Rentrée 2020 : on y va mollo - Fabuleuses Au Foyer
Maman épuisée

Rentrée 2020 : on y va mollo

Anna Latron 22 septembre 2020
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Cette année 2020 est décidément bien partie pour être la plus mémorable depuis des décennies…mais surtout la plus inoubliable dans notre quotidien de maman. Il y a eu les deux mois de confinement, puis la période incertaine du déconfinement avec peu — ou pas — d’école. Ensuite, on a enchaîné sur deux mois de vacances.

Des vacances qui n’ont évidemment pas été de tout repos. Il y a eu de bons moments, bien sûr, mais on n’a pas franchement eu le temps de souffler : entre la famille à revoir après de longs mois de séparation et les enfants qui ont eu besoin de se “délester” après les mois précédents si éprouvants, on peut dire que l’été aussi, a été bien chargé sur tous les plans

J’en parlais avec une amie récemment au téléphone :

  • nous constations que l’année scolaire commençait à peine que nous nous sentions déjà fatiguées et stressées ;
  • nous évoquions une période d’adaptation pas facile pour chacun, et encore moins pour nos enfants.

Et il faut le dire, cette rentrée est vraiment particulière : si les enfants ont repris le chemin de l’école, avouons que la période est bizarre : du flou tous les jours…une deuxième vague, vraiment ? Des classes – voire des écoles – qui ferment.

La période de la rentrée n’est jamais simple : reprise de l’école, du boulot, inscriptions aux activités extra-scolaires, soirées à remplir des imprimés, à chercher l’attestation d’assurance, à coller des étiquettes à coup de fer, à couvrir les cahiers, à trier les habits d’été et sortir ceux d’hiver (mince, ils ont tellement grandi qu’il va falloir sortir la taille au dessus)…et la liste est longue. Trouver une nouvelle organisation.

Et nous, là-dedans, on en est où ?

Quelles sont nos émotions ? De mon côté, c’est l’inquiétude qui prévaut. La colère aussi, parfois, quand je lis certaines nouvelles.

Cette inquiétude, cette colère, est-ce que je décide de les entretenir, de bien les ruminer ? Ou bien est-ce que je vais faire en sorte de continuer à m’adapter ? Oui, parce qu’il va bien falloir continuer à s’adapter…car la parenthèse Covid n’est pas prête de se refermer. En fait, on n’en est plus au stade où on parle encore de parenthèse, on est plutôt à l’aube d’une nouvelle ère. Une nouvelle ère qui va prendre plusieurs années pour se dessiner. Et en attendant, il va bien falloir jongler. Jongler avec cette incertitude, composer avec les inquiétudes de nos enfants, avec la nôtre au sujet de la situation économique, des prochaines vacances — et j’en passe.

À titre personnel, je vois cette période d’entre-deux comme une occasion d’être force de proposition et ne pas attendre “tout” d’au-dessus. Après une période de confinement où c’est bien le “dessus” qui a pris les décisions pour moi, voici la question qui se pose à moi en cette rentrée :

Comment je peux prendre confiance en moi si je ne laisse aucune place à mes initiatives individuelles ?

Il va me falloir faire en sorte de communiquer énormément… d’autant que les frustrations seront nombreuses. Et sur le sujet des frustrations, il va me falloir envisager aussi les contraintes de chacun pour éviter que les conflits ne s’enveniment. Telle professionnelle ne reprend pas le suivi de mon enfant tant que le Covid est présent. Ok, je m’adapte, je réfléchis à une solution, et je communique avec mon enfant. L’école ne propose plus d’activités entre midi et deux. Ok, je comprends, je m’adapte et je passe à autre chose.

Je sais bien qu’il y a deux façons différentes de considérer l’émotion : la refouler car elle nous gêne, ou l’analyser pour comprendre ce qui se cache derrière, ce qu’elle veut nous dire. Plus on étouffe une émotion, plus elle prend de l’ampleur. En cette rentrée plus que jamais, il me faut donc apprendre à les écouter, à savoir les lire, pour les dépasser et ne pas en rester prisonnière. Cette inquiétude, que me dit-elle de mon besoin de sécurité ? Cette colère que je peux ressentir, que me dit-elle de mon besoin de justice ?

Au-delà du ressenti émotionnel, cette nouvelle ère qui se dessine nous donne aussi l’occasion un changement de rythme :

On n’ira plus vite comme avant.

On va devoir attendre : attendre des réponses, d’abord. Dans le fond, on bascule vers plus de “ralenti”.

Je me faisais la réflexion, ce matin, en courant pour que mes enfants arrivent à l’heure à l’école : derrière le masque, on respire plus lentement…on étouffe plus rapidement, aussi. Me voilà forcée d’accepter cette lenteur nouvelle et de ralentir le pas : ce matin, nous sommes donc arrivés une minute en retard, sinon j’allais suffoquer derrière le tissu censé me protéger et protéger les autres.

Finalement, cette rentrée ne nous forcerait-elle pas à y aller un peu mollo ?

Du coup, au-delà de cette histoire de masque, je me demande : qu’est-ce que je peux mettre en place, tout simplement, pour y aller un peu mollo ? Pour ne pas charger trop la mule déjà pas mal fatiguée après cette période de confinement-déconfinement-vacances ?

Je vais peut-être tout simplement commencer par essayer de me foutre — un tout petit peu — la paix. Déjà, sans anticiper de scénario catastrophe. Pas besoin de regarder tous les jours le nombre de classes et d’écoles fermées dans mon département, ni le nombre de personnes en réanimation à cause de ce foutu virus.

À chaque jour suffit sa peine.

Ensuite, essayer de me raccrocher aux petits plaisirs simples qui peuvent me rendre la vie plus douce, en me posant ces questions : dans cet environnement fait de frustrations et d’incertitudes, de quoi j’ai envie ? Qu’est-ce que je peux faire de bon pour moi ?

Qu’est-ce que je peux mettre en place pour “simplifier”, “fluidifier” ?

  • Demander à mon mari de gérer les enfants plus souvent le matin pour aller courir ?
  • Préparer certains repas à l’avance pour envisager le 17h-20h de façon plus sereine ?
  • Renoncer à remplir l’agenda du mercredi d’une multitudes d’activités qui me font déjà redouter cette journée alors que nous ne sommes à peine fin septembre ?
  • Proposer à une amie un roulement pour certains mercredis afin de m’offrir une journée seule chaque mois ?
  • Trouver une baby-sitter un soir par mois pour sanctuariser une sortie en amoureux ?
  • Bloquer un week-end par mois pour ne RIEN FAIRE que de goûter le plaisir simple d’être tranquilles à la maison ?

Et toi, chère Fabuleuse,

qu’est-ce que tu pourrais faire en cette rentrée pour y aller « mollo » ? Pour décharger un peu la mule ?



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Cet article a été écrit par :
Anna Latron

Journaliste de formation, Anna Latron collabore à plusieurs magazines, sites et radios avant de devenir rédactrice en chef du site Fabuleuses au foyer et collaboratrice d’Hélène Bonhomme au sein du programme de formation continue Le Village. Mariée à son Fabuleux depuis 10 ans, elle est la maman de deux garçons dont Alexis, atteint d’un trouble du spectre de l’autisme.

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