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L’abécédaire des mamans

Le monde de la maternité est unique, passionnant, éreintant. Son influence sur notre vie est indéniable : il va même jusqu’à changer le sens des mots les plus basiques de la langue de Molière. Venez faire le tour de l’abécédaire des mamans ; toute ressemblance avec la réalité est indépendante de notre bonne volonté. De toute manière, c’est vraiment trop exagéré pour être vrai… ou peut-être pas.

A comme aspirateur, objet du quotidien dont nous connaissons toutes le « slurp » lorsqu’il avale la chaussette qui s’était réfugiée derrière le fauteuil ; dont nous avons toutes au moins une fois vidé le contenu sur le sol pour chercher, entre les moutons de poussière et les grosses miettes, la pièce d’or du bateau pirate playmobil que nous avons vue disparaître dans la buse à la dernière seconde. Rappel : 3 est le nombre maximal de pièces de construction en bois que ton enfant peut aspirer discrètement avant de bloquer ton aspirateur à jamais.

B comme bain. Le bain !!! Activité salvatrice qui occupe ton enfant dans un espace plus ou moins restreint. Quelques millisecondes de paix lorsque l’enfant est absorbé dans ses jeux, et quelques millisecondes aussi pour une salle de bain inondée. PS : on vérifie toujours avant le bain si l’enfant ne devrait pas aller aux toilettes (je parle d’expérience, ça peut vraiment changer l’humeur d’une journée).

C comme caca, justement. Il faut vraiment être maman pour savoir en parler tout en sirotant un petit café. Mon prof de psychiatrie mentionnait à une classe de jeunes étudiants dubitatifs « que le bâton fécal dans le pot est le premier cadeau d’un enfant à sa maman »… Eh bien je l’ai compris avec ma première fille : qu’est-ce qu’on peut se réjouir de la propreté naissante de notre progéniture !

D comme dents… la raison, la source, l’explication implacable de tous nos soucis et de la plupart de nos nuits blanches. « Il fait ses dents »… et puis quand elles sont enfin toutes là, elles commencent à bouger (tout comme l’humeur de nos enfants), elles tombent et c’est reparti pour un tour.

E comme épilation : luxe que par instinct de survie, l’on coince dans nos agendas en été. Acte que l’on bannit en hiver… tant pis pour les jambes de yéti. Dans notre planning de mère, on est déjà contente si l’on parvient à aller chez le coiffeur une fois de temps en temps. (Alternativement : E comme ennui… mais le mot a quitté notre vocabulaire, c’était quoi déjà l’ennui ? Ah oui, un conte de fées).

F comme fenêtres… jamais propres, sauf quand la belle-mère vient en visite. Mais si d’aventure elles sont propres, les premières traces seront celles de confiture de framboise que votre petit y aura collées en regardant un oiseau passer.

G comme garage, caverne d’Alibaba… remplie de mille et un articles de puériculture, tout sauf votre voiture… le meilleur endroit pour cacher la chemise de votre mari que vous trouvez vraiment moche (là, il n’ira pas la chercher).

Entrée alternative : G comme grasse matinée : mot rayé du dictionnaire depuis l’arrivée d’un petit bout qui trouve que le samedi à 6:07, on devrait franchement tous croquer la vie à pleines dents.

H comme héroïne, m’enfin, non, pas la drogue… l’héroïne, c’est nous, c’est cette partie cachée en nous qui soulève des montagnes jour après jour et qui, s’il le fallait, pourrait soulever une voiture pour libérer son enfant coincé dessous.  

I comme « il est l’heure », il est toujours l’heure de quelque chose d’ailleurs, et moi aussi je préfèrerais me cacher sous la couette au lieu de me lever le matin mais « il est l’heure ».

J comme « je viens », phrase qui veut tout dire sauf que la personne arrive. Phrase préférée des mamans quand tout le monde l’attend déjà dans la voiture.

K comme koala, panda, zèbre, girafe, tous les animaux que nos enfants ont déjà rêvé d’avoir et pour lesquels ils ont versé d’amères larmes et nous ont fait la tête parce qu’on a osé dire que non, on ne mettra pas de lama dans le jardin de mami et papi.

