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4 idées reçues sur la méditation

Hélène Bonhomme 11 octobre 2021
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La méditation est dans l’air du temps, et dans un monde qui va de plus en plus vite, c’est tant mieux ! Car plus que jamais, nous avons besoin d’être intentionnels pour prendre soin de notre santé mentale, émotionnelle et physique.

Je ne me considère absolument pas comme une pro de la méditation ;

au contraire, la méditation m’interroge, me fait suer, et après plusieurs années de pratique, reste encore assez opaque pour moi. Tu trouveras sur Google tout un tas d’informations parfois contradictoires à propos de la méditation (et il faudrait en fait parler des pratiques méditatives, parce qu’il en existe des centaines). Mon objectif n’est certainement pas de tout dire, mais simplement de te donner envie de goûter à cette pratique de musculation du cerveau, qui est un outil approuvé par la science pour améliorer sa qualité de vie.

J’ai médité pour la première fois en 2015.

Je venais de refermer les pages du Miracle Morning d’Hal Elrod (à lire : Miracle Morning : et les mamans ?), qui propose 6 rituels matinaux à pratiquer chaque jour, dont celui du “silence”. Et dans un monde aussi bruyant, on en a tant besoin, de silence : de silence acoustique mais aussi de silence des yeux, de silence attentionnel, de silence des écrans… on a besoin du silence de la rêverie, du silence de l’écoute, du silence de soi…

Je cite Hal Elrod :

« De très nombreuses études montrent que la méditation peut s’avérer plus efficace que la médication. Elles lient une pratique régulière de la méditation à des améliorations du métabolisme, de la tension artérielle, de l’activité cérébrale et d’autres fonctions corporelles. La méditation est capable de diminuer le stress et la douleur, de favoriser le sommeil, d’améliorer la concentration, voire d’accroître l’espérance de vie. »

Eh oui, pratiquer la méditation sur une base régulière, c’est une bonne idée pour améliorer notre qualité de vie. Mais tout un tas d’obstacles font que nous ne sommes pas sûrs que cette activité soit vraiment pour nous.

L’idée reçue #1 : méditer, c’est un acte religieux.

Voilà qui est vrai et faux ! Avant tout, la méditation était effectivement spirituelle.

On pense bien évidemment au bouddhisme, dans lequel la méditation amène à l’éveil, notamment via des mantras qu’on ne comprend pas, et qu’on va répéter pour se détacher de notre réalité de pensées. On pense aussi à la méditation chrétienne, et surtout aux Pères du Désert, pour qui la méditation est une invocation basée sur la puissance du Verbe.

Mais si la méditation est née dans un contexte spirituel, il existe aujourd’hui toutes sortes de pratiques méditatives laïques, qui ne sont pas liées à des buts spirituels ni religieux, et qui d’ailleurs ne nécessitent pas de répéter des mantras. Pour n’en citer que quelques unes : 

  • la cohérence cardiaque
  • la respiration consciente
  • la méditation dans la nature
  • ou encore la “mindfulness” ou pleine conscience.

Pourquoi est-ce que la méditation est passée de spirituelle à scientifique ?

Parce que dans la deuxième moitié du XXème siècle, on a constaté une tendance accrue au burn-out, à la dépressivité et aux ruminations anxieuses. Dans les années 90 ont été mis en avant les travaux d’un certain Jon Kabat-Zinn, qui a fait basculer l’intérêt des chercheurs en faveur de la méditation, et qui a théorisé le concept de mindfulness, ou pleine conscience, que j’ai découvert plus particulièrement.

Retenons qu’il existe de nombreuses formes de méditation, que certaines sont effectivement liées à des buts spirituels ou religieux, et que d’autres — parmi lesquelles la méditation en pleine conscience (qui est née dans un contexte thérapeutique) — ne le sont absolument pas. Tu pourras donc pratiquer cette activité sans avoir la sensation d’adhérer à une pensée religieuse ou de trahir tes propres croyances.

Idée reçue #2 : la méditation est une technique de relaxation

On associe souvent la méditation à de la relaxation. Mais le principe de base de la méditation, dans la plupart de ses formes, c’est de développer son attention et sa concentration pour pouvoir faire un travail sur soi et se détacher de son flot de pensées. Autrement dit, la méditation ce n’est pas de la relaxation, au contraire, c’est plutôt de la vigilance ! Et je préfère te prévenir tout de suite : méditer, c’est fatiguant ! Parce que la méditation est un travail, un travail sur les pensées.

Chaque jour, ce sont plus 70 000 pensées qui traversent notre esprit. Et 90% de ces 70 000 pensées sont les mêmes que la veille ! Autrement dit, nous sommes les rois du ressassement. Notre cerveau est comme une boule à neige : tant qu’on ne lui permet pas de décanter, on ne voit pas ce qui se passe réellement à l’intérieur, le paysage est troublé. 

Notre esprit est presque constamment en mode pilote automatique ;

nous ne vivons pas en conscience ; notre cerveau prend des décisions sans même que nous nous en rendions compte. On sait que la plupart des accidents de la route ont lieu à moins de 15 kilomètres du domicile du conducteur : précisément dans la zone où il conduit sans avoir besoin de se concentrer. À l’inverse, on dit que c’est dans les escaliers en colimaçon, qui sont les plus dangereux, qu’il y a le moins d’accidents ! Parce qu’en grimpant les marches, on est très concentré sur ce qu’on fait.

