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La vérité sort de la bouche des enfants

J’ai noté quelques phrases dites par mes enfants depuis qu’ils parlent. Si elles me font rire par leur incongruité, j’y vois aussi, pour beaucoup, des « leçons de sagesse ».

Une de mes amies, après avoir perdu deux enfants, m’a confié qu’un de ses moyens pour survivre a été d’adopter cette façon qu’ont les enfants d’être pleinement dans l’instant qu’ils vivent. Je vous propose donc de me suivre dans cette voie, au fil d’une petite promenade…

À travers les mots d’enfants.

Et ce que j’en retire.

  1. La situation : C’est l’hiver, il fait presque noir. J’entre dans leur chambre. Je vois mon fils, âgé de 3 ans, debout sur une chaise, une perceuse en plastique à la main, ses lunettes de soleil sur le nez. Je lui demande :

« Que fais-tu mon chat ? »

Réponse : « Je suis un travailleur de la nuit, maman ».

La leçon : Pour réaliser ses projets, se débrouiller avec ce que l’on a. Arrêter de se dire « Ah oui moi aussi je pourrais faire de grandes choses de ma vie si j’avais ça et ça et ça ».  Mais plutôt se demander : « Avec ce que j’ai autour de moi, avec la vie telle qu’elle est pour moi en ce moment, avec ce manque de sommeil, avec mes moyens,

Que puis-je faire pour me rapprocher d’une vie qui me plaise ? »

  1. La situation : Retour d’école. Avec mon fils âgé de 4 ans à ce moment-là, nous jouons aux cartes, à la bataille. Lui : « Maman, la dame de carré gagne sur le valet de feuille ou c’est l’inverse ? »

La leçon : Se débrouiller comme on peut – dire les choses à notre façon sans toujours chercher ce qui se dit ou « ce qui se fait ». Faire confiance à sa sensibilité.

Ma question pour vous :

Qu’est-ce que je m’empêche de faire par peur du jugement des autres ?

  1. La situation :  Au moment des élections municipales, mon fils âgé de 7 ans me demande ce que fait un maire pour une ville. Après lui avoir expliqué, je l’interroge : « Et toi mon chou, quelles décisions prendrais-tu si tu étais maire de Marseille ? »

Voici sa réponse : « Si j’étais maire de Marseille, le jour de Noël je ferais un grand feu pour les pauvres et on leur offrirait des cadeaux achetés pour eux par les gens plus riches. J’inventerais des trottoirs amovibles qui pourraient s’écarter pour former des routes en fonction de la circulation. Je rétrécirais le Vieux Port pour transformer une de ses parties en bassin pour que les enfants puissent s’y baigner. Je ferais en sorte que les maisons s’allongent un peu plus pour qu’on fasse pousser des arbres et que les policiers puissent les escalader pour surveiller les bandits. J’ajouterais un jour de semaine en plus pour se reposer. »

La leçon : Pour résoudre un problème, petit ou grand, libérer sa créativité, notamment en osant se poser des questions qu’on ne se pose pas d’habitude. En osant aussi des réponses folles. En osant partir dans tous les sens, se montrer déraisonnable, rêver trop loin.

Ma question pour vous :

Si j’avais tout l’argent nécessaire, qu’est-ce que je changerais à ma vie ?

4. La situation :  Je leur parle du cancer de mon petit frère, quand il était enfant. Ils me questionnent sur l’âge qu’avait mon frère, à l’époque, sur des tas de détails de sa maladie, des cheveux qu’il avait perdus, de sa maigreur…
À la fin, ils restent silencieux, un moment.

Fils 1 (7 ans) : « Il a été super courageux ! »
Fils 2 (6 ans) : « Ouais, comme un vrai aventurier tu veux dire… »
Fils 1 : « Et maman, comme les médicaments avaient tué toutes les cellules, même les bonnes, il mangeait quoi après ton petit frère ? »
Moi : « Il mangeait de la tartiflette à presque tous les repas. »

Fils 1 : « C’est quoi, la tartiflette ? »

Moi : « C’est un plat qu’on mange en hiver le plus souvent. On met dans un plat qui va au four du saucisson ou du lard, des oignons, des pommes de terre et on recouvre le tout avec un formage entier qui va fondre dessus. »
Fils 2 : « Ah ouais, il avait une faim de loup, quoi ! »
Fils 1 : « Et c’est comment la recette de la tartiflette maman ? Ça existe en vidéo sur internet ? On peut chercher s’teupl ? »

La leçon : Être capable, même face à la plus dramatique des situations, de voir ce qu’elle contient aussi de vivant, de léger.

Ma question pour vous : À cette copine qui traverse un moment difficile, ou à mon mari qui va mal en ce moment,

Quelle petite joie de mon quotidien pourrais-je partager ?

Quel petit plaisir lui souhaiterais-je de vivre aujourd’hui ? (Et si je lui envoyais tout de suite par texto ?)

  1. La situation : Un jour, à table. Mon fils aîné, âgé de 9 ans, me propose un quartier de la poire juteuse qu’il est en train de peler. J’accepte, le remercie. Il continue à me proposer chaque morceau de sa poire.

Je m’étonne : « Et toi ? tu n’en veux pas ? »

Lui : « Si, si, mais j’en ai une autre, je me la pèlerai après ».

La poire est délicieuse. Je la savoure. À la fin, je le remercie de sa charmante attention. Il me répond, presque attendri :

« Je m’entraîne pour quand tu seras vieille, maman ».

La leçon : Savourer ! La poire, le mot, l’instant !

Ma question pour vous :

« Et si j’arrêtais de lire cet article, là tout de suite, que je fermais les yeux et que je décidais de savourer la minute que je vis là, maintenant ? »

Quel mot d’enfant vous a donné à penser ou à vivre, récemment ? Dites-le nous en commentaire !

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profil-valerie-chroniqueuseValérie de Minvielle est psychologue clinicienne. Après 20 ans d’expérience en psychologie clinique et art-thérapie, elle a fondé en 2015 « Ma juste place », une méthode d’accompagnement personnalisée pour les femmes qui veulent trouver leur équilibre et se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Valérie anime également des formations à la connaissance de soi dans plusieurs instituts de formation et établissements scolaires, en France et en Belgique. La joindre sur : http://www.majusteplace.com/ 

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