Mon défi « Mille cadeaux » - Fabuleuses Au Foyer
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Mon défi « Mille cadeaux »

Une Fabuleuse Maman 6 décembre 2020
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Avant d’avoir des enfants, j’étais décrite par ceux qui me connaissaient comme une personne certes un peu râleuse, mais joyeuse et souriante. Et c’est encore vrai aujourd’hui, en dehors de ma famille.

Mais j’ai pris conscience, au bout de quelques années de maternité, que j’avais perdu cette joie de vivre à la maison : j’avais de moi-même l’image d’une maman préoccupée, prenant tout très au sérieux, râlant beaucoup, oubliant toute légèreté, ne sachant plus sourire et rire…quand je n’avais pas l’impression d’être carrément devenue un dragon.

Cela me rendait triste…

…j’avais envie de changer, de retrouver la joie et surtout d’en rayonner.

La pratique de la gratitude m’a tout de suite paru être un excellent chemin pour cela, et j’ai commencé à tenir un carnet où j’écrivais, chaque soir, une à trois raisons que la journée écoulée m’avait données de dire « merci ».

Seulement voilà : je n’ai jamais réussi à tenir dans la durée (plus de quelques semaines), quelque journal que ce soit, pas plus journal intime que carnet de gratitude. Un peu à la même période, il y a presque six ans, j’ai découvert Instagram, et je me suis prise au jeu, de faire défiler de jolies photos, et d’en prendre moi-même régulièrement (beaucoup moins jolies).

Cet engouement a été à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise, c’est que je devenais complètement accro. La bonne, c’est que prendre des photos me permettait en quelque sorte de fixer des moments de joie, des petits bonheurs dans ma mémoire ; et que comme j’étais accro, ma pratique était régulière. Accessoirement, je trouvais du plaisir à prendre des photos, et j’apprenais, je travaillais à m’améliorer, je progressais (et je découvrais ainsi une forme de créativité, moi qui ne croyais pas être créative, mais c’est une autre histoire).

Petit à petit, mon compte Instagram est donc devenu une sorte de carnet de gratitude. C’était un peu ma “ligne éditoriale”, si tant est que je puisse utiliser cette expression grandiloquente pour une galerie de quelques centaines de photos et quelques poignées d’abonnés. Prendre régulièrement des photos a aussi, je crois, affiné mon regard, m’a rendue attentive à des détails, des pépites dans la boue, de la beauté parfois un peu cachée que je voyais beaucoup moins, avant.

Il y a quatre ans à peu près, je découvrais les Fabuleuses, et le fait qu’Hélène insiste tant sur la puissance de la gratitude rejoignait vraiment ce que j’avais lu ailleurs et expérimenté moi-même. Cela a encore accru ma motivation à continuer de pratiquer !

Depuis le temps que je suis les Fabuleuses, j’ai entendu plusieurs fois Hélène raconter l’histoire d’Ann Voskamp et de ses Mille Cadeaux. Un jour, il y a un peu plus d’un an, je me suis dit :

« Et pourquoi pas moi ? »

J’aime les défis personnels, et l’idée de trouver mille cadeaux différents en un an était pour moi comme une auto-provocation, une sorte de « cap’ ou pas cap’ ? » avec moi-même. J’ai laissé l’idée faire son chemin, et j’ai répondu « cap’ ».

C’est ainsi que le premier dimanche de l’Avent 2019 — qui tombait un 1er décembre, c’était parfait —, j’ai commencé ma liste et partagé sur Instagram le défi que je me lançais. J’ai même fait semblant d’être une influenceuse en créant un hashtag dédié pour mieux retrouver les photos de mon défi.

Bien sûr, au début, c’était facile :

j’avais déjà commencé une petite liste dans les notes de mon téléphone, donc j’avais de l’avance. Et puis il me suffisait d’être attentive et de cueillir ce qui était là, sous mes yeux : le rayon de soleil, le café chaud, le silence, un enfant endormi, la beauté de la nature…

Au bout de quelques mois de pratique, il y a eu des moments d’essoufflement.

Les périodes où je broyais du noir, celles où les circonstances extérieures étaient pesantes (2020 nous a bien servis, à cet égard), qui s’ajoutaient au défi que je m’étais lancé de trouver mille cadeaux uniques, sans me répéter. Il fallait alors déployer plus d’attention, mieux chercher, relire plus attentivement mes journées. C’était un défi dans le défi, mais cela fonctionnait, je trouvais toujours, et finalement j’étais motivée par l’idée de trouver deux ou trois cadeaux pour « sauver » une journée en apparence ratée !

