8 questions à Josiane Trachsel, serial entrepreneuse et serial fabuleuse - Fabuleuses Au Foyer
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8 questions à Josiane Trachsel, serial entrepreneuse et serial fabuleuse

Hélène Bonhomme 23 octobre 2015
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Josiane Trachsel est maman de 4 enfants et dirigeante d’Akyado, l’un des grands leaders de la cosmétique en Suisse. Une société qui forme aussi les femmes à créer leur entreprise, en Suisse et en France. Portrait d’une maman qui se définit elle-même comme une serial entrepreneuse !

Pouvez-vous nous présenter votre famille ?

J’ai 1 mari, 3 filles et 1 garçon. Nous sommes tous des blonds ! Des vrais blonds naturels, fabriqués en Suisse. J’ai aussi un gendre que j’aime beaucoup, même s’il n’est ni blond, ni suisse !

Pourquoi avez-vous choisi la cosmétique ?

La cosmétique n’a pas été mon choix premier. En fait, je me serais lancée dans n’importe quoi qui pourrait former les femmes à l’indépendance. Il se trouve que la cosmétique est la réponse que nous avons trouvée. En fait, mon mari est beaucoup plus cosmétique que moi. Il est un peu plus blond que moi ! (Rires)

 Que signifie “former les femmes à l’indépendance” ?

C’est permettre aux femmes de gérer leurs réalités familiales tout en gagnant leur vie. Par gagner sa vie, j’entends être une ressource principale. Je suis persuadée que toutes les femmes ont la possibilité d’être un “revenu n°1” de leur foyer !

Est-ce que cette volonté de former les femmes à l’indépendance vient de votre histoire personnelle ?

Mon mari voulait 6 enfants, moi 2 : on a coupé la poire en deux et on a fait 4 enfants. J’ai été infirmière pendant 4 ans, mais faire carrière dans milieu médical en ayant 4 enfants aurait généré trop de difficultés. Ce qui m’a stimulée à faire ce que je fais aujourd’hui, c’est de me dire : “Je ne suis pas la seule à avoir fait des études (bac+4, sans compter les années d’expérience) et à me retrouvée coincée, à devoir choisir entre la famille et le travail. Ce n’est pas juste de devoir sacrifier l’un ou l’autre !”

Avez-vous toujours eu cet esprit d’entreprise ?

Pour moi, le travail n’a jamais été une malédiction. Même lorsque j’étais en congé parental, je faisais du bénévolat et je m’investissais dans tout un tas de projets. Je suis comme ça, j’aime entreprendre.

Au moment où je suis interviewée, je suis comme un lion en cage : suite à une opération, je suis immobilisée sans mon permis de conduire. Ce matin, le paysagiste est venu s’occuper des haies et je n’ai pas pu m’empêcher de parler business avec lui ! Au fond, je suis une serial entrepreneuse.

Comment avez-vous concilié vie pro et vie perso lorsque les enfants étaient petits ?

Avant tout, j’ai fait le tri dans les différents besoins du foyer. J’ai identifié les tâches qui pouvaient être faites par quelqu’un d’autre, sans que la qualité de vie et l’atmosphère de la maison soient changées. J’ai eu la chance d’avoir une jeune fille au pair et une femme de ménage. Tout ce que je pouvais déléguer, je l’ai délégué.

Ensuite, j’ai l’a chance d’avoir une maison dont nous avons pu transformer le sous-sol en entreprise, autrement dit de travailler quasiment à domicile. A la naissance de ma dernière fille, je travaillais à 100% tout en allaitant. Je me suis toujours imposée d’être là à midi (hormis déplacements d’affaires) et de cuisiner le soir.

Aujourd’hui j’ai 70 collaborateurs, une entreprise internationale, mais je suis quand même encore souvent là !

Et puis, il y a le partage des tâches ! Par exemple, mon mari a souvent été présent aux rencontres parents-profs, et c’est lui qui s’est occupé du suivi au niveau médical.

C’est vrai que j’ai un travail qui m’absorbe à 100%. Je n’ai pas toujours aussi bien géré la conciliation entre vie pro et vie perso que les femmes que je forme aujourd’hui. Résultat : j’ai des enfants plutôt débrouillards !

Quelle est la place des mamans dans les affaires ?

Peut-être bien que je suis féministe : pour moi, la femme doit reprendre ses affaires en mains. Il faut que nous les femmes, nous arrêtions d’être des demi portions d’êtres humains. Nous avons toutes notre rôle à jouer dans l’économie.

Alors oui, on donne la vie et on élève nos enfants. Mais il y a 60 ans, il n’y avait pas de machine à laver, nos mères et nos grands-mères faisaient la lessive au bac et du pain maison, elles avaient des salades à faire pousser et de la layette à tricoter. Elles travaillaient bien plus que nous.

Aujourd’hui, alors que nous avons beaucoup plus de facilités, j’en ai marre de voir seulement la moitié de de l’humanité diriger l’économie !

Les femmes sont douées pour mettre en place les bases pour la génération suivante. Elles ont l’extraordinaire capacité de faire grandir les autres et de gérer pas mal de conflits. Et ça, ça a de la valeur ! Il y a une vraie place pour les mamans dans le monde des affaires et de l’indépendance. Je crois qu’aujourd’hui, les femmes doivent arrêter de se cacher. Elles ne doivent pas être des moitiés de femmes, mais des femmes jusqu’au bout.

Un mot pour les Fabuleuses qui souhaitent lancer leur propre entreprise ?

Le succès, c’est d’essayer. À la fin de notre vie, nos regrets concerneront les choses que nous n’aurons pas osées faire ! Entreprendre, c’est croire en soi et se dire : “au moins, j’aurai essayé.” Qu’est-ce que toi, tu peux faire ? Qu’est-ce que tu as envie de faire ? A ton niveau, qu’est-ce qui te fait vibrer ? Essaie !



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Cet article a été écrit par :
Hélène Bonhomme

Fondatrice du site Fabuleuses au foyer, maman de 3 enfants dont des jumeaux, Hélène Bonhomme multiplie les initiatives dédiées au bien-être des mamans : deux livres, deux spectacles, quatre formations, la communauté du Village, une chronique sur LePoint.fr et un mail qui chaque matin, encourage plusieurs dizaines de milliers de femmes. Diplômée de philosophie, elle est mariée à David et vit à Bordeaux.

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