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On peut avoir des doutes et être un encouragement

“Pour qui tu te prends ?” Aujourd’hui, je me suis faite lyncher.

Pour qui te te prends de dire que tu es fabuleuse alors que tes enfants disent des gros mots et que ce n’est même pas à l’école qu’ils les ont appris ?

Pour qui te tu prends de parler d’estime de soi alors que tous les matins depuis des semaines, tu noircis ton journal avec des doutes sur ta capacité à tenir la distance ?

Pour qui tu te prends de parler de magie du rangement alors que ta voiture est un cimetière à miettes et à bouteilles de Perrier ?

Pour qui tu te prends de rappeler aux autres qu’elles sont fabuleuses alors qu’au fond, tu n’es pas vraiment sûre d’en être une ?

Pour qui tu te prends d’essayer de valoriser les mamans sur un gros média national alors que t’as ni la formation ni la cervelle d’une journaliste, et que tout le monde s’en fout de la vraie vie des mères ?

Et au fait, pour qui tu te prends d’être gentille avec les mamans de l’école alors qu’une fois de plus tu n’as même pas été capable d’être gentille avec ton mari ?

Je me suis faite lyncher. Par moi-même.

Plus j’avance, moins je me sens capable. Plus vous êtes nombreuses à me lire, plus je flippe et plus j’ai peur de vous raconter n’importe quoi. C’est vrai, qu’est-ce qui me prend de vouloir encourager les autres, alors que j’ai de sérieux doutes sur moi-même ?

Je ne sais même pas pourquoi je vous raconte ça : vous êtes toutes très sûres de vous, très au clair sur vos points forts, très en phase avec vos émotions. Vous croyez dur comme fer en vos capacités et vous êtes une fabuleuse inspiration pour les autres. N’est-ce pas ? Ah non, j’oubliais : on a toutes nos moments de doutes, on a toutes nos failles, on traverse toutes des tempêtes, et c’est précisément dans ces moments-là qu’on se dit : je ne suis vraiment pas un exemple à suivre.

Alors on se cache, on se ferme, on attend que l’orage passe, et on fera notre coming out quand les nuages auront disparu.

Mais on se trompe.

Car en réalité, plus on doute, plus on a de chances d’être un encouragement pour les autres.

Voici, en vrac, quelques extraits des dizaines d’e-mails que je reçois chaque semaine de votre part et pour lesquels je vous remercie tant, chères fabuleuses :

“Je lis vos chroniques et je me sens tellement moins seule !” (Sylviane)

C’est tellement rassurant de savoir que ce que l’on vit est souvent partagé par plein de gens autour de nous !” (Adeline)

“Vos chroniques sont touchantes et tellement rassurantes… génial, je ne suis pas la seule à être une mauvaise mère !” (Isabelle)

“Je me suis pris une claque en découvrant les propos d’autres mamans qui comme moi, finissent par trop douter d’elles-mêmes.” (Laura)

“La force de votre livre est d’être assez réaliste, authentique et sincère pour exprimer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, par peur de paraître imparfaite.” (Emmanuela)

“Ce livre permet d’être rassurée en réalisant qu’on n’est pas la seule à vivre ces galères, ces joies, ces questions, ces doutes…” (Marie)

“En lisant ce livre, je me suis sentie beaucoup moins seule dans mes doutes de jeune maman.” (Sylvie)

Ce qui est le plus encourageant, ce n’est pas le fait d’avoir en face un exemple de perfection. Au contraire, les parfaites ne font que renforcer nos doutes. Ce qui est le plus encourageant, c’est de savoir qu’on n’est pas seule. Qu’on n’est pas un cas désespéré. Que les autres luttent aussi. Que nos doutes sont normaux. Qu’on est comprise. Que personne ne va nous juger.

Seras-tu la première ?

Ce soulagement de ne pas être seule ne peut survenir que lorsque l’un des interlocuteurs se lance le premier et ose se montrer vrai. Toi qui me lis : seras-tu la première ?