J’ai rapidement fait l’expérience assez grisante que cette pratique affinait en quelque sorte mes sens, intérieurs et extérieurs. J’appréciais de manière plus consciente et plus sensible la chaleur de la tasse entre mes mains, l’odeur de pain beurré des joues de mon petit dernier après le petit déjeuner, les plaisirs et les joies grandes et petites…

C’est très ténu, parfois presque imperceptible, mais de tout petits événements, de simples sensations, prennent une consistance qu’elles n’avaient pas avant.

Par exemple, quand j’arrive sur le quai de la gare, que mon RER est déjà là, et que le conducteur, me voyant courir pour l’attraper (le RER, pas le conducteur), attend que je sois entrée pour fermer les portes, je ne me dis plus seulement « ouf ! », mais aussi « merci ! », et je savoure cet instant de soulagement et de gratitude.

Cela peut paraître dérisoire, mais cela change énormément pour moi ! Je crois que c’est ainsi que j’ai expérimenté que vraiment, « le cadeau, c’est la gratitude ». La gratitude, cette émotion douce et bienfaisante qui ne dure parfois qu’une fraction de seconde, mais qui est comme un rayon de soleil qui nous réchauffe le dos, et que je peux connaître à nouveau en faisant revenir ces instants à ma mémoire — la mémoire de la tête et celle du cœur.

J’ai beaucoup hésité à partager ce défi.

Une petite voix me disait :

« À quoi bon ? Tu ne chercherais pas un peu ta petite notoriété, là ? Et si tu n’arrives pas à tenir, c’est un peu la honte, non ? Et puis vas ressembler à toutes ces mamans parfaites que tu adores détester, pour qui tout va toujours bien, avec ton compte qui dit toujours “ merci ”… »

Ce qui m’a décidée, c’est le fait que me dire que si je l’annonçais, je me sentirais obligée de tenir et d’aller jusqu’à mille.

Oui, l’orgueil donc, et un certain sens de l’engagement aussi.

Mais je m’en félicite, car ce partage a été source de deux autres cadeaux :

  • Le premier, c’est le témoignage de ceux — enfin, surtout celles — qui me disent le bien que mes partages de cadeaux leur font et la joie qu’ils leur procurent. Je reçois des commentaires ou des messages de personnes qui me remercient parce qu’en découvrant « mes » cadeaux, elles ouvrent les yeux sur les petits bonheurs de leur quotidien, ou parce que ça leur donne le sourire. Et chacun d’eux me touche immensément ! 
  • Le second, c’est la diffusion, à ma toute petite échelle, de la gratitude : telle abonnée commence son propre défi de mille cadeaux, une autre (très proche) a décidé de tenir un carnet, certaines me citent dans le partage de leurs propres « mercis »

Quelle joie de voir que le réseau social de la comparaison et de l’apparence peut aussi permettre de diffuser la gratitude et de toucher vraiment les personnes !

Il me reste maintenant un défi de taille :

Vivre cet état d’esprit et ce partage non seulement dans un réseau virtuel et par écrit, mais dans ma vie réelle, en particulier dans le quotidien de ma vie familiale. J’ai toujours été meilleure à l’écrit qu’à l’oral, et si je sais sans difficultés écrire, à tête reposée, la liste de mes cadeaux quotidiens, j’ai besoin d’apprendre :

  • à les dire,
  • à m’en émerveiller à voix haute dans l’instant,
  • à m’arrêter vraiment pour goûter le présent et à emmener les autres avec moi,
  • à ouvrir la bouche pour dire « merci » et pas seulement pour rappeler les règles ou demander si les devoirs sont faits ou si mon mari a pris du pain.

J’essaie de m’y appliquer, un petit pas après l’autre, mais j’ai encore beaucoup de chemin à faire !

En attendant, et pour me féliciter d’avoir relevé le défi des mille cadeaux et m’encourager à continuer, je vais m’offrir deux cadeaux très matériels :

  • Imprimer dans un livre photos toutes les photos de mon défi, avec les cadeaux en légende ;
  • Le fameux livre d’Ann Voskamp, pour le lire enfin !

Ce texte nous a été transmis par une fabuleuse maman, Juliette.



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