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Les complexes, au feu !

En début d’été, je m’étais lancée ce défi : assumer ma poitrine menue qui me complexe tant en portant un maillot de bain sans rembourrage. Un “body challenge” facile à relever, me direz-vous, mais qui représentait un vrai défi pour moi qui, durant de nombreuses années, restais enfouie sous des paréos informes dès que j’étais obligée de me dénuder sur la plage.

Pour vous dire à quel point j’étais atteinte : la plage était pour moi une épreuve à laquelle je ne me soumettais que de mauvaise grâce, en trouvant toujours une bonne excuse pour ne pas y aller :

  • Je dois garder les enfants !
  • J’ai mes règles… (si, si, je vous assure)

Et puis il y a quelques mois, ce déclic : ras le bol.

  • Ras le bol de mes maillots rembourrés qui mettent des plombes à sécher.
  • Ras le bol de rentrer le ventre pour que ma poitrine paraisse moins plate (si, si, je vous promets !)
  • Ras le bol de passer mon temps à observer les poitrines des autres, pour trouver, au choix, une plus grosse poitrine qui me confirmera dans mon complexe ou une plus petite poitrine (si ça existe) pour me rassurer, en mode : “Il y a plus plate que moi !”

Dans un cas comme dans l’autre, la comparaison reste un véritable poison.
Alors cet été, conformément à mon engagement de début juillet, j’ai pris le taureau par les cornes (ou le soutien-gorge par les armatures), et je me suis jetée à l’eau.

Résultat des courses ?

1/ Je me suis fait plaisir

Histoire de me donner un peu de courage, je me suis trouvé deux jolis maillots de bain en soldes. Des maillots de bain que je ne “m’autorisais” pas à porter jusque là.

Je me suis aussi autorisée à garder toute la journée mon haut de maillot de bain sous une ravissante robe de plage décolletée (à la grande joie de mon cher et tendre). Un petit pas pour la femme, mais un très grand pas pour moi.

2/ Je me suis étonnée

La première fois, honnêtement, ça fait bizarre. Vraiment bizarre. L’impression d’être nue, mais aussi que tout le monde regarde – alors qu’en fait tout le monde s’en fiche, les vagues et la plage de sable fin sont infiniment plus intéressantes que les complexes de Madâââme.

Et puis après, ça fait un bien fou. Ça peut paraître idiot, mais je me suis sentie libre. À tel point que je prévois de faire un feu de joie avec mes maillots rembourrés, désormais synonymes de prison pour ma pauvre poitrine qui y fut enfermée pendant de si nombreuses années. Un feu de joie qui entérinerait, une bonne fois pour toutes, la fin de ce complexe qui m’accompagne depuis l’adolescence.

(Je rassure le pompier qui me lirait avec effarement : ce feu de joie est une expression qui m’a juste semblée plus parlante que “mettre mes maillots de bain dans un sac poubelle pour les emmener à la benne de recyclage”.)

3/ Je me suis mise en chemin

Alors, évidemment, les choses sont un peu plus compliquées que cela. S’il suffisait de se mettre en bikini triangle pour être réconciliée avec sa poitrine menue, ça se saurait. S’il suffisait de porter une robe moulante pour assumer son petit bidon, ça se saurait aussi. Eh oui, car le complexe est pernicieux et qu’il n’a jamais dit son dernier mot. Un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock : même quand on n’en veut définitivement plus, ils revient frapper à la porte. Encore et encore.

Le complexe, c’est un peu la même chose que la culpabilité maternelle : il ne nous conduit jamais à faire les bons choix. Pour moi, c’était se priver de plage; pour d’autres, c’est se priver d’apéro et passer son été à s’affamer pour “garder la ligne”, pour d’autres encore, c’est maltraiter son bourrelet des hanches en le glissant dans une gaine et passer la soirée à retenir son souffle.

Le complexe, comme la culpabilité, est un poison qui revient au premier coup de mou. À coup de petites phrases que l’on se dit à soi-même (surtout le dimanche soir, surtout quand il pleut, et surtout à la veille de nos règles). À coup de regards envieux portés à une femme que l’on croise.

Le complexe, c’est aussi un faux ami…

…mais un faux ami un peu rassurant, parce qu’il a accompagné pendant des années la vision que l’on a de notre corps.

Mais ces complexes, quels qu’ils soient, sont TOUS liés à notre histoire, à notre vécu avec notre corps et à l’héritage qu’il a reçu. Alors, cet été, assise sur ma serviette de plage  – et alors que je tentais bien vainement de ne pas me transformer en naïade panée à cause de la proximité de mes deux affreux – j’ai pris le temps de réfléchir à toutes les raisons profondes et plus superficielles pouvant “expliquer” ce complexe, et j’ai décidé, calmement, sereinement, de me mettre en chemin.

J’ai décidé de continuer à m’entraîner pour trouver la bonne parade et faire en sorte que ce complexe insidieux puisse, un jour, définitivement, trouver porte close quand il s’avisera de frapper à ma porte.

Toi aussi, tu veux envoyer bouler tes complexes et te mettre en route vers plus de bienveillance envers toi-même ?

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HB-article-lettre qui illumine

profil-anna-chroniqueuseDepuis plus de 10 ans et après une école de journalisme, Anna Latron met sa plume au service de l’information en collaborant à plusieurs magazines, sites et radios. C’est en réalisant un dossier sur l’imperfection heureuse qu’elle rencontre Hélène Bonhomme dont elle est aujourd’hui collaboratrice, notamment pour le programme de formation continue du « Village ». Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans et après avoir traversé un cancer, Anna débarque dans l’univers de la maternité il y a 7 ans en devenant maman d’Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme. Une confrontation à la différence qui met cette jeune maman face à un défi : accepter les limites de son enfant, mais surtout les siennes, en choisissant la voie de la liberté ! Quant à Aymeric, le petit frère d’Alexis, c’est un fabuleux bêtisier de 3 ans qui pousse sa maman à persévérer dans l’acceptation de sa propre imperfection !

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