminité si celle-ci avait été blessée, pardonner à ceux qui ne nous ont pas aidée à en prendre soin, qui ne l’ont pas protégée ou qui ont pu la violenter. 
  • Ouvrir des pistes de réflexion possibles pour vivre une réconciliation paisible, quand elle est nécessaire, avec le sexe des hommes et la pulsion masculine. 
  • Être en accord avec lui, l’écouter, lui parler, le soigner.
  • Être en accord avec soi et avec l’autre afin de poser une parole de consentement qui sera respectée.
  • Oser le plaisir de la rencontre amoureuse en guidant les gestes et les baisers de son amant ou en se laissant guider par lui. 

Dire ou représenter notre sexe de femme est-il inconvenant ? 

Ce qui est inconvenant pour beaucoup, c’est que ce sexe puisse jouir ET donner la vie, sur un même corps. Deux fonctions, érotique et maternelle, pas toujours réconciliables selon nos croyances ou nos parcours. En ce sens, il fascine. Alors on le rase, on le conforme, on le norme, on le blesse, on le tait, tandis que certains scientifiques tentent de maîtriser sa fécondité.

Et si l’on aimait notre sexe, lieu de vie, fondement de notre identité, espace de plaisir et de tendresse ? 

Partons à sa rencontre !

Afin de t’aider à poursuivre ta réflexion, je te propose un petit exercice. Choisis un endroit que tu aimes, rassemble une feuille blanche, quelques crayons et prends le temps de dessiner ta vulve. Choisis ton approche : métaphorique, stylisée, poétique, anatomique. Puis écris-lui deux ou trois phrases. Prends ton temps. Ne te presse pas. N’aie pas peur de ton dessin ou de tes mots. 

Il n’y a pas un sexe idéal, il y a une multitude de sexes, à l’image de la multitude de nos visages et de la beauté de nos histoires. 

PS : 

  • Si tu ne sais pas à quoi ressemble ton sexe, sois curieuse : pars à sa rencontre avec un miroir, ou encore grâce au toucher.
  • Ce texte ne propose pas une approche exhaustive et anatomique du sexe féminin.
  • Si tu souhaites approfondir cette réflexion sur ton sexe, je te recommande le livre : Femme désirée, femme désirante de Danièle Flaumenbaum


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Cet article a été écrit par :
Hélène Dumont

Après avoir suivi un parcours de Lettres et Civilisations, Hélène est devenue professeur des écoles puis conseillère conjugale et familiale. Très attachée aux problématiques de l’articulation du maternel et du féminin, elle travaille aujourd’hui en cabinet libéral au rythme de sa vie de famille : un chouette époux et 6 enfants !
https://www.conseilconjugaletparentalite.com

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