Feras-tu le premier pas ? Ouvriras-tu la brèche de l’authenticité, seule capable de créer un réel climat de confiance, de soulagement et d’encouragement ? Oseras-tu dire à tes proches ce que tu vis vraiment ? En quoi cela pourra-t-il être un véritable encouragement pour les mamans qui t’entourent ?

Si on attend toutes que les autres s’y mettent, on ne verra pas de sitôt notre pays valoriser les mères de famille. Mais si chacune d’entre nous décide d’être la première, je suis persuadée qu’une vague d’encouragement déferlera sur la France et je suis déjà enthousiaste à l’idée de la fraîcheur qu’elle y déposera.

Je vous laisse avec certainement le plus beau compliment qu’on m’ait fait : “Tu touches les autres sans t’en rendre compte.”

Être fabuleuse, c’est quoi ? Peut-être bien ça. Encourager les autres… sans même s’en rendre compte.

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  • Adeline

    Si les femmes imparfaites que nous sommes ne donnaient jamais de conseil de peur d’être illégitime, n’encourageaient pas les gens autour d’elles parce qu’elles se sentent faibles… alors nous ne pourrions plus être ni mère, ni épouse, ni amie. Nous ne serions vite plus personne, pour personne. C’est dur et ça demande du courage, mais il faut oser s’impliquer, et c’est sans doute en tant que parent que c’est le plus délicat : se sentir légitime, en toute occasion ou presque, insuffler la confiance, l’optimisme, jour après jour. C’est difficile, mais ça porte ses fruits, et ça irradie souvent toute la maison. J’y crois dur comme fer, mais quand je n’en ai plus l’énergie, je me sens vraiment mal au fond de moi-même. Comme si je perdais ma raison d’être… Etre vrai avec les autres, c’est le meilleur moyen de traverser rapidement ces moments de doute. Malheureusement même quand on montre l’exemple, tout le monde ne joue pas le jeu. Ce n’est pas toujours évident de continuer à montrer ses faiblesses quand en réponse, les autres les cachent…

  • Myriam

    merci Hélène …cette nuit encore je pleurai de ne pas me sentir à la hauteur pour toutes les démarches à faire avec la maladie de mon dernier et les 6 autres qui ont tellement besoin aussi …. et le temps que j’aimerais prendre pour moi pour ne plus être si épuisée… et puis ce matin une amie m’a appelée , une autre a proposé de passer … des amies avec qui je peux être vraie et on se remonte le moral l’une l’autre … oui tu as raison être vraie cela encourage et nous donne de vraies amitiés.

  • Lémuel

    Dans quelques temps je me Marie. La logique veut que les enfants arrivent ensuite 🙂 A ce stade, ma. Femme sera une mère…

    On parle très souvent déjà aujourd’hui de ce rôle de Papa. Et ce rôle de Maman.

    Je crois que nous lirons ensemble ton BLOG.
    😉

  • Maëla Mootien

    Tu as parfaitement raison de dire « on a toutes nos moments de doutes, on a toutes nos failles, on traverse toutes des tempêtes », parce que c’est vrai et ça fait du bien de savoir qu’on est toutes concernées ! Et n’aies pas peur de « raconter n’importe quoi », au contraire, merci d’être courageuse et généreuse de partager tes doutes et prises de conscience, d’être authentique et persévérante dans ce chemin que tu ouvres pour faire reconnaître la valeur et le relief du travail de maman. Ça peut paraître trop, mais c’est vrai, la France à besoin de toi !

  • Béatrice Bueche

    100% d’accord, c’est précisément parce que je traverse le doute que je suis encourageante…et comment quelqu’un qui n’a jamais de doute pourrait-il trouver les mots et les intentions justes pour celui qui est découragé? Je suis pour l’authenticité, pour l’acceptation de ses limites…J’ai découvert que l’acceptation de ses limites est au final la seule façon de les dépasser! S’il fallait attendre d’être parfaite pour partager ses expériences, pour oser parler, oser faire…nous ne ferions tout simplement rien. C’est en faisant, disant, doutant, que nous avons la possibilité de nous améliorer.