L comme « lire tranquille un gros livre pour adulte sans être interrompue tous les 3 mots », activité précieuse et rare, demandant une dextérité exceptionnelle et une stratégie infaillible. Peut s’exercer aux toilettes avec l’oreille en alerte ou encore le soir dans le lit (s’il est possible de tenir plus de 4 minutes sans tomber de sommeil).

M comme Mermaidia, à ne pas confondre avec Lilipucia, ou encore Mariposa au risque de décevoir à jamais votre princesse de 4 ans et demi qui ne comprend pas qu’on puisse confondre les trois films Barbie aussi facilement.

N comme « non » (tout comme « stop » et« attends ») : mot invisible, semble se placer sur une fréquence auditive que l’oreille enfantine ne perçoit pas.

O comme oreille, petite orifice qui permet de stocker la pièce Lego qu’on ne veut pas prêter au petit frère. Le même principe s’applique évidemment aux narines. Et hop, un petit tour chez l’ORL.

P comme « putain de merde fait chier», les mots qui vous ont échappé en découvrant que tous les slips de votre mari sont devenus roses à cause de la chaussette rouge que vous avez oublié de sortir du panier à linge. Mot que votre canaille a évidemment clairement entendu, retenu et qu’il répète maintenant à tue-tête («bonjour madame François, maman, elle a dit ‘putain de merde fait chier’ ce matin, c’est pas bien ! ».

Q  comme « Quentin », le petit camarade insupportable de mon aîné qui aime tant venir jouer chez moi et que je pourrais étrangler juste en entendant sa voix (et qui n’aime que les frites et les chicken nuggets « sans sauce s’il vous plé madaaame »).

R comme « respire », le meilleur conseil qu’on peut donner à une maman qui vient de se faire vomir dessus, qui a oublié de laver ses vêtements à elle, qui est donc à court de culotte propre et qui vient de se voir dans le miroir après une nuit blanche (voir la définition de « dents »). Bref, « respire profondément maman, ça va passer ».

S comme sexe… thématique ayant triplé en complexité depuis la naissance du premier enfant, après décuplement du niveau de fatigue, et apparition de l’envie irrépressible de vivre en ermite sur l’Himalaya.

T comme télécommande, objet que tout le monde cherche mais que personne ne trouve jamais en raison de l’irrésistible capacité de ce dernier à se glisser entre les coussins du canapé.

U comme urgence. Ce moment où vos enfants hurlent à la mort parce que la chaussure de la poupée coince, que leur livre préféré est rangé trop haut ou, pire, qu’internet a encore planté.  

V comme voisine : personne qui sait toujours mieux comment éduquer vos enfants et qui n’hésitera pas à vous le rappeler (« Madame Fischer, il y a un petit vent, vous ne devriez pas lui mettre un bonnet peut-être ? »).

W comme WC, le trône, à rejoindre le plus discrètement possible dans l’espoir de ne pas être tout de suite trouvée par une armée d’enfants malnutris qui voudraient que tu ouvres sur le champ le paquet de biscuits.

X comme xylophone, mot à peine compliqué que votre enfant daignera dire avant même de prononcer son premier «maman ».

Y comme la tache de yaourt qui décore depuis le départ de la maison votre veste sombre, repassée et délicatement choisie pour votre réunion importante. Il aura juste fallu un bisou enjoué du petit… et sa petite main potelée qui se pose sur votre épaule. La note finale à vos efforts vestimentaires journaliers : le cachet « haute couture ».

Z comme zen, art de vivre que toute mère devrait pouvoir mettre en oeuvre quand elle découvre que son enfant a réussi à ouvrir le dentifrice pour se l’appliquer dans les cheveux, jouer au ping pong avec les œufs, nettoyer la voiture avec ta brosse à dent électrique et mange des chips dans le lit parental.

Il est pas fabuleux, l’abécédaire des mamans ?

Ben oui… Évidemment ! Unique, passionnant, éreintant.

profil-rebecca-chroniqueuseD’origine belge, Rebecca est installée en Allemagne avec son mari et ses trois filles. Psychologue indépendante et mère au foyer pleine d’entrain, elle garde de ses études en psychologie positive un regard bienveillant sur la femme et la famille. Après avoir accompagné de nombreuses personnes handicapées, Rebecca est aujourd’hui la maman adoptive d’une petite fille porteuse de trisomie 21.  Découvrir le site de Rebecca (en allemand).

 

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