Quand la vie commence trop tôt - Fabuleuses Au Foyer
Vie de famille

Quand la vie commence trop tôt

Tabitha Frey 4 juin 2015
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Un bébé prématuré c’est aussi des « parents prématurés ».

Vous à qui l’on a annoncé que votre bébé devait naître trop tôt…

Je comprends votre angoisse, votre incompréhension, vos inquiétudes. Je me rappelle combien j’étais perdue quand on m’a dit que ma fille devait naître à 32 semaines de grossesse. Impossible, impensable. Comment va-t-on faire ? Va-t-elle vivre ?

Vous qui avez vécu la première rencontre avec votre bébé au travers d’une vitre…

Je comprends vos larmes, vos peurs et votre angoisse à regarder ce petit être si fragile entouré de toutes ces machines. Je me souviens comme c’était dur de se reconnaître et de s’apprivoiser. Mais dans cet avenir incertain, un petit être se bat et ensemble, vous allez faire face.

Vous qui vivez ces petites victoires quotidiennes…

« Aujourd’hui, elle a pris du poids », « Aujourd’hui, il a digéré 3ml de lait », Aujourd’hui elle a pris 5ml à la seringue », etc. Ces petites victoires qui donnent l’espoir pour oser regarder de l’avant.

Vous qui vivez ces journées difficiles…

Parce qu’il y a aussi ces journées où le poids n’a pas augmenté, où ce petit corps est fatigué d’apprendre à respirer, à digérer, où tout semble être plus triste, plus noir. Ces journées où le bruit des machines vous use, où vous avez envie de baisser les bras.

Vous qui avez quitté l’hôpital sans bébé…

Je me vois encore sur le parking, à regarder ce grand bâtiment. Sortir de la maternité sans son bébé… Difficile à imaginer, difficile à vivre mais on tient, on doit tenir, faire face, s’organiser pour profiter de chaque instant partagé.

Vous qui finissez par rentrer avec bébé…

Quel jour de joie mais aussi de stress ! Plus de machine pour dire que tout va bien, plus de pesée quotidienne… Mais le bonheur d’être ensemble pour continuer à s’apprivoiser.

Vous qui avez dû faire le « deuil d’une fin de grossesse »…

…qui avez dû reprendre confiance en vous, en la vie, accepter cette cicatrice douloureuse qui rappelle cet « accouchement subi », faire le deuil de ce ventre qui n’était pas devenu aussi « gros » que la normale, accepter cette grossesse achevée prématurément et considérer ces temps partagés depuis la sortie du ventre comme une chance, un privilège de voir combien un être humain, même tout petit peut se battre et vivre…

 

Vous avez dû lutter contre ce sentiment de culpabilité, cette petite voix qui dit « je n’ai pas réussi à te garder dans mon ventre », ces pensées idiotes et injustifiées mais qui viennent quand même. Il a fallu lutter, il le faudra encore, mais vous en sortirez plus grand, plus fort ! Fabuleux vous êtes et fabuleux vous resterez.



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Cet article a été écrit par :
Tabitha Frey

Mariée à Jérémie, elle suit avec lui une formation théologique. Tabitha est aussi la maman d'une fille et d'un garçon pour lesquels elle a fait le choix de rester à la maison et avec lesquels elle apprend à être la fabuleuse qu'elle veut être

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