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8 questions à Josiane Trachsel, serial entrepreneuse et serial fabuleuse

Josiane Trachsel est maman de 4 enfants et dirigeante d’Akyado, l’un des grands leaders de la cosmétique en Suisse. Une société qui forme aussi les femmes à créer leur entreprise, en Suisse et en France. Portrait d’une maman qui se définit elle-même comme une serial entrepreneuse !

Pouvez-vous nous présenter votre famille ?

J’ai 1 mari, 3 filles et 1 garçon. Nous sommes tous des blonds ! Des vrais blonds naturels, fabriqués en Suisse. J’ai aussi un gendre que j’aime beaucoup, même s’il n’est ni blond, ni suisse !

Pourquoi avez-vous choisi la cosmétique ?

La cosmétique n’a pas été mon choix premier. En fait, je me serais lancée dans n’importe quoi qui pourrait former les femmes à l’indépendance. Il se trouve que la cosmétique est la réponse que nous avons trouvée. En fait, mon mari est beaucoup plus cosmétique que moi. Il est un peu plus blond que moi ! (Rires)

 Que signifie “former les femmes à l’indépendance” ?

C’est permettre aux femmes de gérer leurs réalités familiales tout en gagnant leur vie. Par gagner sa vie, j’entends être une ressource principale. Je suis persuadée que toutes les femmes ont la possibilité d’être un “revenu n°1” de leur foyer !

Est-ce que cette volonté de former les femmes à l’indépendance vient de votre histoire personnelle ?

Mon mari voulait 6 enfants, moi 2 : on a coupé la poire en deux et on a fait 4 enfants. J’ai été infirmière pendant 4 ans, mais faire carrière dans milieu médical en ayant 4 enfants aurait généré trop de difficultés. Ce qui m’a stimulée à faire ce que je fais aujourd’hui, c’est de me dire : “Je ne suis pas la seule à avoir fait des études (bac+4, sans compter les années d’expérience) et à me retrouvée coincée, à devoir choisir entre la famille et le travail. Ce n’est pas juste de devoir sacrifier l’un ou l’autre !”

Avez-vous toujours eu cet esprit d’entreprise ?

Pour moi, le travail n’a jamais été une malédiction. Même lorsque j’étais en congé parental, je faisais du bénévolat et je m’investissais dans tout un tas de projets. Je suis comme ça, j’aime entreprendre.

Au moment où je suis interviewée, je suis comme un lion en cage : suite à une opération, je suis immobilisée sans mon permis de conduire. Ce matin, le paysagiste est venu s’occuper des haies et je n’ai pas pu m’empêcher de parler business avec lui ! Au fond, je suis une serial entrepreneuse.

Comment avez-vous concilié vie pro et vie perso lorsque les enfants étaient petits ?

Avant tout, j’ai fait le tri dans les différents besoins du foyer. J’ai identifié les tâches qui pouvaient être faites par quelqu’un d’autre, sans que la qualité de vie et l’atmosphère de la maison soient changées. J’ai eu la chance d’avoir une jeune fille au pair et une femme de ménage. Tout ce que je pouvais déléguer, je l’ai délégué.

Ensuite, j’ai l’a chance d’avoir une maison dont nous avons pu transformer le sous-sol en entreprise, autrement dit de travailler quasiment à domicile. A la naissance de ma dernière fille, je travaillais à 100% tout en allaitant. Je me suis toujours imposée d’être là à midi (hormis déplacements d’affaires) et de cuisiner le soir.

Aujourd’hui j’ai 70 collaborateurs, une entreprise internationale, mais je suis quand même encore souvent là !

Et puis, il y a le partage des tâches ! Par exemple, mon mari a souvent été présent aux rencontres parents-profs, et c’est lui qui s’est occupé du suivi au niveau médical.

C’est vrai que j’ai un travail qui m’absorbe à 100%. Je n’ai pas toujours aussi bien géré la conciliation entre vie pro et vie perso que les femmes que je forme aujourd’hui. Résultat : j’ai des enfants plutôt débrouillards !

Quelle est la place des mamans dans les affaires ?

Peut-être bien que je suis féministe : pour moi, la femme doit reprendre ses affaires en mains. Il faut que nous les femmes, nous arrêtions d’être des demi portions d’êtres humains. Nous avons toutes notre rôle à jouer dans l’économie.

Alors oui, on donne la vie et on élève nos enfants. Mais il y a 60 ans, il n’y avait pas de machine à laver, nos mères et nos grands-mères faisaient la lessive au bac et du pain maison, elles avaient des salades à faire pousser et de la layette à tricoter. Elles travaillaient bien plus que nous.

Aujourd’hui, alors que nous avons beaucoup plus de facilités, j’en ai marre de voir seulement la moitié de de l’humanité diriger l’économie !

