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Noël en famille : Joie ou angoisse ?

Noël en famille. Quelles images vous viennent quand vous lisez ces mots ? Sapin, lumières, visages réjouis ? Ou angoisse, malaise, votre ventre se noue.

En ce début de mois de décembre 2017, environ la moitié des femmes que j’accompagne actuellement m’ont demandé de consacrer une séance supplémentaire à leurs relations avec leur père, mère, ou famille élargie. La perspective des réunions familiales autour des fêtes de fin d’année apporte en effet son lot d’inquiétude.

Marianne comme Cloé, souffre de relations difficiles avec ses parents.

Marianne se sent déjà prise au piège par un père vieillissant qui, alors qu’elle tarde à répondre à son invitation à passer Noël ensemble, lui envoie chaque jour un message « tu sais, je me fais vieux, je ne suis pas éternel », ou « cette maison que je loue, c’est pour toi et tes frères et sœurs que je le fais, pour que nous puissions nous voir ».  

Chaque message ajoute une couche de culpabilité chez Marianne, qui n’ose pas dire non.

Cloé, enfant unique de ses parents, sent la pression monter depuis quelques semaines : ses parents, qui passent leur temps à se disputer, lui demandent de plus en plus son soutien, la prennent à parti. Sa mère lui dit :

« Viens à Noël, fais-le pour ton père ».

Cloé sait qu’elle ne résistera pas si elle entend encore ses parents se disputer sous son nez, ni si son père lui assène une remarque dont il a l’habitude :

« Ce n’est pas comme ça qu’on élève des enfants ».

D’où vient cette méfiance vis-à-vis de nos parents ?

D’où vient cette angoisse de ces deux femmes, conscientes des dysfonctionnements familiaux de leur système d’origine, et ne souhaitant ni en être à nouveau affectée, ni faire de peine à leurs parents ?

C’est que lorsque nous nous trouvons à nouveau en famille élargie, dans la plupart des cas, nous sommes remis à notre place d’enfant. Qui nous y remet ? Nos parents ? Nous-mêmes ? Les deux ! Ce qui nous y remet, c’est le système famille lui-même. C’est-à-dire le groupe constitué de liens installés et qui font fonctionner le système. Même s’il fonctionne de travers.

Marianne et Cloé connaissent les dysfonctionnements de leur famille élargie, elles savent même les nommer. Mais elles se disent :

« Je m’en suis sortie : je me suis mariée, j’ai fondé une famille qui a mon empreinte, je ne suis plus celle que j’étais avec mes parents ».

En d’autres termes, elles sont sorties de ce système de famille qu’elles ont connu enfant et dont elles ont souhaité s’extraire.

Alors la réunion de famille, à Noël, vient les replonger d’office dans une place dont elles s’étonnent de voir qu’elle est encore chaude : « l’emmerdeuse », « la chouchoute », la « médiatrice » par exemple. Quelle que soit sa place passée, bien souvent elle n’a plus du tout la même réalité dans notre vie d’adulte. Se voir ainsi réduite à une place d’enfant dans un système qui n’est plus notre quotidien, voilà de quoi nourrir le malaise. Cette ambivalence qui nous fait dire :

« J’y vais ou j’y vais pas ? »

Pour Marianne et Cloé, fêter Noël en famille élargie ne va pas de soi. Elle se sentent prises entre deux feux. Et me demandent de l’aide. Pour sortir de cette ambivalence, pour mieux la comprendre, pour faire un choix qui les sorte de ce malaise.

Avant de prendre une décision, il me paraît important de comprendre à quelle place on est mise, de quoi notre place est l’enjeu. Et puis surtout, de se demander, sous la culpabilité, de quoi vous avez envie. Quelle serait la formule idéale pour vous. Le Noël de vos souhaits : à quoi ressemblerait-il ?

Une fois cette réflexion faite, vous avez une meilleure idée de comment assumer votre décision si elle est de ne pas passer Noel en famille élargie. Et c’est bien une option !

Quand l’emprise des parents sur leurs enfants adultes est trop forte, dire non s’avère parfois la seule possibilité pour se protéger.

Si vous êtes au contraire résolue à accepter cette invitation à passer Noël en famille, alors demandez-vous :

À quelles conditions la fête serait réussie pour vous ?

En passant en revue les possibilités, Cloé réalise que c’est en restant trop longtemps avec ses parents que la situation dégénère. Elle choisit donc, cette année, d’accepter la proposition de ses parents en les prévenant qu’elle ne restera pas tout l’après-midi, pour la sieste des petits. En son for intérieur, elle décide qu’elle partira au bout d’une heure. Elle se sent à l’aise avec cette solution, et repart confiante.

Marianne, elle, harcelée par son père, trouvera une solution : elle refusera la fête familiale, trouvant un prétexte, et proposera à son père un déjeuner de Noël en tête à tête, formule qui minimise les attaques, elle l’a remarqué. Je vois les épaules de Marianne s’abaisser d’un coup quand nous évoquons cette solution : j’y vois le signe que c’est la bonne option pour elle.

  • Sentir le malaise que nous procure une proposition,
  • le formuler,
  • identifier à quelle place nous sommes mises,
  • nommer ce dont nous ne voulons pas,
  • nous demander ce dont nous avons envie pour ces fêtes de Noël,
  • et faire preuve de créativité pour imaginer LA solution pour chacune d’entre nous : c’est ce que je vous souhaite pour des fêtes de fin d’année les plus paisibles possible !

 

valerie

Valérie de Minvielle est psychologue clinicienne. Après 20 ans d’expérience en psychologie clinique et art-thérapie, elle a fondé en 2015 « ma juste place », une méthode d’accompagnement personnalisé pour les femmes qui veulent trouver leur équilibre et se sentir à leur juste place dans leur vie de couple, en tant que mère, et dans leur vie professionnelle et sociale. Valérie anime également des formations à la connaissance de soi dans plusieurs instituts de formation et établissements scolaires, en France et en Belgique. La joindre sur http://www.majusteplace.com/ et sur https://www.facebook.com/valeriemajusteplace/

 

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