Il y a des femmes capables de porter le monde entier sur leurs épaules, mais incapables de demander un verre d’eau, un conseil, de l’aide, une place. Et si le courage, le vrai, commençait dans ce geste minuscule, risqué, profondément déstabilisant : formuler une demande ? Dans son cabinet de psychologue-coach, Valérie accueille chaque jour des femmes que cette simple idée met déjà au défi.
« J’aimerais prendre des décisions courageuses. »
Récemment, j’ai été touchée par Marine qui, à ma question : « Quels changements aimeriez-vous voir apparaître dans votre vie ? », m’a répondu : « Je crois que j’aimerais réussir à prendre des décisions courageuses. »
Avec Marine, nous sommes parties faire une enquête à propos de ses peurs : peur de l’inconnu, peur de l’échec, peur du regard des autres, peur d’être jugée, peur du conflit, etc.
Je l’ai aussi invitée à faire des expériences audacieuses, à sa mesure.
La première de ces expériences a été celle de demander.
Formuler de petites demandes, des demandes anodines, des demandes culottées, des demandes inhabituelles. À des proches, ou à des gens qu’elle connaît peu.
Derrière le mot « courage », il y avait une difficulté bien précise.
Marine a reconnu qu’elle n’aimait pas avoir à demander de l’aide. Parce qu’elle croit depuis toujours devoir se débrouiller seule, parce qu’elle pense que demander est un aveu de faiblesse, et que la faiblesse ne fait pas partie de son monde, ni de l’image qu’elle a d’elle-même.
Elle cultive cette idée, déjà présente chez ses parents, qu’il faut être forte, et qu’être forte implique de ne jamais avoir besoin des autres.
Ne pas demander empêche la vie d’avancer
Récemment, j’ai rencontré Anna, qui, après dix ans de vie de mère au foyer, avoue du bout des lèvres : « J’aimerais me remettre à bosser, j’ai un projet qui me tient à cœur, mais je ne sais pas me vendre, alors rien ne se passe. Je n’ose pas aller demander des financements, ni rencontrer des gens que je ne connais pas et que je vais probablement déranger. »
Je pense encore à Aurélie, qui s’efface plutôt que de risquer le conflit avec sa mère, avec son boss, avec ses enfants. Elle s’efface en pensant retirer une donnée du problème. Mais en s’effaçant, en prenant sur elle, elle s’étiole, et renonce à vivre ce qui compte pour elle : le partage le soir en famille au dîner, des relations parent-enfant saines, l’intelligence du collectif pour faire face aux urgences au boulot.
Anna, Aurélie, Marine ont à plonger dans les racines de ces idées toutes faites, et c’est ce que nous faisons en séance. Mais j’aime assortir cette recherche dans leurs profondeurs d’expériences plus légères, dans le concret de leur vie.
Alors elles comme vous, dans un mouvement joyeux,
je vous invite cette semaine à oser demander.
Pourquoi pas commencer dès aujourd’hui à formuler des demandes « faciles » ou simples, à des gens que vous croisez tous les jours, que vous les connaissiez ou pas.
- Il peut s’agir de demander l’heure à quelqu’un dans la rue,
- de demander un service à une amie,
- de demander un compliment à votre conjoint,
- de demander un nouveau dossier au boulot,
- de demander à faire partie de telle communauté,
- de demander un entretien à une personne que vous admirez.
L’idée ici est de s’entraîner à demander.
Pour observer ce que cela vous fait. Pour voir si l’expérience accumulée vous donne un goût pour cette pratique d’ouverture.
Demander, c’est s’en remettre à l’autre, s’en remettre à plus grand que soi, s’en remettre à la vie. Qu’est-ce que ces expériences vous apprennent de vous ? De ce qui sous-tend vos relations avec les autres ?
Ensuite, demander plus grand
Une fois que vous vous êtes entraînée à demander des choses « ordinaires » à des gens « ordinaires », j’entends par là des gens de votre entourage direct, vous pouvez aussi vous préparer à demander des choses extra-ordinaires à des gens ou à des instances extra-ordinaires, et j’entends par là le Ciel, la Terre, Dieu, l’Univers, la Nature, la Vie.
Pour faire un pied-de-nez à vos pensées limitantes.
Pour voir, peut-être, des portes dont vous ne soupçonnez pas l’existence s’ouvrir. Pour changer de regard. Pour aérer votre esprit en ce printemps naissant.
Pour accéder à cette partie de vous qui veut vivre sa vie en beaucoup plus grand, et qui, peut-être, est plus accessible que ce que vous croyez.





