Ce que je choisis de transmettre à mes enfants - Fabuleuses Au Foyer
Dans ma tête

Ce que je choisis de transmettre à mes enfants

maman bébé
Sandra Aubert 28 février 2024
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« Vous comprenez, je voudrais que mes enfants soient heureux, qu’ils se sentent aimés plus que tout. Je veux qu’ils soient autonomes, débrouillards, curieux aussi. Et puis qu’ils aient confiance en eux. Je veux qu’ils soient optimistes, qu’ils croquent la vie à pleines dents. Bref, je veux le meilleur pour mes enfants ! »

Je parle sans reprendre mon souffle, la thérapeute ne m’interrompt pas. Elle garde le silence en me fixant de son regard bleu-vert et me laisse terminer ma phrase.

Je me tais à présent. Le silence s’installe entre nous. Un ange passe. Puis deux. 

« C’est tout ? » me questionne-t-elle enfin, d’un air que je pourrais aujourd’hui qualifier d’espiègle.

Deux mots qui me surprennent. 

Elle poursuit, voyant que je hoche la tête de manière presque imperceptible, partagée entre le doute et l’appréhension face aux mots qu’elle va prononcer.

« Et si vous deviez ne choisir qu’une seule de ces intentions pour vos enfants, laquelle choisiriez-vous ? » m’interroge-t-elle.

Je hausse doucement les épaules et laisse échapper un soupir.

Elle me laisse le temps de réfléchir.

S’invite alors dans mon esprit cette petite voix intérieure que je connais si bien : « Elle finit par m’agacer avec ses questions de psy. C’est de réponses dont j’ai besoin, pas de questions. Je m’en pose déjà suffisamment. » 

Évidemment, je ne pipe mot. Je soupire à nouveau. Je la reconnais, cette petite voix de l’agacement qui se rappelle à moi quand je suis vexée ou mise face à mes contradictions.

Au lieu de lui exprimer le fond de ma pensée, je détourne mon regard du sien et fixe l’horizon.

Le silence s’éternise. Sa question me bouscule, mais je dois bien reconnaître qu’elle est pertinente et mérite réflexion. 

Elle n’a pas tort dans le fond, j’en demande peut-être trop. Je m’en demande trop.

Trop de pression, trop de stress, trop d’attentes démesurées. À force de vouloir être la mère parfaite, je m’épuise. Je le sais, je le sens, physiquement et mentalement. 

C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté de pousser la porte de son cabinet. Maintenant que je suis face à elle, il est peut-être temps pour moi de regarder ma vie autrement. De changer de perspective et de faire un pas de côté pour regarder mon quotidien sous un angle nouveau. 

Si je devais ne formuler qu’un vœu, lequel choisirais-je ?

Après plusieurs secondes qui me semblent durer des heures, je parviens enfin à lui répondre :

« Si je ne devais transmettre qu’une chose à mes enfants, alors je choisirais la confiance. »

Cette conversation, qui remonte à plusieurs années maintenant, guide encore chacun de mes pas de maman aujourd’hui, chère Fabuleuse.

Cette séance, bien que très inconfortable sur le moment, m’a ouvert les yeux sur la pression que je m’infligeais, les exigences que je m’imposais et le poids dont je chargeais, par effet de ricochet, les épaules de mes enfants.

Cette prise de conscience a modifié en profondeur ma façon d’être et de vivre la maternité.

Elle m’a permis de me recentrer sur ce qui était essentiel à mes yeux.

Elle m’a donné un cap dans l’éducation que je souhaitais donner à mes enfants. 

Elle guide mes choix. Elle m’aide à dire non au superflu et à agir avec intentionnalité. 

Ce que je souhaite avant tout aujourd’hui, c’est transmettre la confiance à mes enfants. 