La méditation est une invitation à régulièrement reprendre conscience de ce pilote automatique, et ne pas le laisser devenir maître de notre vie ! Et cela demande un véritable entraînement mental. C’est une pratique sportive cérébrale, qui demande un certain effort. Ce n’est donc pas de la relaxation (même si le sentiment de détente est l’un des effets a posteriori de la pratique méditative).

Méditer, c’est de la musculation du cerveau, pour lui apprendre à être là, tout simplement. Et la bonne nouvelle, c’est que grâce à la plasticité neuronale, le cerveau ne cesse jamais de se réorganiser. Autrement dit, on a tous la capacité de renouveler notre cerveau, pour y voir plus clair dans notre boule à neige, et méditer nous aide à le faire. 

Cela nous amène à l’idée reçue #3 : pour méditer, il faut arrêter de penser.

Arrêter de penser : non seulement ce n’est pas possible, mais encore ce n’est pas souhaitable ! La méditation, ce n’est pas stopper le flux des pensées, c’est apprendre à l’observer. Méditer, c’est ouvrir les yeux pour voir ce qu’on rumine. Cette capacité d’observation détachée va avoir un effet apaisant. 

L’erreur la plus classique du méditant débutant, c’est de se décourager quand il ne maintient pas une concentration parfaite. Tu es en pleine séance de méditation, tu essaies de rester concentrée sur ton corps ou ton souffle, et tout à coup, une pensée traverse ton esprit : « Je n’ai pas répondu au message de ma soeur, il faut absolument que je rajoute le dentifrice sur la liste de courses et d’ailleurs, il faut aussi je pense à décaler le rendez-vous chez le médecin. » Une pensée en entraînant une autre, tu perds ta concentration et comme nous tous, tu te dis : « Ça y est, j’ai raté ma méditation ! ». En fait, c’est tout le contraire ! Il est inévitable que des pensées traversent ton esprit. Méditer, c’est justement apprendre à prendre conscience de ces pensées, apprendre à les observer sans les juger, et apprendre à les laisser filer.

On termine avec l’idée reçue #4 : je ne suis vraiment pas faite pour méditer !

Peut-être penses-tu que tu n’es pas capable de méditer, parce que tes pensées partent dans tous les sens et que tu n’as pas le profil pour faire un effort de concentration. Si c’est ton cas, sache que comme le rappelle Laura Mabille dans le Guide pratique du Miracle Morning, une étude a montré en 2013 l’influence que pouvait avoir la méditation sur les personnes souffrant de troubles de l’attention et d’hyperactivité. Après 8 semaines d’entraînement à la méditation en pleine conscience, 64% des adultes testés ont rapporté une baisse d’au moins 30% de leurs symptômes d’inattention et d’impulsion hyperactive.

Tu penses être d’une nature trop nerveuse, ou avoir trop de difficultés à te concentrer pour méditer ?

C’est justement une raison de plus pour te lancer ! L’exercice sera peut-être moins facile pour toi dans les premiers temps, mais tu fais partie des gens qui ont le plus à y gagner.

Et la bonne nouvelle, c’est que tes efforts seront payants dès le départ !

Au début, tu ressentiras les bénéfices pendant un peu de temps après ta méditation : tu te sentiras plus détendue, plus concentrée. Et avec le temps, si tu persévères dans ta pratique, ces bénéfices t’accompagneront de plus en plus longtemps dans ta journée !

Une autre erreur commune est de vouloir s’attaquer dès le départ à tes séances de méditation trop longues. Sache qu’il est fortement déconseillé d’essayer de méditer pendant 20 minutes ou plus dès les premières séances. Tu risques de trouver le temps très long et de penser à tort que la méditation, ce n’est pas pour toi ! Commence par des séances courtes de 3 à 5 minutes, pour te familiariser avec l’exercice et prolonger petit à petit tes séances (tout comme tu augmenterais les poids au fur et à mesure, si tu faisais des séances de musculation).

Comme tous tes outils de Fabuleuse, la méditation n’apporte pas de bénéfices tant qu’elle n’est pas pratiquée.

Es-tu prête à passer à l’action ?

En français, l’une des applications les plus utilisées est Petit Bambou. Tu peux également essayer Zenfie ou encore Méditer avec Christophe André. De mon côté, je te recommande vivement Headspace (c’est l’appli avec laquelle j’ai commencé à méditer il y a plusieurs années) ou encore Calm (avec laquelle j’accroche moins mais qui plaît beaucoup à mon Fabuleux). Ces 2 applis anglophones sont désormais disponibles en français 🙂



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Cet article a été écrit par :
Hélène Bonhomme

Fondatrice du site Fabuleuses au foyer, maman de 4 enfants dont des jumeaux, Hélène Bonhomme multiplie les initiatives dédiées au bien-être des mamans : deux livres, deux spectacles, quatre formations, la communauté du Village, une chronique sur LePoint.fr et un mail qui chaque matin, encourage plusieurs dizaines de milliers de femmes. Diplômée de philosophie, elle est mariée à David et vit à Bordeaux.

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