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Les mamans au front

Autisme, hyperactivité, hypersensibilité, handicap, maladie chronique, troubles du comportement, anomalies génétiques… Certaines mamans se retrouvent au front, bien malgré elles, engagées au beau milieu d’un combat qui gronde au quotidien. Elles n’ont jamais choisi le ticket du voyage qu’elles effectuent mais elles le payent cash, c’est certain !

Certaines mamans vivent un quotidien à faire fuir les plus aventureux.

Survivre dans la jungle n’est rien en comparaison à leurs journées. C’est au jour le jour qu’il faut trouver des forces, des trucs et astuces qui faciliteront le lendemain.

Lorsque naïvement, vous leur dites que vous êtes fatiguée, lessivée ou à bout de nerfs, elles vous sourient. Elles vous sourient poliment. Mais elles font la crise intérieurement… car elles auraient tout donné pour n’être « que » lessivée et pas complètement pétée de fatigue, ne pas avoir les nerfs piétinés, les forces ratatinées et ce trou noir, ce trou noir qui leur bouffe le peu d’énergie qu’elles avaient récupéré en chemin.

Ce sont des mères au combat, au front,

dont le quotidien leur rappelle trop souvent que leur enfant ne rentre pas dans les cases préformées par une société intolérante. Ce sont des mamans qui ont senti que leur bébé était différent, à qui on a peut-être dit de ne pas s’inquiéter, que ça va passer, qu’elles se font des idées, qu’il faut mieux l’éduquer.

Ce sont des mamans qui appellent, qui réclament corps et âme que l’on regarde leur enfant comme un trésor mystérieux, qu’on leur dise enfin ce qui se passe. Des mamans qui n’ont pas d’autre choix que de chercher, de bousculer, de sonner aux portes… Parce que « non, ce n’est pas exagéré ».

Les mamans qui sont au front se battent un peu chaque jour.

Parfois elles perdent, parfois elles gagnent mais elles aiment toujours autant. Elles protègent, elles encouragent, elles portent, elles nettoient, elles répètent, elles craquent, elles râlent, elles rient, elles suent, elles savourent… et chaque jour : elles aiment.

Les mamans qui sont au front n’ont besoin ni d’admiration, ni de pitié

et encore moins de conseils. Ces mamans ne sont ni fortes ni faibles, ni saintes ni anges, elles sont des mamans, tout simplement, dans un quotidien bien compliqué.

Les mamans qui sont au front connaissent le goût salé des larmes, sucré des réussites, amer des rechutes. Elles retricotent chaque jour le même carré d’écharpe, couleurs vives, modèle un peu troué.

Alors je leur dédie ces mots, et tout particulièrement aux mamans d’enfants atteints d’autisme. Ce sont des « Mamans au front » dont on sait aujourd’hui que leur niveau de stress équivaut à celui des soldats au combat.

Ces mamans ont besoin de soutien, d’écoute, de repos.

Pourtant bien souvent, elles reçoivent tout le contraire : le jugement, les conseils mal placés, les regards de côté… J’aimerais m’excuser auprès d’elles. M’excuser du fait que les diagnostics soient encore si lents, si compliqués à obtenir ; m’excuser des conneries qu’elles entendent dans les fêtes foraines, les supermarchés et les plaines de jeux, m’excuser du manque de compréhension, d’aide, d’intégration dans la vie quotidienne.

Et surtout j’aimerais leur dire « bonne fête à vous », mamans au front, maman cernées, maman bercées de soucis.

Bonne fête à vous, mamans vivant sous le même toi que l’autisme, l’hyperactivité, l’hypersensibilité, le handicap, la maladie chronique, les troubles du comportement, les anomalies génétiques…

Bonne fête à vous, mamans au front, qui aimez vos enfants sans limites, chaque jour un peu plus, malgré les petits (et les gros) accidents de parcours, à vous qui savez fêter les petites et les grandes réussites.

Nous, on vous trouve fabuleuses, on est fières de vous…

on voit bien que votre voyage n’est pas facile et que l’envie de baisser les bras vous guette. Alors on s’étonne, toujours de nouveau, de votre capacité à continuer, à aimer, à entourer tendrement vos enfants… malgré tout et rien et son contraire, malgré un système psycho-médico-social pas toujours efficace, lent, frustrant et malgré une société au profil lisse, amoureux de la réussite et des histoires à succès.

Nous, on vous trouve fabuleuses (et vos enfants aussi d’ailleurs) !

rebeccaD’origine belge, Rebecca est installée en Allemagne avec son mari et ses trois filles. Psychologue indépendante et mère au foyer pleine d’entrain, elle garde de ses études en psychologie positive un regard bienveillant sur la femme et la famille. Après avoir accompagné de nombreuses personnes handicapées, Rebecca est aujourd’hui la maman adoptive d’une petite fille porteuse de trisomie 21.  Découvrir le site de Rebecca (en allemand).

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  • Myriam

    merci Rebecca c’est vrai que le regard des autres peut être si éprouvant et en même temps un jour une maman me disait : « je crois que nous ne comprenons pas ce que tu vis » et oui c’est ça c’est incompréhensible inimaginable. Envisager la souffrance d’un enfant (quand notre simon est en crise c’est comme si tu avais une crampe dans tout le corps au niveau douleur), comprendre sa frustration quand il ne peut plus marcher ni manger tout seul alors qu une heure avant il le pouvait, comprendre que tu n’as pu rien faire de ta journée car tu devais l’endormir pour ne plus qu’il souffre……oui effectivement c’est inimaginable comme tant d’autres souffrances autours et loin de nous et …..heureusement. Alors on apprend à goûter et savourer, on apprend à s’émerveiller des petits bonheurs