5 maladies parentales incurables (2) - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

5 maladies parentales incurables (2)

Agathe Portail 5 juin 2022
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Coécrit avec Claire, fille de la Fabuleuse Fée de la boîte mail Manuéla

Dans les yeux des enfants, le parent est un drôle d’animal, affligé de tics, de tocs et de chemins de pensée obscurs. Toutes ces bizarreries ont bien une explication, il s’agit de maladies parentales reconnues. Avec Claire, onze ans et demi, nous avons entrepris de lister ces troubles comportementaux parfois dramatiques. Sortes de maladies professionnelles…

Le Sursautisme

Lors que les enfants entrent dans la vie du parent, les facteurs déclencheurs de la maladie se multiplient : porte qui claque, « Bouh » dans le noir, verre qui explose sur le carrelage de la cuisine, Maîtresse qui interpelle au portail devant tous les autres parents (le fameux « Madame Michu, on peut se voir ? »). Bref, le parent développe des symptômes de sursautisme assez prononcés, et cette maladie peut durer indéfiniment, jusqu’à se muer en tremblottisme, vers 80 ans. 

La Comparroïde

Très très inconfortable, le phénomène de la comparroïde se développe dès la grossesse, avec l’émergence de questions telles que « Est ce que Anne-Germaine buvait pas un petit verre de rouge de temps en temps quand elle était enceinte ? Ça m’autoriserait à faire de même, non ? » ou « Combien qu’elle a pris de kilos, la mère de Marie-Loana… ». Le phénomène s’aggrave avec l’entrée à l’école, le parent comptant sur les autres pour se situer dans sa nullité éducative, afin d’adapter son sentiment de culpabilité : si les autres font pire, c’est que ça va bien.

La Coupabloxie

Phénomène bien connu des victimes de Comparroïde, la Coupabloxie est un trouble invalidant qui a la particularité de bénéficier de sa propre échelle de mesure. Niveau 1 : ça gratouille mais je me dis que c’est pas si pire, niveau 10 : j’ai tellement honte de moi que je préfère me planquer sous mon lit plutôt que d’affronter le regard déçu de la société. Les symptômes de la Coupabloxie sont multiples : surdose de sucreries pour acheter ses enfants, binge watching de contenus déculpabilisants comme la série Malcolm ou le one-woman-show Mother Fucker, aigreurs d’estomacs qui conduisent à baver sur les parents moins atteints (et donc insupportablement cools). 

L’Immédiatoplasie

Les mots et expressions « maintenant », « tout de suite » « et que ça saute » «  grouille » et « dépêche-toi » sont les manifestations les plus évidentes de cette maladie. Il semble que le stock de patience du parent atteint devienne négatif, et ce, sans raison apparente. En réalité, le manque de sommeil est un facteur très aggravant. Sans réaction de la part du parent, la maladie se développe jusqu’au stade ultime au cours duquel les mots « slow life » « respire un coup » ou « détend-toi » provoquent une éruption cutanée discracieuse.

La Vérifitine

Certains parents avouent sous couvert d’anonymat que la parentalité a fait d’eux de véritables maniaques de la vérification. Est-ce qu’il reste des chocapics pour le petit déjeuner ? Ils se relèvent. Est ce que Marie-Loana connait bien sa poésie ? Ils la réveillent. Est-ce que le train part bien à 18h42 ? Ils appellent le 3635 aussi sec. Ce trouble crée une distorsion de la réalité et le parent finit par sincèrement croire que rien ne doit être laissé au hasard. Alors que les parents non atteints savent bien que, de toutes façons, il y a quelque chose qui va merder. 

Et toi, quelle maladie étrange as-tu développée ?



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Cet article a été écrit par :
Agathe Portail

Maman de 4 enfants (très) rapprochés et girondine d'adoption, Agathe Portail écrit des polars publiés chez Calmann Levy et des histoires jeunesse pour la Fabrique à histoires de Lunii. 
https://calmann-levy.fr/auteur/agathe-portail

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