Les femmes sont douées pour mettre en place les bases pour la génération suivante. Elles ont l’extraordinaire capacité de faire grandir les autres et de gérer pas mal de conflits. Et ça, ça a de la valeur ! Il y a une vraie place pour les mamans dans le monde des affaires et de l’indépendance. Je crois qu’aujourd’hui, les femmes doivent arrêter de se cacher. Elles ne doivent pas être des moitiés de femmes, mais des femmes jusqu’au bout.

Un mot pour les Fabuleuses qui souhaitent lancer leur propre entreprise ?

Le succès, c’est d’essayer. À la fin de notre vie, nos regrets concerneront les choses que nous n’aurons pas osées faire ! Entreprendre, c’est croire en soi et se dire : “au moins, j’aurai essayé.” Qu’est-ce que toi, tu peux faire ? Qu’est-ce que tu as envie de faire ? A ton niveau, qu’est-ce qui te fait vibrer ? Essaie !

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  • 5692

    Merci pour ce témoignage.. que c’est encourageant !

    Maman de 3 enfants et bientôt 4 … diplômée d’une école d’architecture (bac+5), j’ai créé mon agence d’architecture d’intérieur il y a 1 an.
    J’ai envie de croire qu’il est possible d’avoir sa famille nombreuse tant désirée et en même temps, exercer mon métier qui me passionne.

    J’ai de la chance car l’agence semble avoir son petit succès….et je travaille sur des projets intéressants. Je ne travaille pas le mercredi pour les conduites aux activités et ne mets pas les enfants à la garderie le soir pour le moment. Les journées sont courtes mais intenses. Si cela est nécessaire, je rattrape le soir ou le week end.

    Même si parfois, je doute de mes capacités à tout surmonter, je m’interroge beaucoup sur le bien-être et l’équilibre de mes enfants qui me voient beaucoup moins disponibles pour eux. Heureusement j’ai le soutien de mon mari que j’interroge souvent sur le « qu’est ce que tu ferais à ma place?… garderie/ pas garderie? ne sont ils pas trop petits pour n’avoir que 5 semaines de vacances par an comme nous? » (pour info…ma maman était mère au foyer et je n’ai donc pas vécu autre chose que des vacances à la maison ou au bord de la mer !)
    Bref, un tiraillement permanent entre le travail et les enfants…
    j’envisage également de prendre une jeune fille au pair l’année prochaine avec l’arrivée du 4 ème.

  • Le gros sujet de la conciliation pro perso… Sachant que l’épanouissement pro est bon pour l’épanouissement perso et qu’à l’inverse une vie de famille apaisée est le meilleur atout pour réussir dans le business 🙂 En tout cas bravo et bonne continuation ! Il n’y a pas de solution miracle, l’important est que vous soyez vous-même et que vous osiez être heureuse dans vos choix !

  • Manou

    bonjour,
    article riche et intéressant en terme d’ informations d’ audace et de courage, un exemple encourageant pour bon nombre d’ entre nous!!

  • Merci pour ce retour ! Be fabulous 🙂

  • a2m

    merci pour l’article, voici ce que je retiens : le propre de la femme, c’est « la capacité de faire grandir les autres et de gérer pas mal de conflits », très vrai !

    en revanche, je ne me sens pas, mais alors pas du tout « demie-portion d’être humain » parce que je ne m’investis pas dans l’économie ! …

    et j’oubliais, parfois la santé nous oblige à faire des choix… alors comme on ne peut pas TOUT faire, on choisit… la vie familiale… mais en étant quand même « portion complète d’être humain » !

  • Bonjour, ah non vous n’êtes pas une demi-portion, loin de là !!! Un vraie fabuleuse pleine et entière 🙂 Encore heureux !!!
    Je pense que ce que Josiane voulait dire, c’est que dans le contexte de l’économie les femmes qui souhaitent s’y investir n’ont pas à se cacher ! En tout cas le plus important c’est que chacune puisse se sentir pleinement à sa place, où que ce soit !
    Et pour les choix, c’est vrai, on ne peut pas tout faire, heureusement que dans la vie il y a des saisons ! Merci beaucoup pour votre réaction !

  • Priscille Desfeuillet

    Je retiens la même chose que « a2m » à savoir que « les femmes ont la capacité de faire grandir les autres et de gérer pas mal de conflits ». Je trouve ça très valorisant de savoir que j’aide mes enfants à devenir des adultes qui tiennent debout! Mais pourquoi se sentir forcément « coincée » à devoir choisir entre la vie de famille et le travail ? Je n’ai pas l’impression d’avoir fait ce choix en me disant que je sacrifiais ma carrière. J’ai renoncé à certaines choses, mais la vie est faite de renoncements qui ne sont pas forcément signes de choix négatifs. Et pourtant j’aime beaucoup mon métier!! Mais malgré les moments difficiles et la fatigue, je suis heureuse d’être à la maison. Sûrement que la reconnaissance de mon mari y est pour beaucoup…