Bilan sexuel de l’été : la canicule tue l’amour - Fabuleuses Au Foyer
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Bilan sexuel de l’été : la canicule tue l’amour

sexe trop chaud
Hélène Dumont 22 septembre 2022
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Dans la fraîcheur des matins de septembre, la fin de l’été se faufile avec assurance. Les nuits sont plus longues, plus froides aussi. J’aime l’odeur de terre qui s’en dégage quand nous allons nous coucher et qui nous fait savourer la joie d’être à l’abri, dans notre lit, au chaud. Après ces derniers mois de canicule, qu’il est bon de sentir à nouveau quelques frissons nous traverser. Je murmure à l’oreille de mon bien-aimé « J’ai froid, prends-moi dans tes bras ! ». Je me régale de cet enlacement qui me délasse, tout en profitant de la chaleur de son corps amoureux. 

« Comment s’est passé votre été ? »

Amélie, qui interroge en entretien depuis quelques semaines le fonctionnement de son désir sexuel, soupire l’air désabusé :

« Franchement, il a fait trop chaud. Beaucoup trop chaud pour faire l’amour ! »

Nous sourions ; je suis amusée de sa réponse car, en réalité, elle n’est pas la seule à me décrire en ce moment de rentrée l’impact négatif des températures explosives de cet été sur la libido. Le refrain « Sea, Sex and Sun », c’est bon quand il fait beau et chaud, on est d’accord. Il est d’ailleurs prouvé que la lumière et la chaleur du soleil ont un effet bénéfique sur le désir sexuel de chacun, ainsi que les ambiances estivales, bien entendu. Mais les pics de mercure enregistrés durant les vacances ont provoqué l’effet contraire et incité de nombreux couples à dormir sagement côte à côte, plutôt que d’inventer milles pirouettes, sources de transpiration excessive. À ceux qui attendaient avec gourmandise les vacances pour se retrouver, ce fut donc raté.

Pas de sexe, ou si peu, qu’une ceinture de chasteté aurait eu le même effet. 

La canicule, de fait, n’a rien de sensuel : « Ne bougeons pas » est apparu comme un leitmotiv implicite pour ne pas provoquer de dépenses énergétiques inutiles faisant grimper le thermomètre dans une pièce à l’atmosphère déjà étouffante. 

« Je déteste les caresses avec les mains moites, continue Amélie, cela me donne l’impression de recevoir sur ma peau le dos d’une éponge grattante, ça rappe et ça colle. »  Pas très glamour, comme description, pour éveiller les sens. Quant à la sueur, la goutte qui perle sous les seins dès qu’elle se met en mouvement, la jeune femme ne la trouve absolument pas excitante. On est loin du film Emmanuelle, dont l’héroïne se laisse aller avec volupté dans l’ambiance tamisée, chaude et humide de Bangkok. 

Sexe et canicule ne font donc pas bon ménage, en tous les cas, pas pour tout le monde…

À moins d’avoir une solide résistance cardiaque et de pouvoir se trémousser à plus de 40°C, ou encore de pouvoir faire l’amour dans la piscine, de profiter d’une cave à vin assez agréable pour un moment d’intimité (et pour boire un coup, tant qu’à faire), d’être suffisamment inventif pour une pause caliente avec des glaçons à porté de main (connaissez-vous les baisers glacés ?), de disposer un ventilo derrière le popotin, de tenter la douche froide, si celle-ci est assez grande (attention de ne pas glisser sur le savon lors de vos coups de reins)… Bref, et j’en passe.

La canicule, c’est aussi se traîner mollement toute la journée, mal dormir et être crevé en permanence. Lætitia, maman trentenaire, me parle de ses doigts et de ses jambes gonflées, de ses bas de contention anti-sexy à porter au moins 6 heures par jour en cas de forte chaleur, de la torpeur qui l’a saisie 7 jours d’affilé avec ses enfants de 3 et 5 ans, aussi fatigués qu’elle. 

Un soir, alors qu’elle profitait d’un peu de répit et d’un instant de fraîcheur sous le grand saule de son jardin avec son homme, ils entamèrent une longue discussion à propos de leur sexualité. La jeune femme reconnut avoir du désir mais se sentir incapable de se mettre en mouvement dans ces conditions météorologiques épouvantables. Néanmoins, l’intimité de leurs échanges, où il était tout autant question de transpiration, d’odeur ou encore de sécrétions et de caresses, mit en place un cadre propice à la rencontre amoureuse et charnelle.

Ils ont fini par faire l’amour, doucement, lentement, pour ne pas avoir trop chaud.

Ce qu’ils en ont retenu ? Qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un rapport sexuel en véritable marathon, qu’une peau humide pouvait aussi être excitante, que l’imperfection avait du bon et qu’elle pouvait devenir érotique. 

Vivre un moment d’amour, se dire l’amour ou faire l’amour, finalement, ne dépend pas à cent pour cent de la météo extérieure, mais plus sûrement de la “météo” intérieure du couple et de chacun

Certaines personnes se mettent une véritable pression sexuelle au moment des vacances.

Or, l’obligation n’a pas d’effet positif sur le désir. La canicule, un brin d’éco-anxiété, une maison familiale qui déborde, des cloisons trop fines, des matelas à ressorts bruyants, ne pourront rien arranger.

Qu’il y ait des temps « sans » retrouvailles n’est pas un problème et reste tout à fait normal dans une vie de couple, le désir est fluctuant. En revanche, ce qui peut interroger, ce sont les multiples raisons que l’un ou l’autre pourra invoquer pour fuir une rencontre que l’on redoute, qu’elle soit émotionnelle, charnelle ou même intellectuelle.

Il est donc question de notre disposition à désirer l’autre, à le rejoindre, quelque soit l’imperfection du moment et la façon de le faire. Il y aura toujours du « trop chaud », du « trop froid », du « ça gratte », des fluides, des odeurs et mille raisons de ne pas se retrouver. Cependant, les imprévus, qu’ils soient météorologiques ou familiaux ne doivent jamais nous empêcher de partager un peu d’intimité : il s’agit de se laisser toucher, de se laisser effleurer et d’observer l’impact de ce moment sur votre relation, votre complicité.

Quant au reste, à savoir la sexualité, elle viendra de surcroît, et cela vous appartient…



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Cet article a été écrit par :
Hélène Dumont

Après avoir suivi un parcours de Lettres et Civilisations, Hélène est devenue professeur des écoles puis conseillère conjugale et familiale. Très attachée aux problématiques de l’articulation du maternel et du féminin, elle travaille aujourd’hui en cabinet libéral au rythme de sa vie de famille : un chouette époux et 6 enfants !
https://www.helene-dumont-ccf.com/

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