Il m’est arrivé de te détester, toi la maman parfaite - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Il m’est arrivé de te détester, toi la maman parfaite

il m'est arrivé de te détester
Une Fabuleuse Maman 3 avril 2023
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Je suis enseignante dans un collège et cette semaine, une collègue s’est assise à côté de moi, à la pause midi. Je la connais assez peu. Nous avons partagé une semaine de voyage scolaire l’an dernier, pendant laquelle nous avons échangé sur nos familles et nos quotidiens de maman. Mais pas plus.

Ce jour-là, elle ne voulait pas échanger.

Elle voulait savoir comment je faisais pour coucher mes enfants.

Je lui ai dit sur un ton relativement léger que j’avais la chance de n’avoir aucun souci le soir et que, depuis toujours, mes enfants se mettent au lit sans problème.

À ce moment-là, j’ai lu dans son regard de l’admiration, de la colère, de l’envie et du désespoir. Ça m’a bouleversée. Je ne lui ai pas menti, je n’ai pas enjolivé la situation, mais je me suis rendu compte qu’elle aurait probablement préféré m’entendre dire que c’était une galère sans nom tous les soirs.

Nous n’étions pas seules : plusieurs personnes se sont mêlées à notre discussion, avec des « tu devrais faire ça », « ah non surtout pas ça », « as-tu essayé de »…

J’avais envie de hurler « STOP », de faire taire toutes ces langues, soi-disant bienveillantes.

J’ai eu comme un flash. Je me suis revue quelques années plus tôt, quand je me noyais dans mon quotidien. J’avais moi aussi posé une question de ce genre à une collègue. Et la réponse que j’attendais était en fait une question. J’aurais voulu qu’elle me dise : « comment vas-tu ? », « as-tu besoin d’aide ? », plutôt que de me vanter les bienfaits du batch cooking.

Sur le moment, je m’en suis un peu voulu. Je n’ai pas su voir les signes. Mais la pause était courte, nous devions retourner devant nos élèves. 

Il m’a fallu quelques jours pour trouver le courage de lui écrire un mail.

De lui raconter que, moi aussi, j’avais perdu pied et que souvent encore je trébuchais, mais que grâce aux Fabuleuses, j’avais appris à me relever et à franchir les obstacles que je rencontre de façon plus sereine (enfin j’essaye).

Voici une copie du mail que je lui ai envoyé. Après l’avoir longuement relu, je me suis dit qu’il fallait que je le partage avec vous. C’est ma façon de dire merci à l’équipe des Fabuleuses. Merci pour tout.

« Salut ma belle,

Je n’ai pas eu l’occasion de te recroiser suite à tes questions sur les enfants la semaine dernière.

Je vais t’avouer un secret. Sous mes airs de “Maman parfaite”, je rame. Ou plutôt, j’ai ramé sévère.

Mais comme tout le monde, j’ai pendant longtemps porté le masque de la maman épanouie pour qui tout va toujours bien. La réalité est bien moins glamour. Je suis tombée très bas. Vraiment très bas. Dans la plus grande incompréhension de mon entourage proche.

Je détestais ma vie, ou du moins ce qu’elle était devenue depuis que j’étais maman.

J’avais un fabuleux mari, une belle et grande maison, un travail qui me plaisait et deux magnifiques enfants de 3 et 5 ans en parfaite santé. Sur le papier, pardon sur mon mur Facebook, la vie idéale. Et pourtant…

Me lever le matin était devenu un enfer, à peine moins pénible que de me coucher et d’affronter tout ce qui tournait en boucle dans ma tête.

J’ai mis du temps à comprendre pourquoi j’étais aussi mal. Pourquoi cette vie parfaite me donnait-elle la nausée ? Pourquoi est-ce que je culpabilisais de ne pas profiter de la chance que j’avais, quand d’autres mamans se retrouvaient seules ou face à la maladie ?

Je passais mes journées à me dire que demain, ça irait mieux. Que quand les vacances seront là, ça ira mieux. Quand les enfants seront plus grands, ça ira mieux, etc. Mais non, ça n’ira pas mieux demain si ça ne va pas aujourd’hui.

Comment je m’en suis sortie ? Grâce aux Fabuleuses, grâce à Hélène Bonhomme et à toute son équipe.

En 2017, ma fille avait 2 ans et mon fils 4, j’ai entendu parler du concept des Fabuleuses. À la suite de son burn-out parental, Hélène, la fondatrice, s’était lancé le défi d’écrire un mail par jour à d’autres mamans au bout du rouleau, pour raconter comment elle avait surmonté cette épreuve.

Ce petit remontant quotidien a commencé à m’ouvrir les yeux, petit à petit. D’abord en me faisant prendre conscience que je n’étais pas seule.