Je privilégie ce qui peut les aider à prendre confiance en eux. Je leur manifeste ma confiance en leur témoignant mon amour de façon inconditionnelle, du moins j’essaie. Et je m’attache chaque jour à leur montrer que la vie est un cadeau et qu’ils peuvent avoir confiance en elle.

Cette intention se traduit de manière très concrète dans mon quotidien de maman.

Elle me pousse à encourager mon garçon lorsqu’il grimpe aux arbres plutôt qu’à écouter la peur qui m’envahit.

Elle m’aide à accepter qu’il salisse et troue ses vêtements. Que les habits de mes enfants soient des habits d’occasion plutôt que neufs. Et que j’ai besoin des talents de couturière de ma maman pour repriser leurs pantalons abîmés.

Elle me pousse à féliciter et à applaudir mon fils lorsqu’il arrive au sommet de notre pin, car c’est alors que je lis la fierté dans ses yeux. J’ai vu sa confiance en lui grandir à mesure qu’il s’élevait du sol.

Elle me pousse à laisser mes filles faire de nouvelles expériences, comme tester des recettes de pâtisserie ou fabriquer des créations en carton. Elle m’aide à accepter que notre salon et notre cuisine se transforment très souvent en laboratoire. Que ma maison se salisse vite et que j’ai besoin d’une femme de ménage quelques heures par semaine.

À mesure que je vois mes enfants couper, peindre, explorer, je vois leur sourire s’élargir sur leur visage. Ils sont eux-mêmes surpris de ce qu’ils parviennent à faire et à construire.

Et par la même occasion, c’est leur confiance en eux qu’ils construisent.

Je ne perds pas de vue mon seul et unique objectif, mon cap. Ma volonté de transmettre la confiance. C’est en la gardant à l’esprit chaque jour que je peux opérer des choix, déployer mon énergie pour ce qui compte vraiment et accepter de lâcher prise sur le reste.

C’est elle qui m’aide à me réjouir, plutôt qu’à râler, quand j’emmène mes enfants à la musique ou à la danse. Car c’est en développant leurs talents qu’ils gagnent confiance en eux.

Elle me pousse à aimer mes petits tels qu’ils sont, à accueillir leurs cris et leurs colères du mieux que je peux. Elle m’aide à accepter qu’ils puissent être différents de moi. Car ce que je veux plus que tout, c’est qu’ils se sentent aimés inconditionnellement et qu’ils puissent s’appuyer sur cette confiance à tout instant.

Elle me pousse également à pratiquer avec eux la gratitude. J’ai à cœur de leur apprendre à dire merci pour les cadeaux que la vie leur offre. À les aider à repérer dans le quotidien de leurs journées les trésors qui jalonnent leur chemin. J’aime l’idée que, même dans les moments difficiles, ils seront capables de trouver les pépites qui brillent autour d’eux et éclairent leur quotidien.

C’est en les initiant au pouvoir de la gratitude que grandira leur confiance en la vie. 

J’ai enfin accepté l’idée que je ne pouvais pas rendre mes enfants heureux. Que le bonheur est une responsabilité qui leur incombe et que je n’étais responsable du bonheur que d’une seule personne : moi. Mon rôle n’est pas de les rendre heureux, mais d’être là, à leurs côtés, pour les accompagner avec confiance dans cette aventure fantastique qu’est la vie !

Et toi chère Fabuleuse, que choisis-tu de transmettre à tes enfants ?



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Cet article a été écrit par :
Sandra Aubert

Après dix années dans le domaine du développement économique et de l'aide à la création d'entreprise, Sandra a créé "Que rayonne ton talent", un parcours d'accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent entreprendre.

Formée à l'écoute, elle est également fée de la boîte mail et membre de l'équipe de l'Aire Mômes, un lieu d'accueil enfants-parents en Alsace. Amoureuse des mots, elle est contributrice sur le blog des Fabuleuses et écrit des audios pour le Village.

Sandra est mariée et maman de 3 enfants. Elle sait par expérience combien la maternité peut être bouleversante !

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