En février 2018, je me suis offert un mois de formation (virtuelle), “Quand Maman va, tout va”. 28 jours de petits challenges pour apprendre à prendre soin de la Fabuleuse qui est en moi. 

Ces 28 jours m’ont donné un sacré coup de boost. Je pensais que ça suffirait pour reprendre le dessus. Donc je n’ai pas enchaîné sur la formation d’une année proposée ensuite. 

Mais les mauvaises habitudes ont la vie dure, et très vite j’ai replongé. À coup de visites chez ma psy, de nuits à pleurer, etc.

Impossible de trouver mon équilibre. Je voulais être parfaite, et que les autres le soient aussi. Une maison impeccable, des enfants impeccables, un mari impeccable… Bref, la vie qu’on peut afficher sur les réseaux sociaux. J’avais le sentiment que je n’avais pas le droit de me plaindre. Toutes les autres mamans du monde paraissent heureuses et capables de tout gérer. Alors pourquoi pas moi ?

En mars 2021, après l’année de pandémie, j’ai sauté le pas : je me suis inscrite à la formation du “Village”. Une formation sous forme de vidéos courtes, de podcast et surtout de questionnement. Avec aussi des interactions entre mamans. J’avoue ne pas m’être beaucoup impliquée sur les plateformes d’échange, j’avais besoin de me retrouver.

Et franchement, ça a changé ma vie. J’ai repris confiance en moi, confiance en mon rôle de maman. J’ai réussi à affirmer ce que je voulais en termes d’éducation pour mes enfants auprès de certains de mes amis, j’ai réussi à trouver la légitimité que je cherchais depuis longtemps. 

Mon Fabuleux était au courant de mon inscription depuis le début. Il ne s’est pas impliqué, mais il a joué le jeu quand, au fil des mois et des modules de formation, des choses étaient proposées à deux.

En mars 2022 j’ai enchaîné avec la seconde année du Village. Cette fois sous la forme d’un audio par semaine à écouter avec un thème différent chaque mois.

Et je m’apprête à continuer l’aventure dans la Grande Famille.

Je ne suis pas une très bonne élève, je n’assiste pas à tous les Lives ou encore aux évènements comme la fête des Voisines. Je prends ce dont j’ai besoin, mais depuis maintenant 4 ans, cette immense boîte à outils m’a permis de sortir la tête de l’eau.

Aujourd’hui j’ai compris le pouvoir de la gratitude, le pouvoir que peut avoir un rayon de soleil sur une journée pourrie. J’ai appris à lâcher prise quand le combat est inutile et à en sortir quand même gagnante. 

La vie de maman est un bouleversement auquel personne ne nous prépare. On apprend au fur et à mesure. J’avais de grands principes sur l’éducation avant d’être maman… Tous ne sont pas partis à la poubelle, mais disons que la plupart ont été remaniés.

Aujourd’hui, je me sens bien. J’ai aussi trouvé un exutoire magique dans l’écriture. J’ai très souvent mis noir sur blanc mes états d’âme, et je les ai envoyés par mail à l’équipe des Fabuleuses. J’ai toujours reçu une réponse pleine d’encouragements et de bienveillance.

Voilà ce qu’il y a sous mon masque. Je sais que cet équilibre est fragile, mais en bonne scientifique que je suis, je sais que c’est le principe même d’un équilibre d’être fragile.

Si je te raconte tout ça, c’est aussi pour que tu te fasses confiance en tant que maman. Ne cherche pas de modèles, crée les tiens. Toi seule connais tes enfants. Si tu fais les choses parce qu’il faut et non parce que tu les ressens, ça ne fonctionnera pas.

Et surtout, n’oublie pas de penser à toi. Si tu vas bien, tes enfants iront bien.

Alors voilà, si tu es curieuse, jette un coup d’œil sur le site des Fabuleuses.

Tu peux aussi juste t’inscrire pour recevoir le mail du matin.

Si tu as envie d’en discuter, c’est avec grand plaisir. »

Quelques minutes après avoir appuyé sur « envoi », j’ai reçu une réponse :

« J’ai pleuré en lisant ton mail, et repleuré en le relisant. Je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule. Merci. Tu étais pour moi une icône de la maman parfaite et il m’est arrivé de te détester. Mais maintenant je sais que moi aussi je peux y arriver.

Je vais de ce pas consulter le site des Fabuleuses.

Ne change rien. Reste telle que tu es, j’espère qu’un jour je rayonnerais autant que toi. »

Moi aussi j’ai pleuré en lisant sa réponse. Depuis, nous sommes allées discuter autour d’un café. De tout, de rien, de notre fabulosité.

Nous avons beaucoup ri.

Merci les Fabuleuses !

Ce texte nous a été transmis par une fabuleuse maman, Solène.



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